Communiqué CAPREQUINS #6

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22 octobre 2014 Les partenaires financiers et opérationnels de CapRequins se sont de nouveau réunis le 9 octobre dernier  en présence du comité indépendant d’experts scientifiques pour établir un bilan intermédiaire du programme débuté depuis 9 mois en baie de Saint Paul et confirmer les modalités du déploiement, toujours dans un cadre expérimental, en zone corallienne sur le site des Roches Noires.

Avec la technique des « smart drumlines », dix-huit nouvelles captures ont été comptabilisées sur les quatre derniers mois, dont cinq seulement ont concerné les espèces accessoires suivantes :
- Une grande raie guitare femelle, capturée le 22 mai 2014 à 18h25, puis relâchée vivante après
marquage externe « spaghetti » ;
- Deux requins nourrice fauve mâles, déjà marqués dans CapRequins, capturés de nouveau
respectivement le 28 mai à 19h10 et le 4 août 2014 à 18h40, puis relâchés vivants. Il s’agissait pour l’un des deux animaux d’une deuxième recapture sur les « smart drumlines » ;
- Deux requins gris « d’estuaire » (Carcharhinus plumbeus ; 1 mâle et un individu de sexe non identifié), capturés respectivement dans la nuit du 19 juin 2014 et du 24 septembre 2014 à 4h20. Le premier a été retrouvé, sur l’hameçon au petit matin sans avoir déclenché le système d’alerte, vivant mais blessé à la queue par une petite morsure vraisemblablement le fait d’un congénère. Le choix de son prélèvement a été décidé aux fins d’analyses de détermination précise de l’espèce et scientifiques. Le second a été récupéré mort et à moitié mangé, vraisemblablement par un requin bouledogue au vu des traces de morsures et des détections acoustiques observées pendant cette période. Il s’agissait du premier phénomène constaté de déprédation par un requin de plus grande taille depuis le lancement du programme en janvier dernier. La majorité des captures opérée sur les drumlines s’est ainsi faite sur les deux espèces de requins ciblées pour la réduction du risque.

Sur les sept tigres capturés, trois de moins de 3,00 mètres (1,50 m ; 2,36 m ; 2,85 m) ont été marqués en acoustique externe afin d’être suivis dans le réseau des stations d’écoute déployées sur le littoral réunionnais. Les quatre autres tigres prélevés de 3,30 mètres de longueur moyenne ont tous été valorisés dans le cadre du programme Valorequins.
Sur les six bouledogues capturés, seule une femelle de 1,50 mètre a été marquée en acoustique interne ; tous les autres spécimens, de 2,83 mètres de longueur moyenne, ont été versés aux échantillons d’analyse de Valorequins.

Ainsi, après 9 mois d’expérimentation, le programme CapRequins en Baie de Saint-Paul affiche un taux de survie global après captures non ciblées sur les « smart drumlines » de 92,7%, avec 4 animaux récupérés morts sur 54 prises. S’agissant des relevés
des stations d’écoute acoustique autour de la zone d’étude de la Baie de Saint Paul, il a été constaté du début de la période hivernale jusqu’à la fin du mois de juin une recrudescence des détections de requins bouledogue.

Ce constat n’est pas différent de celui observé sur cette même zone, en 2013. Plusieurs jours à la fin du mois de juin 2014, des mâles et des femelles marqués ont ainsi été détectés, leur fréquentation de la zone d’expérimentation est ensuite devenue quasiment quotidienne en août puis en septembre. C’est aussi
sur cette période que les captures de requins bouledogue ont été les plus fréquentes sur les « smart drumlines » avec 5 spécimens capturés. Les premières analyses conduites sur les individus prélevés ont permis de relever la maturité certaine de leurs organes
sexuels et des signes probants d’une phase active de reproduction précédant leurs captures. Au niveau des premières hypothèses avancées, le principe de l’effarouchement n’a pas encore pu être confirmé. Sur les quatre requins marqués, seul le requin bouledogue juvénile femelle a été redétecté rapidement après son marquage à la côte dans la Baie de Saint-Paul.
Il peut s’agir d’un comportement de fidélisation à la zone, sur le même schéma que ce qui avait été observé par
l’Institut de recherche pour le développement (IRD) avec un jeune spécimen au niveau de l’Etang du Gol à Saint Louis. Néanmoins, cette fidélisation d’un jeune requin au site du projet, également riche en apports d’eau douce et en rejets terrigènes comme à Saint Louis, ne permet pas d’écarter définitivement l’hypothèse « d’effarouchement après capture » telle qu’émise sur les premiers mois de l’expérimentation. Il ne s’agit pas, contrairement à ce qui peut être lu ici et là, d’effaroucher des requins avec des appâts mais de vérifier que la capture de spécimens ne diminue pas la fréquentation de la zone d’étude par les congénères, comme
cela a pu s’observer en début d’expérimentation. Sur la base des données collectées au cours des 9 premiers mois expérimentation, d’une part, et de la recrudescence des détections dès le mois de juin, d’autre part, le comité scientifique indépendant, s’est penché sur la question de l’attractivité et de la fixation des requins dans la zone de déploiement des « smart drumlines ». L’interprétation de ces données semble écarter unanimement un quelconque phénomène d’attractivité à grande distance des requins dans la zone d’étude. Les visites de requins marqués ne semblent en effet pas plus fréquentes en présence d’appâts qu’en leur absence. La durée des visites continues de ces requins en période d’appâtage n’est pas non plus significativement différente de celles lorsque les appâts sont absents.

Néanmoins, le comité scientifique a invité à la plus grande prudence sur ces premières interprétations au regard de phénomènes encore peu statistiquement éprouvés et de la possibilité de phénomènes marginaux, masqués par des facteurs exogènes (comportement différent entre le jour et la nuit, influence des apports d’eau douce, phase de reproduction, …).

En accord avec les financeurs de CapRequins, le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) et ses partenaires (Prévention Requins Réunion, la Ligue réunionnaise de surf, l’association Squal’idées) ont ainsi engagé la phase de déploiement des « smart drumlines » dans les zones d’activités nautiques depuis le mardi 30 septembre 2014, en commençant par la zone des Roches Noires.
L’encadrement et la vigilance sont les maîtres-mots de ce déploiement progressif, sécurisé et sous suivi scientifique des smart drumlines en zone corallienne. Des médiateurs de surveillance et de prévention (MSP) de PRR sont mobilisés quotidiennement de 9 à 17 heures sur la nouvelle zone d’expérimentation
pour sensibiliser les usagers à la présence de drumlines, prévenir les comportements à risques et sécuriser les autres pratiquants. Des observateurs indépendants, issus d’associations d’usagers, de protection  de  l’environnement, des professionnels de la plongée, restent participatifs aux opérations et aux interventions. Un cahier d’informations et d’observations est disponible en consultation publique au secrétariat du service des plages de la mairie de Saint-Paul, au niveau de la base nautique de Saint-Gilles.

Les premiers résultats dans cette nouvelle zone d’expérimentation seront présentés au cours du mois de novembre 2014.

Avec la technique de la palangre de fond du programme WEST, 40 sorties ont été réalisées entre le 14 janvier et le 3 juillet 2014 pour un total de 4285 hameçons déployés au cours de 91 filages. Au cours de ces opérations, menées entre le Sec de Saint-Gilles et le large de Saint-Leu, on a compté 28 captures de requins tigre et 2 de requins bouledogue, tous vivants à la récupération au navire. Seuls deux requins ont été prélevés et valorisés au titre de Valorequins, les autres ont fait l’objet d’une relâche viable dans le milieu après, dans  certains cas, un marquage interne avec le concours des équipes de Squal’idées. Ces résultats ont été observés dans un contexte général de faibles détections de requins bouledogue dans la zone au large du port de Saint-Gilles pendant toute la durée de l’expérimentation. Les captures accessoires ont été nombreuses (70 poissons
dont 36% de raies pastenague, 26% de carangues gros-tête, 13% de raies guitare et 9% de requins pointe-blanche de récif Carcharhinus albimarginatus), pour la plupart libérées vivantes grâce aux opérations de pêche courtes.
Au total, le taux de survie des captures s’établit à 93% pour la technique de la palangre de fond du programme West. Les prochains travaux sur cette technique devront se concentrer sur une meilleure appréhension de la capturabilité de la palangre de fond envers les requins marqués en équipant la ligne de pêche de stations  d’écoute.

Concernant le respect de l’équilibre initial visé entre « prélèvements » et marquages, 25 spécimens des deux espèces ciblées sur les 51 capturés lors des opérations à la « drumlines » et à la palangre de fond, ont été relâchés après marquage.
Réitérant leur message de prudence en direction de tous les usagers, le CRPMEM de La Réunion et ses partenaires indiquent sur les prochaines semaines vouloir poursuivre l’expérimentation en cours en se focalisant sur les conditions d’efficacité de la drumline comme engin de pêche de réduction du risque requins.

Retirer les requins des assiettes, un des objectifs de la cause animale

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Retirer les requins ou les raies de nos assiettes et rendre aux lions leur royaume. C’est l’un des principaux objectifs lancés par des experts de 120 pays, réunis en Equateur, avec la volonté d’obtenir l’allongement de la liste des animaux en voie d’extinction.

« Nous espérons que 32 espèces soient incluses parmi celles à protéger », a déclaré à l’AFP Bradnee Chambers, secrétaire de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, connue sous le sigle anglais de CMS (Conservation of Migratory Species).

Actuellement l’annexe de cette convention comporte 134 espèces dites en danger, comme le léopard des neiges, la baleine du Groenland, le lamantin des Caraïbes, la gazelle blanche ou l’albatros à queue courte.

Les défenseurs des animaux veulent obtenir l’inclusion de nouvelles espèces, comme les requins ou les raies manta particulièrement prisés dans les assiettes, surtout en Asie.

« La menace principale, c’est la soupe d’ailerons de requin », affirme à l’AFP Ralph Sonntag, directeur pour l’Allemagne du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), lors de cette réunion du CMS qui s’achève dimanche dans la capitale équatorienne.

- Soupes fatales -

La consommation de ces ailerons « provoque la mort de 100 millions de requins par an dans le monde », affirme M. Sonntag.

L’Argentine, le Mexique, l’Espagne, l’Inde, l’Indonésie, Taïwan et le Japon figurent par les principaux pays prédateurs de requins, dont les ailerons sont notamment commercialisés en Chine, précise Sarah Fowler, spécialiste de la question au sein de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Même scénario pour les raies manta, dont les branchies peuvent se vendre jusqu’à 1.150 dollars, selon un rapport de l’organisation britannique Manta Trust.

En 2010, on trouvait quelque 61.000 kilos de branchies de raie dans la ville chinoise de Guangzhou. « Trois ans, plus tard, c’était 138.000 kilos », signale à l’AFP Isabel Ender, une des représentante de Manta Trust.

La pêche à outrance et les captures accidentelles représentent un autre facteur de risque. Les requins « ne peuvent pas se reproduire suffisamment vite pour être remplacés. Nous courons le danger de les perdre », avertit Mme Fowler.

Alors que les requins maintiennent l’équilibre de l’écosystème dans les océans, les lions, qui contribuent à celui de la terre ferme, sont également menacés, en particulier par l’extension des zones agricoles sur leur territoire.

Les lions « ont moins de territoire et plus de pression car ils vivent plus près des personnes et cela entraîne un conflit », explique Mark Jones, de la fondation internationale Born Free.

La population des lions, présents dans 30 pays africains, a diminué de 30% en 20 ans, insiste cet expert.

- Balles empoisonnées -

La perte de territoire affecte aussi les ours polaires en raison du grand dégel arctique, où vivent entre 20.000 et 25.000 de ces animaux.

« Ce qui se passe à présent, c’est que les ours polaires arrivent vers le continent durant l’été. Avec pour résultat l’augmentation de la chasse », indique à l’AFP Masha Vorontsova, qui a fondé la section de l’IFAW en Russie.

« Selon certaines projections, l’ours polaire ne sera plus présent qu’au Canada à l’horizon 2100″, après avoir disparu des Etats-Unis, de Russie, de Norvège, du Danemark et du Groenland, rapporte Mme Vorontsova.

Autre dossier sensible, celui des quelque 1,5 million d’oiseaux abattus lors de leur migration vers le nord de l’Afrique. Les munitions en plomb constituent une source de pollution, causant d’autres décès.

« Les balles se fragmentent en petits éclats qui restent dans l’environnement. Les aigles ou d’autres rapaces ingèrent ces morceaux de plomb qui les empoisonnent », décrit Ruth Cromie, de l’organisation Wildfowl and Wetland Trust.

Au bout de la chaîne alimentaire, c’est l’être humain, consommateur d’oiseaux, qui pourrait se retrouver à son tour contaminé par ce métal toxique.

AFP, 8 nov

Pêche des grands fonds: l’UE continue de veiller sur les requins

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Les Etats membres de l’UE ont décidé lundi de proroger pour au moins deux ans l’interdiction de pêche des requins des grands fonds par la flotte européenne, lors d’une réunion des ministres de la Pêche à Bruxelles.

« Nous avons réussi à protéger les espèces vulnérables de requins en interdisant toute pêche de ces espèces » dans les eaux de l’Union et les eaux internationales de l’Atlantique du nord est, s’est félicité le nouveau commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, à l’issue de cette réunion.

Pour les autres stocks de poissons dont les ministres devaient examiner les possibilités de capture, les deux prochaines années s’annoncent moins roses.

Globalement, les ministres, à l’exception de l’espagnole et du portugais qui ont voté contre l’accord, se sont entendus pour réduire leur pêche, notamment de grenadier de roche, de sabre noir, et de dorade rose.

Mais ces baisses sont inférieures à celles que souhaitait la Commission européenne dans le cadre de la nouvelle politique commune de pêche, axée sur la lutte contre la surpêche et la sauvegarde des espèces.

La France a ainsi limité la réduction totale des captures de sabre noir à 8% pour 2015 et 2016, contre des baisses de 20% et 14% proposées pour chacune de ces années par la Commission selon les zones de pêche.

Les pêcheurs européens devront aussi réduire leurs prises de dorades roses de 5%, 25% et 52% dans trois zones différentes de l’Atlantique, en 2015 et à nouveau en 2016. L’exécutif européen proposait, lui, des réductions de 20%, 34% et 62%.

Cet accord « est totalement en conformité avec les objectifs de durabilité de la nouvelle PCP », s’est toutefois félicité M. Vella.

Mettant en avant la fragilité des espèces des grands fonds, lentes à croire et à se reproduire, les organisations écologiques, dont la fondation Pew et Greenpeace, avaient demandé des baisses supplémentaires de captures, sauf à mettre en danger la viabilité économique et sociale des flottes concernées.

L’UE est également censée travailler à l’adoption d’un règlement renforçant la protection des espèces des profondeurs, en limitant notamment la pratique du chalutage profond. La procédure, longtemps combattue par la France, marque toujours le pas.

AFP, 10 nov

21 espèces de requins rejoignent les 8 autres espèces déjà inscrites aux annexes de la CMS

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21 espèces de requins migratrices rejoignent les 8 autres espèces déjà inscrites aux annexes de la CMS

Les 21 espèces concernées sont : les cinq espèces de poissons-scies, neuf espèces de raies Mobula et de la raie manta du prince Alfred (pour les annexes I et II), le grand requin-marteaux et le requin-marteau halicorne (pour l’annexe II), le requin soyeux, les trois espèces de requins renards : à gros yeux, commun et pélagique (Annexe II).

A ces 21 espèces s’ajoutent les espèces déjà inscrites :

  • Annexe I +II : Grand requin blanc, Requin pèlerin, Raie manta géante
  • Annexe II : Requin-baleine, Requin-taupe bleu, Requin petite-taupe, Requin-taupe commun, Aiguillat commun (populations de l’hémisphère Nord seulement)

La CMS (Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage) ou Convention de Bonn : travaille à la conservation d’une grande variété d’animaux migrateurs aviaires, aquatiques et terrestres menacés d’extinction dans le monde entier en négociant et en mettant en œuvre des accords et des plans d’action par espèce. Avec actuellement 120 pays membres, la CMS est une convention en pleine croissance, chargée tout particulièrement de renforcer les efforts de conservation internationaux en faveur des animaux migrateurs.

Une inscription à l’Annexe I de la CMS oblige les Parties à une protection stricte, telle que l’interdiction des captures.

L’inscription à l’Annexe II engage les pays à coordonner des mesures de conservation transfrontalières dans toute l’aire de répartition de l’espèce.

Pelagic Thresher Shark © Doug Perrinne, SeaPics.com

Pelagic Thresher Shark © Doug Perrinne, SeaPics.com

COMMUNIQUÉ DE PRESSE, 

Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage

Les gouvernements s’engagent à intensifier les actions en faveur des animaux  migrateurs à la Conférence des Nations Unies sur les espèces migratrices

L’ours polaire, la baleine à bec de Cuvier, le requin-marteau et la raie manta du Prince
Alfred comptent parmi les espèces migratrices qui vont bénéficier d’une meilleure protection internationale 

Quito, Équateur, le 9 novembre 2014 – La onzième session de la Conférence des Parties (COP) à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) a pris  fin aujourd’hui après six jours d’intenses négociations visant à définir des actions de conservation en  faveur des espèces migratrices du monde entier pour les années à venir.
La Conférence, tenue pour la première fois en Amérique latine, a réuni plus de 900 délégués – un record pour la CMS – représentant les Parties, les non-Parties, les organisations intergouvernementales, les ONG et les médias, avec la participation d’un grand nombre d’éminents experts, afin de guider les efforts mondiaux pour la conservation des oiseaux, des espèces aquatiques et terrestres du monde entier.

« La Conférence de Quito a suscité un niveau d’attention sans précédent pour la Convention », a déclaré Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la Convention. « Comme jamais auparavant dans l’histoire des 35 ans de la CMS, les animaux migrateurs sont devenus des vedettes mondiales pour un grand nombre de questions urgentes de notre époque. De la pollution de nos océans par le plastique aux effets du changement climatique, du braconnage à la surexploitation, les menaces qui pèsent sur la faune migratrice finiront par affecter chacun d’entre nous » a déclaré M. Chambers.

Trente-et-une propositions d’inscription de nouvelles espèces aux deux annexes de la Convention ont été approuvées afin d’améliorer le statut de conservation de ces espèces menacées. Elles comprenaient l’inscription d’un nombre record de 21 espèces de requins, raies et poissons-scies proposées par le Kenya, l’Égypte, Fidji, le Costa Rica et l’Équateur – amenant la Conférence à être surnommée la « COP des requins » dans certains milieux.

La baleine à bec de Cuvier, proposée par l’Union européenne, a été inscrite à l’Annexe I, et l’ours polaire (Norvège) a été ajouté à l’Annexe II. Pour les espèces d’oiseaux, le Bécasseau semipalmé (Équateur et Paraguay), le Bécasseau de l’Anadyr (Philippines), le Rollier d’Europe (Union européenne) et la Grande Outarde (Mongolie) ont été inscrits à l’Annexe I, tandis que la Paruline du Canada (Équateur) a été inscrite à l’Annexe II. La gazelle à front roux (Niger et Sénégal) va bénéficier d’une protection complète, tandis que la coopération internationale est recommandée pour le kob à oreilles blanches (Éthiopie) à la suite de son inscription à l’Annexe II. L’anguille européenne (Monaco) a été ajoutée à l’Annexe II.

Une rencontre ministérielle de haut niveau a eu lieu le 3 novembre, juste avant la COP, sur le thème « Unir les droits de la nature et l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté ». Présidé par Lorena Tapia, la Ministre de l’Environnement de l’Équateur, ce groupe réunissait des ministres de l’environnement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, ainsi que les secrétaires exécutifs des accords environnementaux multilatéraux, les dirigeants de certaines des ONG de conservation les plus importantes au monde, ainsi que des experts clés.

« L’Équateur a proposé l’inscription d’un certain nombre d’espèces d’oiseaux et de requins pour veiller à ce qu’ils bénéficient d’une meilleure protection. En collaboration avec la communauté internationale, nous allons continuer à assurer la sécurité des déplacements pour les voyageurs de la nature », a déclaré Mme Tapia.

« Les décisions prises par les gouvernements lors de la Conférence de la CMS reflètent la prise de conscience croissante d’une responsabilité commune et partagée vis-à-vis de la protection de la faune, et prennent en compte le fait que les menaces qui pèsent sur les espèces sauvage peuvent être traitées plus efficacement à travers la coopération internationale », a déclaré Achim Steiner, Sous-Secrétaire général des Nations unies et Directeur exécutif du PNUE, qui administre la Convention. « Les accords internationaux tels que la CMS travaillent au nom des citoyens et des communautés du monde entier qui souhaitent conserver et protéger notre patrimoine naturel. Ils sont l’expression de notre engagement commun pour que la poursuite du développement humain ne se fasse pas au détriment de la nature », a déclaré M. Steiner.

Tine Sundtoft, Ministre de l’environnement de la Norvège qui a promu le classement de l’ours polaire, a déclaré : « La Norvège est profondément attachée à la conservation des ours polaires et à la poursuite de la coopération avec les États de l’aire de répartition, ainsi qu’avec d’autres pays et parties prenantes, pour parvenir à cette fin ».

L’ours polaire, le plus grand prédateur supérieur sur Terre, est affecté par le changement climatique qui a conduit à la perte de 2 millions de m2 de banquise. Son inscription à l’Annexe II introduit la dimension internationale des menaces actuelles pesant sur les espèces de l’Arctique et découlant du  trafic maritime et de l’exploration pétrolière, ce qui fait de cette espèce une préoccupation pour  toutes les Parties à la CMS.

Trois plans d’action par espèce ont été approuvés et concernent l’argali en Asie centrale, la tortue caouanne du Pacifique et le Faucon sacre. En outre, une initiative régionale couvrant les grands mammifères migrateurs d’Asie centrale, comme le chameau de Bactriane, le léopard des neiges et l’antilope saïga, a été lancée accompagnée de la publication Central Asian Mammals Initiative: Saving the Last Migrations (Initiative pour les mammifères d’Asie centrale: sauvegarder les dernières migration).

Au cours de leurs longs voyages, les oiseaux migrateurs font face à de graves menaces. Alors que l’on  notait par le passé un niveau durable de piégeage au filet, un très grand nombre d’oiseaux ont été victimes du piégeage et d’abattage illégal pour la consommation et le commerce au cours de ces dernières années. Les États ont désormais convenu de prendre des mesures contre la chasse illégale.

L’adoption par les Parties à la CMS de lignes directrices mondiales visant à prévenir le risque  d’empoisonnement  des oiseaux migrateurs est une étape importante pour l’avenir. L’un des éléments clés inscrits dans ces orientations consiste à éliminer progressivement l’utilisation de munitions au plomb dans tous les milieux au cours des trois prochaines années, cela étant pleinement soutenu par les associations de chasse.

La surexploitation et le braconnage restent une menace majeure. L’initiation d’une coopération régionale, afin de mieux protéger les animaux migrateurs à travers les frontières politiques, fait partie du mandat de la Convention. La CMS joue un rôle unique dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages dans les domaines de la conservation transfrontalière, la formation du personnel local, l’application des lois et la lutte contre la fraude, ainsi que la création de moyens de subsistance alternatifs. Les niveaux croissants de braconnage d’espèces telles que l’éléphant d’Afrique ont porté cette question sur le devant de la scène.

Pour la première fois, la menace que constituent les technologies liées aux énergies renouvelables pour les chauves-souris, les oiseaux et les cétacés était inscrite à l’ordre du jour. Des lignes directrices  sur la façon dont les éoliennes, les panneaux solaires, les barrages et d’autres types de développement des énergies renouvelables peuvent être déployés de manière respectueuse pour la faune ont également été adoptées par la COP.

Dans le milieu marin, des résolutions ont été adoptées concernant les plastiques et autres débris, la culture des cétacés, la capture de cétacés vivants, et le tourisme d’observation de la faune en bateau.

Les Parties ont adopté le Plan stratégique pour la conservation des espèces migratrices, qui reflète les objectifs d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique, afin de répondre aux exigences des Parties pour que les accords relatifs à la biodiversité travaillent davantage encore en étroite collaboration.

L’objectif du Plan est d’aider à intégrer les besoins des espèces migratrices dans les plans d’action nationaux et internationaux. Des détails sur la façon dont la CMS et la société civile devraient mettre en œuvre le Plan stratégique, y compris des indicateurs pour mesurer les progrès accomplis, seront disponibles à la COP12 en 2017.
Dans leurs observations finales, de nombreux délégués ont déclaré que la COP11 a marqué un jalon dans le développement de la Convention, qui est mieux placée que jamais pour remplir son mandat de conservation des espèces migratrices menacées.

Administré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la Convention sur la  conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (également dénommée Convention de Bonn, d’après la ville allemande où elle a été signée) a tenu sa 11ème Conférence des Parties (COP) à Quito, Équateur, du 4 au 9 novembre. Négociée en 1979, la CMS travaille pour la conservation d’une grande diversité d’espèces migratrices dans le monde, des oiseaux ainsi que des espèces aquatiques et terrestres. La Convention compte actuellement 120 Parties. La Conférence des Parties (COP) est l’organe de décision principal de la Convention et se réunit tous les trois ans.
L’inscription à l’Annexe I de la CMS entraine l’obligation pour les Parties d’une protection stricte, telle que l’interdiction de tout prélèvement. L’inscription à l’Annexe II engage les pays à coordonner des mesures de conservation transfrontalières dans toute l’aire de répartition de l’espèce

Retirer les requins des assiettes, un des objectifs de la cause animale

We Want a Worldwide Shark Fin Ban

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English version here :

We Want a Worldwide Shark Fin Ban

 

Nous voulons une interdiction des ailerons de requin dans le monde entier

“Si nous voulons sauver les requins du monde et mettre fin à cette pratique cruelle nous avons besoin d’une interdiction mondiale adoptée par chaque nation et appliquée par les Nations Unies. Informer les Nations Unies pour l’environnement que vous voulez un engagement fort et faire de l’interdiction du commerce des nageoires de requins dans le monde entier un objectif central de leurs programmes”

Merci de signer et de partager cette pétition : ici

Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requin à La Réunion (CO4R), 7 octobre 2014

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Le CO4R s’est réuni le 7 octobre 2014 sous la présidence de Chantal Ambroise, sous-préfète de Saint Paul.

Les signalements et prélèvements font l’objet d’un suivi régulier

• Les signalements : 43 observations depuis le 1er janvier 2014. Une nette hausse des signalements est observée depuis le début de l’hiver austral.
• Les prélèvements : depuis le 1er janvier 2014, 35 prélèvements ont été effectués (12 requins bouledogues, 23 requins tigres). Sur les 90 requins prévus dans le cadre du programme Valorequin, initié en fin d’année 2013, 41 captures ont été réalisées.
Ces informations sont disponibles sur le site info-requin.re

Les mesures mises en oeuvre par les mairies

Les communes de Saint-Paul et de l’Etang-Salé ont respectivement rappelé la pose de filets de protection pour la baignade. La commune de Saint-Paul a fait état de l’installation des drumlines, début octobre, en zone récifale des Roches Noires. Par ailleurs, les sept communes invitées au CO4R ont confirmé leur intérêt pour un déploiement du programme CapRequin 2 sur leur littoral.
Les communes de Saint-Paul, Saint-Leu et Saint-Pierre poursuivent, en outre, leurs procédures d’appels d’offres en vue de rechercher des dispositifs innovants de sécurisation.

Afin d’accompagner la mise en oeuvre des projets de réduction du risque sur son littoral, la commune de Saint Paul a recruté plusieurs Médiateurs de Surveillance et de Prévention (MSP) : ces personnes (embauchées sous le régime des contrats aidés) patrouillent le long du littoral de la commune. Leur mission est complémentaire à celle des maîtres nageurs sauveteurs, essentiellement axée sur le rappel de la réglementation et le conseil aux usagers de la mer.

Point d’étape relatif aux projets en cours

Point d’avancement de l’étude CHARC

Confiée à l’institut de recherche pour le développement (IRD), cette étude prévue sur 30 mois, vise à définir grâce au suivi de requins marqués, le comportement et la dimension des habitats des requins tigre et bouledogue qui fréquentent les côtes de La Réunion.
Une restitution de l’étude CHARC aura lieu en novembre 2014. Elle sera suivie d’un séminaire qui pourrait se tenir en février 2015.

Évaluation du dispositif « Vigies requins »

Le dispositif « vigies requins » est un moyen innovant de surveillance des spots de surfs qui s’appuie sur l’occupation de la colonne d’eau par des apnéistes.
Le premier rapport issu de l’évaluation de ce dispositif « vigies requins » conduite au cours du premier semestre 2014 est en cours d’expertise par le Muséum d’Histoire Naturelle (MHN), les conclusions cette expertise seront prochainement présentées aux acteurs locaux.

Projet « Cap Requin »

Ce dispositif, déployé dans un objectif de réduction du risque requin et expérimenté en baie de Saint-Paul depuis le mois de janvier 2014, se poursuit. Soutenu par l’État, le conseil régional et la commune de Saint-Paul, il fait appel à deux techniques de pêche dont la « smart Drumline », innovante, et la « palangre de fond ».

Le programme Caprequin comporte deux volets :
Caprequin 1 : l’expérimentation conduite depuis 9 mois en baie de Saint-Paul se poursuit avec une évaluation scientifique régulière. Ce dispositif a été étendu au secteur de Roches Noires, en zone corallienne, début octobre 2014.
Caprequin 2 : il s’agit de l’extension, au cours de l’année, de l’expérimentation à la demande de sept communes littorales (Saint-Paul, Trois-Bassins, Saint-Leu, Etang-Salé, Saint-Pierre, Saint-Joseph, Saint- Benoît).

Programme « Valorequin »

Ce programme vise à examiner l’ensemble des débouchés en terme de valorisation des captures de poissons. Il comprend un volet qui a pour objectif de mesurer l’atteinte des requins tigre et bouledogue par la toxine Ciguatera, en vue d’une éventuelle reprise de la commercialisation de ces espèces.
Le 9 juillet 2014, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (ANSES), dans un avis publié, a rappelé, au titre du principe de précaution, que les requins tigre et bouledogue étaient potentiellement porteurs de la ciguatera.
Ce programme se poursuivra, dans l’objectif d’accroître notamment la connaissance sur les bio toxines marines ainsi que sur la connectivité des stocks de requins à l’échelle régionale et internationale.

Projet de plan d’actions 2015-2020 comprenant la mise en place d’un observatoire, centre de ressources et d’appui dans le domaine de la gestion du risque requins

Élément essentiel du plan gouvernemental « pour une politique active de prévention du risque requin », la mise en place du centre de ressources et d’appui est engagée depuis le 1er septembre 2014.

L’objectif de ce centre de ressources et d’appui est de mettre en oeuvre les actions les plus pertinentes en matière de réduction du risque requin, en prenant appui sur l’expérience acquise depuis 2011 et sur les compétences disponibles à La Réunion. Il s’agira pour le centre de ressources et d’appui d’animer et de mettre en oeuvre un plan d’actions pluriannuel, principalement composé de mesures opérationnelles de sécurisation et de prévention, soutenues par la connaissance scientifique et l’innovation technologique. L’ensemble des acteurs sera associé, au côté de l’équipe projet, à la mise en place de cette structure et à la définition du plan d’actions opérationnel.

Saint-Paul : dégustation de requin improvisée

Saint-Paul : dégustation de requin improvisée Ce mardi 7 octobre 2014, le collectif « Rend a nou la mer, rend a nou la Réunion » a organisé une dégustation de requins côtiers lors de la réunion du CO4R (Comité opérationnel de réduction du risque requin à La Réunion) devant la sous-préfecture de Saint-Paul.

État des connaissances relatives à la contamination des requins, notamment tigre et bouledogue, par des ciguatoxines

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requin-bouledogue

requin-bouledogue

requin tigre

requin tigre

AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation,  de l’environnement et du travail

Extrait

Question 1: Quelles sont les connaissances actuelles quant à la contamination par des ciguatoxines de la chair de requins, en particulier les requins tigre et bouledogue? Des cas d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins ont-ils déjà été rapportés?

Question 2 : Quelles sont les méthodes analytiques actuellement applicables à la détection et à la quantification des ciguatoxines dans la chair de requins? Les résultats issus de ces méthodes peuvent-ils être utilisés pour mener une évaluation des risques sanitaires liés à une éventuelle autorisation de ces espèces pour la consommation humaine dans cette zone?
Dans le cas où l’Anses identifierait une méthode d’analyse des ciguatoxines dans la chair de requins suffisamment fiable, quelles données seraient nécessaires pour mener cette évaluation et quelles recommandations pourraient être émises concernant le protocole de prélèvement du requin tigre et du requin bouledogue à La Réunion? Il sera notamment pris en compte la zone géographique concernée et l’éthologie de ces deux espèces de requins en termes de capacité de déplacements dans les eaux marines réunionnaises.

Question 3 : En 2006 et 2009, l’Agence a rendu des avis relatifs à la consommation des poissons prédateurs pélagiques à La Réunion vis-à-vis du risque sanitaire lié au méthylmercure. Les nouvelles analyses réalisées en 2013 sur des spécimens de requins sont-elles de nature à réviser les conclusions de ces avis?

 Question 1 concernant les connaissances actuelles quant à la contamination par des ciguatoxines de la chair de requins, en particulier les requins tigre et bouledogue, et aux cas rapportés d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins
L’analyse de la littérature scientifique et plus largement une recherche sur internet ont permis au groupe de travail d’identifier et de décrire dans son rapport des cas d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins (viande et/ou foie) du XIXème siècle à nos jours. Des cas, parfois mortels, ont ainsi été rapportés en Nouvelle Calédonie, dans les îles Cook, les îles Gilbert, en Polynésie Française, à Madagascar (notamment en novembre 2013 et février 2014) et à La Réunion (en 1993). Le requin tigre était l’espèce mise en cause dans les îles Gilbert. Par ailleurs, cette espèce a été décrite dans la littérature comme «ciguatérique », sur la base de données recueillies dans les îles Samoa, Fiji et Mascareignes (Les Mascareignes sont un archipel de l’océan Indien formé de trois îles principales, La Réunion, Maurice et Rodrigues, ainsi que plusieurs petites îles proches). A Madagascar, le requin tigre a été associé à au moins un cas d’intoxication alimentaire rapportés dans la littérature et le requin bouledogue à deux cas.
L’analyse génétique du requin impliqué dans l’intoxication alimentaire survenue en novembre 2013 a permis de conclure qu’il s’agissait d’un requin bouledogue.
Les symptômes observés lors de ces intoxications alimentaires associées à la consommation de
requins correspondent aux symptômes caractéristiques des ciguatoxines, une famille de toxines produites par une micro-algue du genre Gambierdiscus. Toutefois, certains auteurs suggèrent qu’il s’agirait en fait d’autres toxines ayant des propriétés similaires, dénommées carchatoxines, mais dont la structure n’a pas été caractérisée à ce jour. Plus de 175 symptômes différents ont été recensés en phase aiguë et chronique de la ciguatéra (nom donné à l’intoxication par les ciguatoxines). Des différences régionales ont été notées et peuvent être attribuées à la présence de ciguatoxines différentes. Ainsi, on distingue les ciguatoxines du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien. Il n’est pas exclu que les carchatoxines puissent être de nouveaux analogues de ciguatoxines, par exemple des formes très oxydées.
D’autres données concernant la contamination de requins (chair ou foie), en particulier des requins tigre et bouledogue, par des ciguatoxines (ou des toxines similaires) ont été collectées et analysées dans le rapport du GT. Il s’agit d’études réalisées dans les années 1960 à 1980, à l’aide du bio-essai sur mangouste.
 Sur la base de ces éléments, le CES ERCA estime qu’il convient de prendre en compte non seulement les ciguatoxines mais aussi un autre type de toxines, spécifiques de certains requins, et dénommées jusqu’à présent carchatoxines.

■ Question 2 concernant les méthodes analytiques
Les méthodes analytiques applicables à la détection et à la quantification de ciguatoxines dans la chair de requins ont été recensées et décrites dans le rapport du groupe de travail. Ces méthodes comprennent : les essais sur animaux en particulier le bio-essai sur souris, le test sur cellules de neuroblastomes (Neuro-2a), le test radioligand-récepteur (RBA), les tests immunologigues et les méthodes physico-chimiques, notamment la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS).
 Après avoir considéré les points forts et les faiblesses des méthodes analytiques disponibles au regard de la complexité et de la diversité des toxines qui composent la famille des ciguatoxines (ciguatoxines du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien), le CES ERCA recommande d’employer une combinaison des techniques suivantes :
- un bio-essai sur souris, afin de rechercher s’il y a une toxicité globale dans l’échantillon ;
- un test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a et/ou un test sur récepteur, lesquels présentent une meilleure spécificité et une plus grande sensibilité que le bio-essai sur souris ;
- une analyse par LC-MS/MS, afin de tenter de confirmer la présence de ciguatoxines connues en cas de résultats positifs par l’une des méthodes ci-dessus.
Les données ainsi produites pourraient ensuite être exploitées dans le cadre d’une évaluation des risques sanitaires pour le consommateur.

 Concernant les requins tigre et bouledogue prélevés à La Réunion en 2012 et 2013
Les résultats d’analyses de 24 échantillons de chair de requins pour la recherche de ciguatoxines par bio-essai sur souris ont été transmis à l’Anses dans le cadre de la saisine par la DGAl. Tous ont produit un résultat négatif. Toutefois, ce test n’est pas suffisamment sensible pour détecter des concentrations de ciguatoxines considérées sans risque pour l’Homme.

Considérant les recommandations précédentes sur les méthodes analytiques, le CES ERCA estime que la seule analyse par bio-essai sur souris ne permet pas de produire des résultats suffisants pour conclure à la salubrité des 24 spécimens de requins quant à la présence de ciguatoxines.
L’Anses a donc engagé une convention de recherche et de développement (CRD) avec l’Arvam (Agence pour la recherche et la valorisation marines, La Réunion), en collaboration avec l’IRTA (Instituto de Investigación y Tecnología Agroalimentaria, Espagne) afin que ces échantillons soient analysés par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a. Le rapport final a été transmis à l’Anses le 21 juillet 2014.
Les résultats n’ont pas montré la présence de toxines de type ciguatoxines au-delà de la limite de détection de 0,04 µg eq P-CTX-1 kg-1 de chair. Il convient de noter que cette limite de détection est supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’Homme de 0,01 µg eq. P-CTX-1 kg-1de chair de poisson.
La CRD incluait également des échantillons du requin bouledogue impliqué dans un foyer
d’intoxications survenu à Madagascar en novembre 2013 (124 personnes intoxiquées dont 9 sont décédées) afin qu’ils soient analysés par bio-essai sur souris et par test de cytotoxicité sur cellulesNeuro-2a. L’échantillon de chair a donné un résultat positif par bio-essai sur souris, avec des symptômes typiques de ceux connus pour les carchatoxines (prostration, dyspnée, cyanose, convulsions et mortalité par arrêt respiratoire). L’analyse d’un échantillon de chair, d’un échantillon d’œsophage et de trois échantillons d’aileron séché par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a a conclu à la présence de toxines de type ciguatoxines, dont les concentrations estimées sont les suivantes :
- chair : 0,144 µg eq P-CTX-1 kg-1 (soit 14 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme) ;
- œsophage : 114 µg eq PCTX-1 kg-1 (soit 11 400 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme) ;
- aileron séché : 0,145 µg eq PCTX-1 kg-1 ; 0,158 µg eq PCTX-1 kg-1 ; 0,737 µg eq PCTX-1 kg-1 (soit 14 à 74 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme)

Question 2 concernant un protocole de prélèvement des requins tigre et bouledogue à La Réunion

Afin de répondre à cette question, le groupe de travail a collecté des éléments d’éthologie des
requins tigre et bouledogue dans les eaux réunionnaises, en s’appuyant plus particulièrement sur les résultats préliminaires obtenus dans le cadre du programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion).
Ces requins sont des prédateurs apicaux piscivores capables de se nourrir de différentes espèces. Ils présentent à La Réunion une fidélité restreinte à certains sites mais sont capables de coloniser un éventail très large d’habitats différents et de se déplacer sur de longues distances, notamment jusqu’à Madagascar où des intoxications alimentaires associées à la consommation de requins ont été récemment rapportées (novembre 2013 et février 2014). Il serait donc particulièrement intéressant de savoir si les requins effectuent également des déplacements de Madagascar vers La Réunion. On ne connait aujourd’hui ni l’origine ni la dynamique de bioaccumulation de ces toxines chez les requins. De plus, les connaissances des traits de vie de ces deux espèces de requins et la dynamique de leurs populations sont très partielles et insuffisantes.
 En l’absence d’information sur la taille et la structure des populations de requins tigre et bouledogue dans les eaux réunionnaises et compte tenu des connaissances lacunaires concernant leur comportement alimentaire et leurs déplacements à l’échelle de l’océan Indien, il n’est pas possible d’émettre de recommandations pour un protocole de prélèvement de requins permettant de statuer sur les risques liés à une éventuelle autorisation de ces espèces pour la consommation humaine, au regard du risque ciguatérique.

■ Question 3 concernant les risques sanitaires liés au méthylmercure
Les résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins pour la recherche de plomb,
cadmium et mercure, transmis à l’Anses dans le cadre de la saisine par la DGAl, sont présentés dans le tableau 1. Il apparaît que 4 des 5 échantillons de chair de requins analysés ont une concentration en mercure supérieure (jusqu’à 2,5 fois) à la limite maximale fixée par Règlement
(CE) n°1881/2006 de la Commission du 19 décembre 2006 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, soit un pourcentage de 80%.
Tableau 1 : Résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins pour la recherche de plomb, cadmium et mercure (méthode ANSES CIME, en mg/kg de poids frais) Plomb Cadmium Mercure

Anses

Anses


Dans son avis du 17 avril 20091, l’Agence faisait état de résultats d’analyses de 9 échantillons de chair de requins (requin commun Lamna nasus et requin-hâ Galeorhinus galeus) issus d’un plan de contrôles mené en 2007. La concentration moyenne en mercure était de 1,3 mg/kg de poids frais, 44% des échantillons dépassaient la limite maximale de 1 mg/kg de poids frais.
Au regard de ces résultats, l’Agence mettait à jour ses recommandations quant à la consommation des poissons prédateurs pélagiques, en particulier l’espadon, à La Réunion vis-à-vis du risque sanitaire lié au méthylmercure (avis du 6 juillet 20062) pour que les requins soient inclus dans la liste des espèces de poissons à éviter pour les femmes enceintes ou allaitant ainsi que les enfants en bas âge (< 30 mois).


 Les résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins réalisées en 2013 ne sont pas de nature à modifier les recommandations de l’Agence.

■ Conclusions du CES
L’analyse de 24 échantillons de chair de requins tigre ou bouledogue prélevés à La Réunion en 2012 et 2013 par bio-essai sur souris et par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a n’a pas montré la présence de toxines de type ciguatoxines au-delà de la limite de détection. Toutefois, il convient de noter que pour ces deux tests la limite de détection est supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’Homme de 0,01 µg eq. P-CTX-1 kg-1 de chair de poisson.
L’analyse d’un échantillon de chair du requin bouledogue impliqué dans un foyer d’intoxications survenu à Madagascar en novembre 2013 (124 personnes intoxiquées dont 9 sont décédées) a donné un résultat positif par bio-essai sur souris avec des symptômes typiques de ceux connus pour les carchatoxines. L’analyse d’un échantillon de chair, d’un échantillon d’œsophage et de trois échantillons d’aileron séché par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a a conclu à la présence de toxines de type ciguatoxines, avec des concentrations estimées à 0,144 μg eq PCTX-1 kg-1 dans la chair, 114 μg eq PCTX-1 kg-1 dans l’oesophage et 0,145 μg à 0,737 μg eqPCTX-1 kg-1 dans l’aileron. Ces concentrations sont 14 à 11 400 fois supérieures à la concentration considérée sans risque pour l’Homme.
Par ailleurs, les résultats préliminaires du programme CHARC ont montré que les populations de requins tigre et bouledogue ne sont pas inféodées aux eaux réunionnaises et qu’un des spécimens étudiés (requin tigre) marqué à La Réunion a été capable de se déplacer jusqu’à Madagascar.
En conséquence, le CES ERCA estime que les données produites par l’analyse d’échantillons de chair de 24 spécimens de requins réunionnais et d’échantillons d’un spécimen de requin malgachene permettent pas d’exclure le risque que les requins pêchés à La Réunion puissent êtrecontaminés par des ciguatoxines (ou des toxines similaires) à des concentrations qui pourraient présenter un risque pour la santé du consommateur.
D ’autre part, les analyses de mercure réalisées dans 5 échantillons de chair de requins tigre ou bouledogue ont montré que dans 80% des cas, la concentration était supérieure à la limite
maximale fixée pour le règlement (CE) n°1881/2006. Le CES ERCA maintient donc la recommandation émise par l’Agence en 2009 à l’intention des femmes enceintes ou allaitant ainsi que des enfants en bas âge (< 30 mois) d’éviter, à titre de précaution, la consommation de requins, tout comme celle d’espadons, de marlins, de sikis et de lamproies.

Source : État des connaissances relatives à la contamination des requins, notamment tigre et bouledogue, par des ciguatoxines : occurrence, méthodes analytiques, cas humains rapportés et éléments d’éthologie pour ces deux espèces de requins
Avis de l’Anses / Rapport d’expertise collective, Août 2014

En savoir plus sur la toxicité  : Livret « Requins sur nos étals »