État des connaissances relatives à la contamination des requins, notamment tigre et bouledogue, par des ciguatoxines

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AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation,  de l’environnement et du travail

Extrait

Question 1: Quelles sont les connaissances actuelles quant à la contamination par des ciguatoxines de la chair de requins, en particulier les requins tigre et bouledogue? Des cas d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins ont-ils déjà été rapportés?

Question 2 : Quelles sont les méthodes analytiques actuellement applicables à la détection et à la quantification des ciguatoxines dans la chair de requins? Les résultats issus de ces méthodes peuvent-ils être utilisés pour mener une évaluation des risques sanitaires liés à une éventuelle autorisation de ces espèces pour la consommation humaine dans cette zone?
Dans le cas où l’Anses identifierait une méthode d’analyse des ciguatoxines dans la chair de requins suffisamment fiable, quelles données seraient nécessaires pour mener cette évaluation et quelles recommandations pourraient être émises concernant le protocole de prélèvement du requin tigre et du requin bouledogue à La Réunion? Il sera notamment pris en compte la zone géographique concernée et l’éthologie de ces deux espèces de requins en termes de capacité de déplacements dans les eaux marines réunionnaises.

Question 3 : En 2006 et 2009, l’Agence a rendu des avis relatifs à la consommation des poissons prédateurs pélagiques à La Réunion vis-à-vis du risque sanitaire lié au méthylmercure. Les nouvelles analyses réalisées en 2013 sur des spécimens de requins sont-elles de nature à réviser les conclusions de ces avis?

 Question 1 concernant les connaissances actuelles quant à la contamination par des ciguatoxines de la chair de requins, en particulier les requins tigre et bouledogue, et aux cas rapportés d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins
L’analyse de la littérature scientifique et plus largement une recherche sur internet ont permis au groupe de travail d’identifier et de décrire dans son rapport des cas d’intoxications alimentaires associées à la consommation de requins (viande et/ou foie) du XIXème siècle à nos jours. Des cas, parfois mortels, ont ainsi été rapportés en Nouvelle Calédonie, dans les îles Cook, les îles Gilbert, en Polynésie Française, à Madagascar (notamment en novembre 2013 et février 2014) et à La Réunion (en 1993). Le requin tigre était l’espèce mise en cause dans les îles Gilbert. Par ailleurs, cette espèce a été décrite dans la littérature comme «ciguatérique », sur la base de données recueillies dans les îles Samoa, Fiji et Mascareignes (Les Mascareignes sont un archipel de l’océan Indien formé de trois îles principales, La Réunion, Maurice et Rodrigues, ainsi que plusieurs petites îles proches). A Madagascar, le requin tigre a été associé à au moins un cas d’intoxication alimentaire rapportés dans la littérature et le requin bouledogue à deux cas.
L’analyse génétique du requin impliqué dans l’intoxication alimentaire survenue en novembre 2013 a permis de conclure qu’il s’agissait d’un requin bouledogue.
Les symptômes observés lors de ces intoxications alimentaires associées à la consommation de
requins correspondent aux symptômes caractéristiques des ciguatoxines, une famille de toxines produites par une micro-algue du genre Gambierdiscus. Toutefois, certains auteurs suggèrent qu’il s’agirait en fait d’autres toxines ayant des propriétés similaires, dénommées carchatoxines, mais dont la structure n’a pas été caractérisée à ce jour. Plus de 175 symptômes différents ont été recensés en phase aiguë et chronique de la ciguatéra (nom donné à l’intoxication par les ciguatoxines). Des différences régionales ont été notées et peuvent être attribuées à la présence de ciguatoxines différentes. Ainsi, on distingue les ciguatoxines du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien. Il n’est pas exclu que les carchatoxines puissent être de nouveaux analogues de ciguatoxines, par exemple des formes très oxydées.
D’autres données concernant la contamination de requins (chair ou foie), en particulier des requins tigre et bouledogue, par des ciguatoxines (ou des toxines similaires) ont été collectées et analysées dans le rapport du GT. Il s’agit d’études réalisées dans les années 1960 à 1980, à l’aide du bio-essai sur mangouste.
 Sur la base de ces éléments, le CES ERCA estime qu’il convient de prendre en compte non seulement les ciguatoxines mais aussi un autre type de toxines, spécifiques de certains requins, et dénommées jusqu’à présent carchatoxines.

■ Question 2 concernant les méthodes analytiques
Les méthodes analytiques applicables à la détection et à la quantification de ciguatoxines dans la chair de requins ont été recensées et décrites dans le rapport du groupe de travail. Ces méthodes comprennent : les essais sur animaux en particulier le bio-essai sur souris, le test sur cellules de neuroblastomes (Neuro-2a), le test radioligand-récepteur (RBA), les tests immunologigues et les méthodes physico-chimiques, notamment la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC-MS/MS).
 Après avoir considéré les points forts et les faiblesses des méthodes analytiques disponibles au regard de la complexité et de la diversité des toxines qui composent la famille des ciguatoxines (ciguatoxines du Pacifique, des Caraïbes et de l’océan Indien), le CES ERCA recommande d’employer une combinaison des techniques suivantes :
- un bio-essai sur souris, afin de rechercher s’il y a une toxicité globale dans l’échantillon ;
- un test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a et/ou un test sur récepteur, lesquels présentent une meilleure spécificité et une plus grande sensibilité que le bio-essai sur souris ;
- une analyse par LC-MS/MS, afin de tenter de confirmer la présence de ciguatoxines connues en cas de résultats positifs par l’une des méthodes ci-dessus.
Les données ainsi produites pourraient ensuite être exploitées dans le cadre d’une évaluation des risques sanitaires pour le consommateur.

 Concernant les requins tigre et bouledogue prélevés à La Réunion en 2012 et 2013
Les résultats d’analyses de 24 échantillons de chair de requins pour la recherche de ciguatoxines par bio-essai sur souris ont été transmis à l’Anses dans le cadre de la saisine par la DGAl. Tous ont produit un résultat négatif. Toutefois, ce test n’est pas suffisamment sensible pour détecter des concentrations de ciguatoxines considérées sans risque pour l’Homme.

Considérant les recommandations précédentes sur les méthodes analytiques, le CES ERCA estime que la seule analyse par bio-essai sur souris ne permet pas de produire des résultats suffisants pour conclure à la salubrité des 24 spécimens de requins quant à la présence de ciguatoxines.
L’Anses a donc engagé une convention de recherche et de développement (CRD) avec l’Arvam (Agence pour la recherche et la valorisation marines, La Réunion), en collaboration avec l’IRTA (Instituto de Investigación y Tecnología Agroalimentaria, Espagne) afin que ces échantillons soient analysés par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a. Le rapport final a été transmis à l’Anses le 21 juillet 2014.
Les résultats n’ont pas montré la présence de toxines de type ciguatoxines au-delà de la limite de détection de 0,04 µg eq P-CTX-1 kg-1 de chair. Il convient de noter que cette limite de détection est supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’Homme de 0,01 µg eq. P-CTX-1 kg-1de chair de poisson.
La CRD incluait également des échantillons du requin bouledogue impliqué dans un foyer
d’intoxications survenu à Madagascar en novembre 2013 (124 personnes intoxiquées dont 9 sont décédées) afin qu’ils soient analysés par bio-essai sur souris et par test de cytotoxicité sur cellulesNeuro-2a. L’échantillon de chair a donné un résultat positif par bio-essai sur souris, avec des symptômes typiques de ceux connus pour les carchatoxines (prostration, dyspnée, cyanose, convulsions et mortalité par arrêt respiratoire). L’analyse d’un échantillon de chair, d’un échantillon d’œsophage et de trois échantillons d’aileron séché par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a a conclu à la présence de toxines de type ciguatoxines, dont les concentrations estimées sont les suivantes :
– chair : 0,144 µg eq P-CTX-1 kg-1 (soit 14 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme) ;
– œsophage : 114 µg eq PCTX-1 kg-1 (soit 11 400 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme) ;
– aileron séché : 0,145 µg eq PCTX-1 kg-1 ; 0,158 µg eq PCTX-1 kg-1 ; 0,737 µg eq PCTX-1 kg-1 (soit 14 à 74 fois la concentration considérée sans risque pour l’Homme)

Question 2 concernant un protocole de prélèvement des requins tigre et bouledogue à La Réunion

Afin de répondre à cette question, le groupe de travail a collecté des éléments d’éthologie des
requins tigre et bouledogue dans les eaux réunionnaises, en s’appuyant plus particulièrement sur les résultats préliminaires obtenus dans le cadre du programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de La Réunion).
Ces requins sont des prédateurs apicaux piscivores capables de se nourrir de différentes espèces. Ils présentent à La Réunion une fidélité restreinte à certains sites mais sont capables de coloniser un éventail très large d’habitats différents et de se déplacer sur de longues distances, notamment jusqu’à Madagascar où des intoxications alimentaires associées à la consommation de requins ont été récemment rapportées (novembre 2013 et février 2014). Il serait donc particulièrement intéressant de savoir si les requins effectuent également des déplacements de Madagascar vers La Réunion. On ne connait aujourd’hui ni l’origine ni la dynamique de bioaccumulation de ces toxines chez les requins. De plus, les connaissances des traits de vie de ces deux espèces de requins et la dynamique de leurs populations sont très partielles et insuffisantes.
 En l’absence d’information sur la taille et la structure des populations de requins tigre et bouledogue dans les eaux réunionnaises et compte tenu des connaissances lacunaires concernant leur comportement alimentaire et leurs déplacements à l’échelle de l’océan Indien, il n’est pas possible d’émettre de recommandations pour un protocole de prélèvement de requins permettant de statuer sur les risques liés à une éventuelle autorisation de ces espèces pour la consommation humaine, au regard du risque ciguatérique.

■ Question 3 concernant les risques sanitaires liés au méthylmercure
Les résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins pour la recherche de plomb,
cadmium et mercure, transmis à l’Anses dans le cadre de la saisine par la DGAl, sont présentés dans le tableau 1. Il apparaît que 4 des 5 échantillons de chair de requins analysés ont une concentration en mercure supérieure (jusqu’à 2,5 fois) à la limite maximale fixée par Règlement
(CE) n°1881/2006 de la Commission du 19 décembre 2006 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, soit un pourcentage de 80%.
Tableau 1 : Résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins pour la recherche de plomb, cadmium et mercure (méthode ANSES CIME, en mg/kg de poids frais) Plomb Cadmium Mercure

Anses

Anses


Dans son avis du 17 avril 20091, l’Agence faisait état de résultats d’analyses de 9 échantillons de chair de requins (requin commun Lamna nasus et requin-hâ Galeorhinus galeus) issus d’un plan de contrôles mené en 2007. La concentration moyenne en mercure était de 1,3 mg/kg de poids frais, 44% des échantillons dépassaient la limite maximale de 1 mg/kg de poids frais.
Au regard de ces résultats, l’Agence mettait à jour ses recommandations quant à la consommation des poissons prédateurs pélagiques, en particulier l’espadon, à La Réunion vis-à-vis du risque sanitaire lié au méthylmercure (avis du 6 juillet 20062) pour que les requins soient inclus dans la liste des espèces de poissons à éviter pour les femmes enceintes ou allaitant ainsi que les enfants en bas âge (< 30 mois).


 Les résultats d’analyses de 5 échantillons de chair de requins réalisées en 2013 ne sont pas de nature à modifier les recommandations de l’Agence.

■ Conclusions du CES
L’analyse de 24 échantillons de chair de requins tigre ou bouledogue prélevés à La Réunion en 2012 et 2013 par bio-essai sur souris et par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a n’a pas montré la présence de toxines de type ciguatoxines au-delà de la limite de détection. Toutefois, il convient de noter que pour ces deux tests la limite de détection est supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’Homme de 0,01 µg eq. P-CTX-1 kg-1 de chair de poisson.
L’analyse d’un échantillon de chair du requin bouledogue impliqué dans un foyer d’intoxications survenu à Madagascar en novembre 2013 (124 personnes intoxiquées dont 9 sont décédées) a donné un résultat positif par bio-essai sur souris avec des symptômes typiques de ceux connus pour les carchatoxines. L’analyse d’un échantillon de chair, d’un échantillon d’œsophage et de trois échantillons d’aileron séché par test de cytotoxicité sur cellules Neuro-2a a conclu à la présence de toxines de type ciguatoxines, avec des concentrations estimées à 0,144 μg eq PCTX-1 kg-1 dans la chair, 114 μg eq PCTX-1 kg-1 dans l’oesophage et 0,145 μg à 0,737 μg eqPCTX-1 kg-1 dans l’aileron. Ces concentrations sont 14 à 11 400 fois supérieures à la concentration considérée sans risque pour l’Homme.
Par ailleurs, les résultats préliminaires du programme CHARC ont montré que les populations de requins tigre et bouledogue ne sont pas inféodées aux eaux réunionnaises et qu’un des spécimens étudiés (requin tigre) marqué à La Réunion a été capable de se déplacer jusqu’à Madagascar.
En conséquence, le CES ERCA estime que les données produites par l’analyse d’échantillons de chair de 24 spécimens de requins réunionnais et d’échantillons d’un spécimen de requin malgachene permettent pas d’exclure le risque que les requins pêchés à La Réunion puissent êtrecontaminés par des ciguatoxines (ou des toxines similaires) à des concentrations qui pourraient présenter un risque pour la santé du consommateur.
D ’autre part, les analyses de mercure réalisées dans 5 échantillons de chair de requins tigre ou bouledogue ont montré que dans 80% des cas, la concentration était supérieure à la limite
maximale fixée pour le règlement (CE) n°1881/2006. Le CES ERCA maintient donc la recommandation émise par l’Agence en 2009 à l’intention des femmes enceintes ou allaitant ainsi que des enfants en bas âge (< 30 mois) d’éviter, à titre de précaution, la consommation de requins, tout comme celle d’espadons, de marlins, de sikis et de lamproies.

Source : État des connaissances relatives à la contamination des requins, notamment tigre et bouledogue, par des ciguatoxines : occurrence, méthodes analytiques, cas humains rapportés et éléments d’éthologie pour ces deux espèces de requins
Avis de l’Anses / Rapport d’expertise collective, Août 2014

En savoir plus sur la toxicité  : Livret "Requins sur nos étals"

Un Etat d’Australie renonce à la capture systématique des requins

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SYDNEY, 12 septembre 2014 (AFP) – Le gouvernement de l’Etat d’Australie occidentale a décidé vendredi de renoncer à sa politique de capture et d’élimination des requins à proximité des plages, en raison de l’objection des services de l’environnement.

Le chef du gouvernement de cet Etat, Colin Barnett, a déclaré que les drumlines (palangres de surface ancrées avec des lignes appâtées) ne seraient plus utilisées au large des plages fréquentées touristiques, durant le prochain été austral.

Il a expliqué que son gouvernement allait envisager uniquement la capture des requins "repérés à plusieurs reprises dans une même zone".

A l’origine, 72 hameçons appâtés attachés à des palanges devaient être installés tous les ans de novembre à avril, jusqu’en 2017.

L’objectif étant de protéger les nageurs et de tuer les requins capturés si leur taille était menaçante pour l’homme.

L’Autorité pour la protection de l’environnement (EPA) s’est toutefois opposée à cette réglementation, arguant "que l’évaluation scientifique de l’impact sur la population des requins blancs du sud-ouest de l’Australie était largement insuffisante".

"A ce stade, les informations disponibles n’apportent pas les garanties nécessaires à l’EPA", a déclaré dans un communiqué Paul Vogel, président de l’organisation.

La Société australienne de conservation des aires marines a pour sa part estimé que cette réglementation était "inappropriée, compte tenu de son coût environnemental pour des résultats sur la sécurité du public mal évalués".

Le gouvernement d’Australie occidentale avait pris cette mesure l’été dernier, à titre expérimental, après une série d’attaques.

Plus de 170 requins, essentiellement des requins-tigres, avaient été capturés en 13 semaines et une cinquantaine d’entre eux, parmi les plus gros, avaient été tués.

Sauvegarde des requins

L’aileron de requin n’a plus la cote en Chine

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Photo ©David Vogt

Photo ©David Vogt

Canton, 20 août 2014 (AFP) – Au dernier étage d’un grand marché de Canton, se trouvent les meilleurs vendeurs d’une spécialité chinoise de luxe: l’aileron de requin. Mais les clients ont déserté les lieux, et les marchandises invendues encombrent les éventaires.

A cet étage du marché de Shanhaicheng, dans un quartier trépidant de la métropole du sud de la Chine, un commerçant désoeuvré déjeûne tranquillement.

Les allées sont quasi-vides. Ses collègues, l’air abattu, sont entourés d’énormes sacs contenant l’équivalent de dizaines de milliers d’euros d’ailerons séchés.

Cette atmosphère sépulcrale contraste avec la vive animation régnant dans les étroites rues alentour, où grouille une foule compacte.

"Je ne mange pas d’ailerons de requin", affirme Ling, jeune commerçant assis entre des piles d’étoiles de mer séchées et de champignons.

"C’est sale, c’est cruel, et c’est très cher", assène-t-il. "Des gens pensent qu’en manger leur donne de l’importance. Ce n’est pas vrai, et j’ai même entendu dire que ce n’était pas si bon."

- Arrière-goût de cruauté -

La soupe d’ailerons de requin –dont le prix peut atteindre 1.600 yuans le bol (200 euros)– a longtemps compté parmi les plats chinois les plus prisés, célèbre autant pour ses vertus médicinales que comme symbole de richesse. Le mets serait caoutchouteux, au léger goût iodé.

"Un proverbe dit que manger des ailerons, c’est bon pour la santé", souligne l’employée d’un grossiste de poisson séché.

Pourtant, depuis que le gouvernement l’a banni de ses banquets et qu’une campagne soutenue par plusieurs stars (dont l’ex-basketteur de la NBA Yao Ming) en a dénoncé la cruauté, l’aileron de requin n’a plus la cote.

Des organisations environnementales luttent contre sa consommation depuis des décennies, pointant les ravages infligés à des populations de requins déjà très menacées.

Les ailerons sont coupés sur des requins tout juste pêchés, qui sont ensuite rejetés vivants à la mer où ils ne survivent pas. La pratique est interdite dans un tiers des pays du monde, selon Pew Environment Group.

En Chine, premier pays consommateur d’ailerons de requins, le gouvernement a rejoint la bataille.

En 2012, le Parti communiste a annoncé que les ailerons, soupes de nids d’hirondelles et autres mets à base de produits d’animaux sauvages, seraient interdits dans les dîners officiels, pour montrer l’exemple en matière de protection d’espèces en danger.

Une vaste campagne anticorruption a ensuite donné un coup d’arrêt aux banquets somptueux organisés à tous les niveaux de l’administration.

- ‘S’attaquer à la demande’ -

Dans le même temps, l’ONG WildAid lançait une campagne à l’attention des consommateurs: "Si vous cessez vos achats, les massacres s’arrêteront". D’après l’ONG, la demande a considérablement réduit depuis.

A Canton, capitale de l’industrie de l’aileron, la chute des ventes a été drastique.

Les prix au détail dans la ville se sont effondrés en moyenne de 57% et les prix de gros de 47%, d’après une étude de WildAid diffusée ce mois-ci.

Selon les vendeurs d’ailerons interrogés par l’AFP, la demande des particuliers marque un net affaissement.

A Hong Kong, la consommation a également fondu: les ventes d’ailerons séchés ont baissé de moitié en 2012, d’après des chiffres avancés l’an dernier par une fédération professionnelle.

"Plus les gens prennent conscience des conséquences, et moins ils ont envie de participer à ce commerce", relève le directeur exécutif de WildAid, Peter Knight.

L’interdiction du gouvernement a "contribué à envoyer le bon message, cela pourrait devenir un modèle pour s’attaquer à des problèmes comme l’ivoire", espère-t-il.

L’élégant restaurant Ah Yat Abalone, à Canton, ne désemplit pas. Mais à en croire la gérante Ye Chaoping, les convives sont surtout là pour les ormeaux — coquillages eux-même menacés par la surpêche –, et non pas pour les plats d’ailerons qui figurent au menu.

"Comme il y a eu beaucoup de messages à la télé, les gens refusent d’en commander, et les officiels n’osent pas non plus", précise-t-elle.

Rencontrée dans un centre commercial voisin, Mme Liu, femme d’affaires cantonnaise de 36 ans, confie avoir arrêté de déguster des ailerons "il y a deux ou trois ans": "Cela a pratiquement le même goût qu’un légume! Ca ne vaut vraiment pas le coup de tuer un animal pour ça".

Île de la Réunion : Ciguatera2/Valo requin

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@Sauvegarde des requins

Communiqué 

Certaines personnes à La Réunion veulent "réguler " la population supposée de requins par l’incitation à la pêche ;

dans  cette logique ,qui ne repose sur aucun fondement scientifique,  il faudrait trouver des débouchés aux requins ; on a alors pensé à revoir l’arrêté interdisant la commercialisation des requins en raison du risque "ciguatera"

Un risque se définit par la conjonction d’un enjeu, ici le bilan humain après une intoxication d’origine ciguaterique  ,  et d’un alea : la survenue d’une intoxication

L’ enjeu

Un requin  de deux à trois cent kgs peut être consommé par des centaines de personnes et intoxiquer autant de personnes , avec des dizaines de décès possibles ; les animaux sont aussi touchés

Etude institut pasteur Madagascar période 1993/1996 :

Novembre 1993  ( requin bouledogue ) : 188 intoxications ; 60 morts parmi les personnes  hospitalisées  ( bilan global 98 morts selon autres sources tenant compte des décès sans hospitalisation ), 2 carchatoxines découvertes

Octobre 1995 : 65 intoxications  pas de décès ; un chien mort

Novembre 1995 (requin ballestrine , très proche bouledogue ) : 320 intoxications ; 4 morts  ; plusieurs chiens et chats morts, une nouvelle biotoxine découverte

Avril 1996  ( requin marteau ) :59 intoxication 3 morts

Mai 1996 ( requin tigre ) : 500 intoxication pas de décès humain ; un chien mort

 Derniers accidents recensés à Madagascar

Novembre 2013 : 150 intoxications, 15 morts

Février 2014 : 9 intoxications, 1 mort

L’alea

Cet accident est il possible à La Reunion?

La Reunion se trouve en zone d’endémie ciguaterique ( cf arrêté préfectoral)

L"IRD a montré une circulation des requins tigres ( espèce impliquée) entre la Reunion et Madagascar et une probable circulation des requins bouledogues entre ces iles ;(programme Charc)

L’IRD a montré une présence saisonnière plus marquée des requins qui conforterait la probabilité d’une circulation des requins bouledogues entre les iles ; ( programme Charc)

La levée de l’interdiction ouvrirait la porte à la commercialisation de requins pêchés ailleurs qu’à la Reunion (Madagascar; cf arrêté préfectoral)

L’etude ciguatera2 rebaptisée Valo requins

Elle prévoit la mise à mort de 90 requins de plus que les 24 déjà pechés dans le cadre de ciguatera 1

La population des requins tigres et bouledogues n’est pas connue

Il est établi que ces espèces de requins circulent hors de la réunion, et en particulier vers Madagascar

Le taux de circulation n’est pas connu

"La viscosité " de la population n’est pas connue

Dans ces conditions, le nombre de 24 + 90 requin tué est totalement arbitraire et ne peut être considéré comme représentatif de cette population .

Un risque majeur

Les éléments à disposition permettent de conclure à l’impossibilité de commercialisation des espèces concernées  ; leur consommation pouvant entraîner un accident majeur (centaines ‘intoxications faisant des dizaines de morts pour consommation d’un seul requin );

L’étude ciguatera n’est pas supportée par un protocole sérieux permettant d’apprécier plus justement ce risque

La transformation en aliments pour animaux ne peut être non plus  valablement considérée ( cf ci dessus)

Conclusion

L’étude ciguatera  ne peut repondre à la question du risque que représenterait la consommation de ces requins

Elle conduit à la mort inutile de 114 animaux , auxquelles s’ajoutent les prises accessoires ( espèces non ciblées )

Bonjour

Nous vous adressons une brève note de synthèse qui montre que l’étude Ciguatera2, devenue Valo requins , et d’un montant de 260 000 euros , ne repose sur rien de fiable ;
l’agence de sécurité alimentaire n’en a toujours pas validé le protocole, et pour cause , la commercialisation constituerait une prise de risque énorme que les autorités sanitaires ne peuvent assumer .

Le programme pourtant déjà financé a donc modifié ses objectifs pour viser à une commercialisation animale ;

la pêche a commencé dans la précipitation  , sans l’avis de la commission;
Avec des requins payés au pêcheur 4,  5 euros du Kg et des pécheurs défrayés 50 euros de l’heure s’ils ne pêchent pas de requins (ils sont par contre autorisés à pêcher pendant ce temps  pour leur compte tout en étant défrayés ) les croquettes pour chien risquent d’avoir le prix d’un produit de luxe ….qui représente pour nos amis à 4 pattes un risque mortel puisque les études de l’Institut Pasteur de Madagascar mentionnent la mort de chiens et chats lors des intoxications humaines .
Cette  toxicité pour les animaux est bien connue des polynésiens qui l’utilisent pour tester les poissons sur lesquels ils ont des doutes ;

Nous ajouterons l’effet désastreux en terme d’image pour  la Réunion ,  de ce projet d’utilisation : faire des croquettes pour chiens des requins après avoir été accusé d’utiliser des chiens pour pêcher le requin .

ARRETE N° 06 – 2412 /SG/DRCTCV Enregistré le 30 juin 2006

REGLEMENTANT LA COMMERCIALISATION DE CERTAINES ESPECES DE POISSONS MARINS TROPICAUX

LE PREFET DE LA REGIONET DU DEPARTEMENT DE LA REUNION Chevalier de la Légion d’Honneur

VU les Règlements 178-2002, 852-2004, 853-2004, 854-2004 et 882-2004, fixant notamment les règles sanitaires régissant la production et la mise sur le marché des produits de la pêche ;

VU la directive 97/78/CEE du conseil du 18 décembre 1997 fixant les principes relatifs à l’organisation des contrôles vétérinaires pour les produits en provenance des pays tiers introduits dans la communauté ;

VU le code de la consommation et notamment son Art. L 212.1 ;

VU le code rural, et notamment ses articles R231-12 à 19 ;

VU l’arrêté ministériel du 16 mars 1982 (ministres de la consommation, de l’agriculture, de la mer), définissant les noms français officiels et dénominations admises des poissons marins ;

VU l’arrêté ministériel du 25 juillet 1986 (ministres de l’agriculture, de l’économie et des finances, secrétaire d’Etat à la mer), relatif à la réglementation des conditions d’importation en France des produits de la mer et eau douce destinés à la consommation humaine ;

VU l’arrêté préfectoral N° 2365 du 6 septembre 1999 interdisant la commercialisation de certaines espèces de poissons ;

…/…

VU l’arrêté préfectoral N° 1001 du 16 mai 2000 portant modification de l’arrêté préfectoral N° 2365 du 6 septembre 1999 ;

VU l’avis de la Direction Régionale des Affaires Maritimes en date du 31 mars 2006 ;

VU l’avis de l’Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines ( ARVAM) en date du 25 avril 2006 ;

VU l’avis du Comité Régional des Pêches Maritimes et Elevages marins de la Réunion en date du 2 mai 2006 ;

CONSIDERANT la situation de la Région REUNION dans la zone 0céan Indien où sévit le phénomène « ciguatera » de façon endémique ;

CONSIDERANT la nécessité de protéger au mieux la population réunionnaise contre ce risque, au vu de ses habitudes alimentaires et d’une affinité particulière pour ces types de poissons à risque Ciguatérique ;

CONSIDERANT les demandes présentées par des importateurs de pouvoir commercialiser des variétés de poissons issues de zones tropicales listées par les Arrêtés préfectoraux sus- visés hors zones de pêche listées par les Arrêtés préfectoraux sus-visés ( Océan indien), pour lesquels il est impossible d’exclure le risque ciguatéra pour les poissons pêchés en zone tropicales hors océan indien ;

CONSIDERANT qu’il y a lieu d’appliquer une réglementation sanitaire uniforme entre les poissons issus de la pêche locale et les poissons issus de la pêche en pays tiers ;

 Jean Bernard Galvès

Pour le collectif des associations environnementalistes (Requin Intégration, Tendua, Association de Sauvegarde d’Etang Salé les Bains, Sea Shepherd, Longitude 181, Aspas, fondation Brigiitte Bardot , Vague et Sauvegarde des Requins)

 

Les programmes mis en place à La Réunion face à la "crise requin" : décryptage

Communiqué Caprequins #5

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Communiqué du 23 mai 2014

Concernant le dispositif des "smart drumlines", le comité régional des pêches note qu’"après quatre mois d’activité du programme Cap Requins, le taux de survie global après capture atteint les 91,7 % (le taux de survie spécifique est réévalué à 50% pour les requins marteau halicorne et à 75% pour les carangues gros-tête)".

Depuis début avril 2014, 13 nouvelles captures ont été traitées. Elles ont concerné les spécimens suivants :

- 6 raies pastenague entre 90 cm et 1 m environ, capturées entre le 9 et le 15 avril, toutes relâchées vivantes et bien vives, dont deux après marquage "spaghetti" externe ;

- 3 grandes raies guitare femelles de 1,80 m à 2,45 m, capturée entre le 10 et le 29 avril, toutes relâchées vivantes et bien vives après marquage "spaghetti" externe ;

- 2 carangues gros-tête de 1,10m et 1,38 m, capturées le 29 avril et le 16 mai, dont une a été retrouvée morte et l’autre relâchée vivante et bien vive après marquage "spaghetti" externe ;

- un juvénile de requin tigre d’environ 0,80 m, retrouvé vivant le 30 avril à 7h00 et relâché vivant et bien vif ;

- un requin marteau halicorne mâle de 2,80 m, capturé le 13 mai à 1h50, puis relâché vivant et bien vif après marquage "spaghetti" externe. Voici la vidéo de ce marquage :

"S’agissant de la technique de la palangre de fond du programme WEST, le rythme des sorties s’est accéléré après la réparation de l’avarie moteur du navire Wayan. Jusqu’au 23 avril 2014 (date de la dernière fiche de marée transmise par le programme WEST au CRPMEM de La Réunion), un total de 21 sorties avait ainsi pu être réalisé, au cours desquelles 66 poissons ont été capturés, avec un taux global de survie après capture de 94 % (la mortalité est surtout due à la déprédation sur les captures par les requins)", poursuit le comité des pêches.

Il indique que les principales espèces capturées sont les carangues gros-tête (15 individus), les raies pastenague (14 individus), les requins tigre (14 individus, dont 11 juvéniles d’à peine ou de moins de 1 mètre, dont 6 ont été marqués "spaghetti" en externe) et les raies guitare (8 individus). Deux requins bouledogue ont également pu être capturés, dont un a fait l’objet d’une valorisation dans le cadre de la réévaluation du risque "ciguatera".

Jusqu’à cette même date, l’équipe de marquage de Squal’idées s’était associée à 7 sorties à la palangre de fond du programme WEST, au cours desquelles 1 requin bouledogue, 2 requins tigre adultes et une carangue gros-tête ont été marqués en acoustique. Par ailleurs, un requin pointe-blanche de récif ainsi qu’une raie guitare ont été marqués en externe.

Faible présence de requins marqués dans la zone d’étude

S’agissant des données des stations d’écoute acoustique immergées autour des "smart drumlines", le comité régional des pêches souligne que "la très faible fréquentation de la zone se confirme". Seuls des animaux n’ayant jusqu’à présent jamais été détectés ont effectué des passages rapides sur la zone. Deux requins tigre (dont le mâle marqué suite à sa capture sur une "smart drumline" le 7 mars) ont été détectés entre fin avril et début mai, très au large de la zone d’étude, sur une courte période et à des profondeurs de nage de 60 mètres (soit à plus de 500 mètres au large des "smart drumlines").

Par ailleurs, alors qu’aucun requin bouledogue n’avait été détecté dans la zone depuis le 19 mars (soit 50 jours sans aucune détection), une femelle bouledogue, marquée par Squal’idées dans ce programme, qui n’avait jamais été détectée auparavant, est passée dans la zone le 8 mai, au cours de la semaine pendant laquelle les dispositifs de pêche avait été justement relevés pour tester l’influence de leur absence sur le retour des animaux marqués… La femelle tigre détectée début mai a de nouveau été détectée plusieurs jours de rang, mais toujours à des périodes où les engins de pêche appâtés n’étaient pas en place.

Le comité scientifique indépendant, qui s’est de nouveau réuni pour examiner le second rapport intermédiaire du programme Cap Requins a relevé lui aussi la faible présence de requins marqués dans la zone d’étude au cours du mois de mars 2014, de manière plus marquée que sur les autres stations du littoral ouest (Trois Bassins notamment). L’apprentissage ("par facilitation") des requins bouledogue à éviter la zone côtière équipée de "smart drumlines" suite aux captures de congénères et d’individus d’autres espèces constitue selon ces experts une hypothèse de travail à approfondir sur les prochaines semaines. De la même manière, s’agissant du suivi de l’efficacité des dispositifs et de leur non-attractivité à longue distance, les premières tendances doivent être confirmées sur un nombre plus représentatif d’observations.

Appel à la plus grande vigilance

En accord avec les financeurs de Cap Requins, le CRPMEM prépare désormais la phase de déploiement des "smart drumlines" dans les zones d’activités nautiques conformément aux étapes définies dans ce programme. Cette phase de déploiement en zone corallienne fait actuellement l’objet d’études préliminaires sur cartes. Elle va se poursuivre ces deux prochaines semaines, sous l’égide de la mairie de Saint Paul, par une concertation avec les autres usagers de la mer avant le dépôt par le CRPMEM des demandes d’autorisations administratives au titre du domaine public maritime (DPM).

Le CRPMEM et ses partenaires – Squal’idées, Prévention Requin Réunion, Kwazulu Natal Sharks Board et la Ligue réunionnaise de surf – invitent enfin les usagers de la mer à la plus grande vigilance en ce début d’hiver austral où, par expérience, la fréquentation de la bande côtière par des requins potentiellement dangereux pour l’homme augmente significativement, telle que les dernières détections le confirment.

Source : Orange

Le grand requin blanc n’est pas en danger d’extinction dans le Nord-Est Pacifique (étude)

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Le grand requin blanc n’est pas en danger d’extinction dans le nord-est du Pacifique et voit même sa population augmenter dans cette zone, selon une nouvelle recherche internationale publiée lundi qui dément un rapport alarmiste paru précédemment.

Cette étude, qui estime la population de ces requins à plus de 2.000 dans cette région, souligne que les mesures de protection mises en oeuvre sont efficaces pour préserver le plus grand poisson carnivore au monde.

Ces conclusions, qui paraissent dans la revue scientifique américaine PLOS ONE, confortent une recherche précédente menée par le National Marine Fisheries Service (NMFS) faisant état d’une population d’environ 3.000 requins blancs dans cette zone.

"Nous avons déterminé qu’il y a un nombre suffisant de ces requins et que de ce fait le risque d’extinction est très faible", explique Heidi Dewar, une biologiste marine du NMFS en commentant cette étude menée par George Burgess, directeur du programme de recherche de Floride sur les requins.

"En fait, la plupart de nos observations suggèrent que la population de ces requins augmente", ajoute Heidi Dewar.

L’équipe scientifique internationale a analysé à nouveau une recherche effectuée il y a trois ans qui indiquait que le nombre de requins blancs dans le nord-est du Pacifique n’était que de 219, selon un décompte effectué sur deux sites.

Cette étude avait déclenché des pétitions pour placer le requin blanc sur la liste des animaux en danger d’extinction.

George Burgess et ses collègues ont ainsi réuni une équipe de dix experts couvrant tous les aspects de la biologie de ces requins, comme leur démographie, la dynamique de leur population, leur histoire, leurs mouvements, les mesures de conservation et les modèles informatiques existants.

Ces chercheurs ont étudié les requins blancs de la Floride à la Californie, de l’Alaska à Hawaii et autour du globe.

Les requins blancs sont particulièrement difficiles à décompter car ils sont très mobiles et se regroupent par âge, sexe et taille.

A la différence des mammifères marins, ils ne remontent pas à la surface pour respirer, expliquent les auteurs.

AFP, Juin 2014 

Proposition d’une protection internationale pour les requins, les raies, poissons-scies, les ours polaires et les lions

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Communiqué de presse : Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage/Secrétariat assuré par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Le sort de quelques espèces emblématiques est en jeu tandis que débute le compte à rebours d’une conférence essentielle pour la conservation de la vie sauvage

Bonn, Allemagne, 11 juin 2014 – Quelques espèces animales parmi les plus menacées au monde, dont beaucoup sont migratrices, doivent affronter des menaces sans précédent allant du changement
climatique à la destruction des habitats, en passant par la surexploitation et la pollution. Cela a entraîné un certain nombre de demandes de nouvelles inscriptions sur les Annexes, qui seront examinées lors de la COP 11 de la CMS, qui constitue une conférence internationale majeure sur la vie sauvage et qui se tiendra du 4 au 9 novembre 2014 à Quito, en Équateur.

La Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage (également connue sous l’appellation CMS ou « Convention de Bonn »), administrée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, constitue la seule convention internationale à protéger les espèces qui se déplacent à travers les frontières internationales. Tous les trois ans, elle organise une réunion internationale de tous ses membres (la Conférence des Partie (COP)) afin de convenir de mesures de conservation coordonnées au niveau mondial en faveur des espèces migratrices et de décider quelles espèces doivent être protégées par ses deux Annexes. La date limite pour proposer une inscription
lors de la COP11 de la CMS était le 6 juin et 32 espèces au total ont fait l’objet d’une proposition d’inscription à l’Annexe I, qui requiert une protection stricte, et à l’Annexe II, qui requiert une gestion coordonnée par les pays dans lesquels l’espèce migre.

Parmi les propositions d’inscription reçues l’on trouve un grand nombre d’espèces de requin et de raie, dont deux types de requin marteau, lerequin soyeux, trois espèces de requin renard, la raie manta du prince Alfred, ainsi que neuf espèces de raie Mobula. Par ailleurs, cinq espèces de poissons-scies, dont certaines sont en danger critique d’extinction, ont été proposées.

« Un des messages clairs envoyé par ces propositions d’inscription est que les Parties de la CMS considèrent la situation désespérée des requins tellement grave qu’elles ont proposé plus de vingt espèces de requin et de raie. Cela peut également être vu comme un vote de confiance en la CMS en
tant que plateforme pour faire avancer la conservation internationale des requins, mais également pour de nombreuses autres espèces migratrices d’animaux sauvages menacées d’extinction », a déclaré Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la CMS.

Parmi les autres espèces mises en avant par les Parties de la CMS et qui seront examinées lors de la COP 11 l’on peut citer l’ours polaire, fortement menacé par le changement climatique, le lion d’Afrique, dont la population a chuté de 30 pour cent au cours des vingt dernières années à cause de
la perte de ses habitats et autres menaces humaines, ainsi que l’anguille d’Europe, menacée par la surpêche et les barrages.

D’autres sujets seront abordés lors de la COP11 de la CMS à Quito cette année, dont la chasse illégale des éléphants, au bord de l’extinction tandis qu’une centaine d’animaux sont victimes du braconnage chaque jour. Ce sujet sera également bien placé à l’ordre du jour de la toute première
Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA), qui se tiendra à la fin du mois, et a également fait l’objet de plusieurs récents sommets importants entre chefs d’État. D’autres thèmes affectant les espèces migratrices seront débattus lors de la COP11 de la CMS, en novembre, dont le changement climatique, les débris marins, les effets des installations pour les énergies renouvelables et la capture illégale des oiseaux.

Le président du Comité permanent de la CMS, le Professeur Alfred Oteng-Yeboah, du Ghana, a commenté : « La COP de la CMS se tient en plein milieu d’une période chargée dans l’agenda environnemental international. La Convention sur la diversité biologique organise sa COP le mois d’avant en Corée et le Congrès mondial sur les parcs de l’UICN se tient à Sydney peu de temps après. Ce sera la première fois en 35 ans d’existence de la CMS que la COP se tient en Amérique. Nous nous attendons à ce que la conférence attire des décideurs majeurs issus de nombreux gouvernements, des organisations internationales et la société civile. »

Les espèces couvertes par la CMS sont extrêmement variées, allant de la baleine bleue à l’éléphant d’Afrique, en passant par les gazelles, les tortues de mer, les requins, ainsi que de nombreux oiseaux tels que les albatros, les rapaces, les oiseaux d’eau, les passereaux ou encore le monarque.

En signant la convention, les 120 Parties de la CMS reconnaissent que ces animaux, sous leurs formes innombrables, font partie de manière intrinsèque du système naturel de la Terre, qui doit être conservé pour le bien de l’humanité.

Les détails du programme de la prochaine Conférence des Parties de la CMS (COP) sont divulgués petit à petit. Le compte à rebours de la conférence, qui se tiendra sous le slogan « L’heure de l’action », a commencé avec la fin du délai le 6 juin dernier pour proposer l’inscription d’espèces.

La liste complète des espèces dont l’inscription dans les Annexes de la CMS sera décidée par les gouvernements lors de la COP11 de la CMS inclue 3 mammifères terrestres, 2 mammifères marins, 5 oiseaux et 22 poissons. Toutes les propositions soumises par les Parties de la CMS sont accessibles
sur le site web de la CMS : http://www.cms.int

Notes pour les rédacteurs
Principales propositions d’inscription en vue de la COP11 de la CMS :

-L’inscription du lion d’Afrique, dont la population a chuté de 30 pour cent au cours des vingt dernières années, a été proposée pour l’Annexe II. Il reste seulement 40.000 animaux sur 100.000 environ en 1900, présents dans seulement 25 pour cent de leur aire de répartition historique. Seule
une population isolée du Lion d’Asie, dont l’inscription à l’Annexe I a été proposée, existe encore en Inde (État de Gujarat) et compte environ 175 animaux adultes.

-L’ours polaire, un superprédateur qui passe la majeure partie de l’année à chasser dans la mer et sur la glace, peut parcourir jusqu’à 1.000 kilomètres. Maintenant que son inscription à l’Annexe II a été proposée, une perspective mondiale, y compris une meilleure compréhension des impacts du changement climatique sur les ours polaires, pourrait être ajoutée aux mesures de conservation sur lesquelles les pays de la région travaillent depuis des décennies.

-L’inscription de deux espèces de requin-marteau (le grand et le halicorne) a été proposée pour l’Annexe II. Caractérisés par leur tête à la forme particulière dont leur nom est tiré, les requins marteaux ont subi un déclin drastique ces dernières années, jusqu’à 99 % pour certaines populations.
Parmi les autres espèces de requin dont l’inscription dans l’Annexe II a été proposée l’on peut citer le requin soyeux et trois espèces de requin renard.

-L’inscription de la raie manta du prince Alfred, ainsi que de neuf espèces de raie Mobula ou de mourine, a été proposée pour les deux Annexes. Dans plusieurs régions, les populations de raie manta du prince Alfred ont chuté de près de 80 pour cent sur trois générations, soit environ 75 ans.
Les principales menaces sont les pêches ciblées et accidentelles. Les produits issus de la raie manta ont une forte valeur sur les marchés internationaux.

-L’inscription de cinq espèces de poissons-scies, sont certaines sont en danger critique d’extinction, a été proposée pour les Annexes I et II. Les propositions d’inscription ont coïncidé avec le lancement d’une stratégie internationale pour la conservation des poissons-scies par le Groupe
spécialiste des requins de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), lors de la Conférence internationale sur les requins qui s’est tenue à Durban, en Afrique du Sud, la semaine dernière. Cette proposition amène à un total de 21 le nombre de requins et de raies dont l’inscription a été proposée.

-L’anguille d’Europe, dont les schémas de migration uniques la font voyager des rivières européennes à la mer des Sargasses, au milieu de l’océan Atlantique nord, est menacée par la surpêche et les barrages, qui constituent des obstacles à la migration. Elle fait déjà l’objet de mesures de protection dans le cadre de la réglementation de l’Union européenne.

-L’inscription de la grande outarde, l’un des plus grands oiseaux capables de voler au monde, a été proposée pour l’Annexe I. Elle est déjà répertoriée dans les deux Annexes. La proposition d’inscrire la population mondiale dans l’Annexe I supprime la restriction géographique actuelle à la population d’Europe centrale.

CMS – La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) est un traité environnemental, conclu sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui fournit une plateforme internationale pour la conservation et l’utilisation durables des espèces migratrice et de leurs habitats. La CMS réunit les États que les animaux migrateurs traversent afin qu’ils conviennent de mesures de conservation coordonnées au niveau international en faveur d’une grande variété d’animaux migrateurs en danger d’extinction. La CMS est une convention en pleine croissance, avec une importance spéciale du fait de son expertise en matière d’espèces migratrices. Elle compte aujourd’hui 120 Parties. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site web de la CMS : http://www.cms.int

COP – La Conférence des Parties est le principal organe de décision de la Convention et est organisée tous les trois ans afin d’adopter le budget, le Plan stratégique et les décisions d’orientation, dont les amendements aux deux Annexes de la Convention. La COP11 se tiendra à Quito sur invitation du gouvernement équatorien, en novembre, et ce sera la première fois que les Parties se réunissent en Amérique. Les détails du programme de la COP11 seront postés sur le site web de la CMS au fur et à mesure de leur divulgation.

Le Professeur Alfred Oteng-Yeboah, du département de Botanique de l’Université du Ghana, est le président actuel du Comité permanent de la CMS ; son mandat se termine à la fin de la COP11. Il est également conseiller scientifique nommé par la COP pour la faune africaine et est membre du Bureau de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée.

Stratégie internationale de l’UICN pour les poissons-scies – Le Groupe spécialiste des requins (SSG = Shark Specialist Group) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié une stratégie internationale afin d’empêcher l’extinction des poissons-scies et de promouvoir leur rétablissement, après qu’ils ont été dévastés par la surpêche et la perte des habitats.