Auto déprédation chez les requins (Eric Clua)

Par défaut

Etude d’Eric Clua publiée en anglais (version originale

Traduction de Sauvegarde des requins avec l’aimable autorisation de son auteur

Auto déprédation chez les requins

Déprédation d’un requin pris sur un hameçon par un autre requin : signe d’un cannibalisme potentiel et renforcement de l’impact de la pêche sur ces animaux.

Clua1*, Galves2 J. B. and J. Werry3

1 French ministry of Agriculture and Fisheries, 51 Rue de Vaugirard, 75015 Paris cedex, France

2AXXX La Reunion Island

3Ocean and Coast Research, Main Beach, Gold Coast, Queensland, Australia 4217

*Corresponding author: eric.clua@gmail.com; Fax : +689 566068

Résumé

Le constat de la déprédation cumulative de requins pris sur des hameçons par d’autres requins semble négligé et donc le phénomène sous estimé. Cela suggère que le cannibalisme intra et interspécifique pourrait également inclure les grands animaux adultes et contribuer à renforcer l’épuisement des populations de requins sur les écosystèmes marins. Plus de lumière sur cette prédation intraguilde devrait être faite et, lors des études de terrain, les chercheurs devraient, en particulier dans les zones à forte densité de squales, veiller à limiter la durée d’immersion des lignes quand ils ciblent la capture non léthale de requins.

Mots-clés: grands prédateurs, prédation inter et intraspécifique, chaîne alimentaire

Introduction

L’influence du cannibalisme des prédateurs adultes sur la dynamique de la population a été généralement négligée malgré sa réalité écologique et son intérêt théorique intrinsèque (Sun et al. 2009). Ce phénomène a déjà été signalé pour les grandes espèces de requins soit sur des espèces plus petites, soit sur de plus petits congénères tels que le requin blanc, Carcharodon carcharias, sur d’autres lamnoids (Fergusson et al., 2000) ou les requins tigres qui sont également bien connus pour la prédation intra-spécifique (Compagno 1984). Un cas d’un grand requin-marteau, Sphyrna mokarran, mangeant un requin gris de récif Carcharhinus amblyrhynchos a été récemment rapporté (Mourier et al. 2012). Les requins bouledogues sont connus pour le cannibalisme (Vorenberg 1962) et leur capacité à consommer de grands chondrichtyens, dont beaucoup de Carcharhinidés (Cliff et Dudley, 1991). Snelson et al. (1984) ont répertorié la première preuve d’un requin bouledogue Carcharhinus leucas de 162 cm qui a mangé un individu plus petit (environ 80 cm) de cette même espèce. Mais aucune preuve n’a été jusqu’à présent constatée sur le cannibalisme intra-spécifique chez cette espèce impliquant de gros animaux adultes de la même taille.

Les populations de requins dans le monde sont menacées (Clarke et al. 2006, Worm et al. 2013). Cela résulte en partie d’une demande sur des produits tels que les ailerons pour les marchés asiatiques qui ont mené au développement de pêches spécifiques au requin à travers le monde, encore présentes aujourd’hui en dépit de leur caractère non durable (Doherty et al. 2014). Ceci est également dû à la capture accessoire importante de requins par les palangriers qui ciblent les poissons comme les thons et les marlins. Bien que presque certainement lié à la dynamique des prises accessoires, les événements de déprédation sont plus rares dans les pêcheries à la palangre que la capture de nombreuses espèces, mais  jouent aussi un rôle dans l’appauvrissement des populations de requins (Gilman et al. 2007). La déprédation peut se manifester par des processus différents de ceux qui déterminent les taux de prises accessoires. Considérant que les prises accessoires se font par les mêmes procédés de pêche que les autres composantes de la capture, la déprédation a lieu quand l’espèce, qui n’est pas ciblée par l’engin de pêche, rencontre un poisson hameçonné et l’attaque, plutôt que d’avaler un hameçon appâté (McNeil et al. 2009).

Avec l’explosion de l’exploitation des requins pour leurs ailerons et leur chair, une meilleure compréhension des processus de déprédation est nécessaire pour renforcer les mesures de gestion des requins afin de s’assurer que la mortalité due à la pression de pêche soit durable (Gilman et al. 2008).

Nous rapportons ici deux études de cas différentes qui impliquent des processus similaires se produisant dans différents océans et impliquant différentes espèces de requins, sur la base de la prédation intra et interspécifique successives sur un seul hameçon, notamment de très gros animaux au stade final. Ces résultats nous permettent de tirer quelques hypothèses en ce qui concerne la sous-estimation de la déprédation des requins par d’autres requins avec des conséquences sur leur niveau réel, volontaire ou involontaire, de capture sur les lignes à hameçons.

Matériel et méthodes

Dans les deux endroits, les lignes de pêche incluaient des hameçons montés sur des lignes raccrochées à des flotteurs de surface (drumlines). Aux Seychelles, la session de pêche de 2 jours (mai 1998) a été réalisée avec un ensemble de ‘drumlines’ appâtées avec de petits poissons pélagiques (barracudas et bonite) dans le canal entre les îles d’Arros et Saint-Joseph (5 ° 25’S, 53 ° 18’E). Dans le nord-ouest de la barrière de corail de Nouvelle-Calédonie à une distance de plus de 100 km de la terre ferme (19 ° 38’S 163 ° 32’E;), la session de pêche de 6 jours (Mars 2010) a été réalisée avec respectivement huit, cinq et deux drumlines, appâtées avec des têtes de thon immergées pendant 36 heures (Petite PASS), 8 heures (Estrée PASS) et 12 heures (à proximité de l’île de Belep).

Résultats

Aux Seychelles, un requin tigre (Galeocerdo cuvier) de 2m a été pris sur la ligne au cours de la première nuit et à laissé dans l’eau. Environ 10 heures plus tard (vers 16 h), un requin tigre de 4m était accroché sur la même ligne, après l’ingestion de son petit congénère, à l’exception de la tête (Fig. 1a). Le même jour, sur la même ligne (remise à l’eau), un requin gris de récif (Carcharhinus amblyrhynchos) de 1m a été capturé à environ 20 h et laissé sur la ligne (Fig. 1b). Après deux heures, un requin bouledogue (Carcharhinus leucas) de 2m s’est pris après l’ingestion du gris de récif (Fig. 1c). La ligne est restée dans l’eau pendant la nuit et a été récupérée le lendemain matin (vers 6 h) avec les deux têtes des requins, le bouledogue ayant été consommé par un requin beaucoup plus gros, probablement un requin tigre comme suggéré par les caractéristiques de la morsure (Fig. 1d).

@Eric Clua

@Eric Clua

En Nouvelle-Calédonie, quatre requins tigres ont été capturés sur les lignes, puis relâchés après marquage acoustique sur le site de la Petite passe durant les deux premiers jours. Le troisième jour, à la passe d’Estrée, en une heure, deux requins bouledogues adultes de sexe mâle (2,5 et 2,8 m) ont également été capturés, marqués et relâchés, de même que deux autres requins bouledogues le lendemain matin. Cependant, une ligne a été laissée pour la nuit dans l’eau et, le lendemain matin, la tête d’un requin gris adulte de récif (Carcharhinus amblyrhynchos) a été retrouvée à l’intérieure de la gueule d’un requin bouledogue adulte. Le requin bouledogue avait ingéré le requin gris pris par l’hameçon, et a ensuite à son tour été consommé par un grand requin (Fig. 2). La largeur de la morsure principale derrière sa tête était d’environ 44 cm (fig. 2a). Sur la base de la formule d’évaluation de longueur totale à partir de la largeur de la morsure fournie par Lowrie et al. (2009), seulement trois espèces de requins couramment rencontrés dans les eaux côtières pourraient infliger une telle morsure. Cela inclut un requin blanc Carcharodon carcharias d’environ 2,6 m, un requin bouledogue d’environ  2,8 m ou un requin tigre Galeocerdo cuvier d’environ 3,1 m. Les deux dernières espèces sont communes en Nouvelle-Calédonie et le requin blanc peut être trouvé toute l’année, excepté autour d’Avril-Mai (Clua et Séret 2012). Cependant, des efforts de pêche pré et post événement n’ont pas révélé de tigre ou de requin blanc dans le secteur. Nous considérons donc que l’hypothèse la plus probable repose sur une prédation intra-spécifique de C. leucas, qui est compatible avec la taille de la mâchoire de l’un des requins bouledogues adultes capturés sur les autres lignes. En outre, Vorenberg (1962) a montré que le cannibalisme des requins bouledogues pouvait être induit par la présence d’appât sur une ligne, ce qui était le cas lors de la pêche notamment après que le requin gris de récif ait été pris sur la ligne.

@Eric Clua

Discussion

Les deux études de cas nous permettent de documenter un phénomène de double déprédation par des requins sur des requins déjà pris à l’hameçon. Les deux sessions de pêche ont eu lieu dans les zones dans lesquelles les requins étaient en forte densité, ce qui est probablement un facteur facilitant. La pression de pêche est faible dans la barrière de corail du Nord de Nouvelle-Calédonie où les requins ne sont pas ciblés par la pêche (Obs. Pers de EC). Quant à l’endroit concerné aux Seychelles, il n’avait pas encore été ciblé en 1998 par la pêche aux requins à la palangre qui a commencé à se développer dans cette zone à partir des années 2000 (Obs. Pers de JBG). L’événement de Nouvelle-Calédonie est le premier cannibalisme intra-spécifique documenté entre requins bouledogues adultes. Le rôle du cannibalisme chez les requins convient d’être exploré davantage si l’on considère son rôle dans les écosystèmes. Dans le centre-nord de l’océan Pacifique, l’augmentation théorique de cannibalisme entre requins, qui en supprime ainsi un surplus au sein de l’écosystème, provoque d’importantes modifications dans l’ensemble de la chaîne alimentaire que l’on n’avait pas vues en incluant seulement les données sur leur régime alimentaire, sans prendre en compte ce cannibalisme (Kitchell et al. 2002). Nos résultats suggèrent que la prédation intra spécifique entre supers prédateurs adultes pourrait être plus fréquente que supposée. D’un point de vue théorique, Sun et al. (2009) ont aussi montré que le cannibalisme entre prédateurs pouvait avoir une influence significative sur la répartition spatiale du système proies-prédateurs et la compréhension du concept du « Turing ». L’interférence mutuelle entre prédateurs est l’un des principaux mécanismes qui provoque une hétérogénéité déstabilisante au sein d’un système spatial représentant les interactions prédateurs-proies qui se veut homogène (Alonso et al. 2002). Aussi, cette capacité de certaines grandes espèces de récif à cannibaliser leurs congénères d’une taille similaire devrait probablement être mieux prise en compte afin de mieux comprendre le fonctionnement naturel des écosystèmes de récifs tropicaux.

D’un point de vue de la pêche, la déprédation cumulée des requins sur les lignes  à hameçons  pourrait représenter un facteur aggravant en termes de rejets et pertes parmi les captures volontaires de requins (par les pêcheries de requins) ou involontaires (prises accessoires de requin) avec de potentiels effets néfastes sur les écosystèmes marins (Kitchell et al. 2002). Pour autant que nous sachions, la déprédation par des requins sur des requins a été jusqu’à présent peu documentée dans la pêche à la palangre. Au cours d’une brève étude dans les eaux de l’Atlantique, Hernandez-Milian et al. (2008) ont constaté que la fausse orque (Pseudorca crassidens) était le principal prédateur recensé pour les palangres, et que la déprédation par les requins est quatre fois plus fréquente que celle attribuée aux mammifères marins. Il existe potentiellement une lacune à combler à l’avenir en évaluant mieux ce phénomène de déprédation « requin par requin ». S’il s’avère que la déprédation n’est pas un phénomène négligeable, la réduction du temps de calage pour les lignes serait certainement un facteur d’atténuation de même qu’il est positivement corrélée avec la déprédation, quelle que soit sa nature (Gilman et al., 2007).

Si le lien direct entre nos résultats et les impacts de la pêche à la palangre reste à déterminer, la limitation de la durée d’immersion des lignes constitue indéniablement une recommandation précieuse pour les chercheurs de requins qui ciblent la capture non léthale de requins pour leurs études.

Remerciements

Cette étude a été financée dans le cadre de l’Initiative Corail pour le Pacifique (CRISP) soutenu financièrement par l’Agence Française de Développement.

References

 Alonso, D., Bartumeus, F. & Catalan, J. (2002). Mutual interference between predators can give rise to Turing spatial patterns. Ecology 83, 28-34.

Clarke, S. E., M. K. McAllister, E. J. Milner-Gulland, G. P. Kirkwood, C. G. J. Michielsens, D. J. Agnew, et al. 2006. Global estimates of shark catches using trade records from commercial markets. Ecol. Lett. 9:1115–1126.

Cliff, G. & Dudley, S. F. J. (1991). Sharks caught in the Protective Nets off Natal, South Africa. 4. The Bull Shark Carcharhinus leucas Valenciennes. South African Journal of Marine Sciences 10, 253-270.

Clua, E. & Séret, B. (2012). New Caledonia as a potential wintering ground for the white shark (Carcharodon carcharias). In : Domeier M. L. editor. Global Perspectives on the Biology and Life History of the Great White Shark, CRC Press, Boca Raton, FL. 2012, p. 341-351.

Compagno, L. J. V. (1984). FAO species catalogue, volume 4. Sharks of the world. Part 2 – Carcharhiniformes. FAO Fisheries Synopsis 125, 1–655.

Doherty P. D., Alfaro-Shigueto J., Hodgson D. J., Mangel J . C., Witt M. J. and Godley B. J. (2014) Big catch, little sharks: Insight into Peruvian small-scale longline fisheries. Ecology and Evolution, doi: 10.1002/ece3.1104

Fergusson I. K., Compagno, L. J. V. & Marks, M. A. (2000). Predation by white sharks Carcharodon carcharias (Chondrichthyes: Lamnidae) upon chelonians, with records from the Mediterranean Sea and a first record of the ocean sunfish Mola mola (Osteichthyes: Molidae) as a stomach contents. Environmental Biology of Fishes 58, 447–453.

Gilman, E., Clarke, S., Brothers, N., Alfaro-Shigueto-J., Mandelman, J., Mangel, J., Petersen, S., Piovano, S., Thomson, N., Dalzell, P., Donoso, M., Goren, M., Werner, T. (2007) Shark Depredation and Unwanted Bycatch in Pelagic Longline Fisheries: Industry Practices and Attitudes, and Shark Avoidance Strategies. Western Pacific Regional Fishery Management Council, Honolulu, USA.

Gilman E., Clarke S., Brothers N., Alfaro-Shigueto J., Mandelman J, Mangel J., Petersen S., Piovano S., Thomson N., Dalzell P., Donoso M., Goren M., Werner T. (2008) Shark interactions in pelagic longline fisheries. Marine Policy 32 : 1–18

Hammerschlag, N., Luo, J., Irschick, D. J. & Ault, J. S. (2012). A Comparison of Spatial and Movement Patterns between Sympatric Predators: Bull Sharks (Carcharhinus leucas) and Atlantic Tarpon (Megalops atlanticus). PLoS ONE 7(9), e45958. doi:10.1371/journal.pone.0045958

Hernandez-Milian G., Goetz S., Varela-Dopico C., Rodriguez-Gutierrez J., Romo´n-Olea J., Fuertes-Gamundi J. R.,  Ulloa-Alonso E. et al. (2008) Results of a short study of interactions of cetaceans and longline fisheries in Atlantic waters: environmental correlates of catches and depredation évents. Hydrobiologia, 612:251–268. DOI 10.1007/s10750-008-9501-2

Kitchell, J. F., T. E. Esssington, C. Boggs, D. E. Schindler, and C. J. Walters. 2002. The role of sharks and longline fisheries in a pelagic ecosystem of the central Pacific. Ecosystems 5:202–216.

Lowry, D., de Castro, A. L. F., Mara, K., Whitenack, L. B., Delius, B., Burgess, G. H. & Motta, P. (2009). Determining shark size from forensic analysis of bite damage. Marine Biology 156, 2483–2492.

MacNeil M. A., Carlson J. K., and Beerkircher L. R. (2009) Shark depredation rates in pelagic longline fisheries: a case study from the Northwest Atlantic. ICES Journal of Marine Science Advance. doi:10.1093/icesjms/fsp022

Mourier, J., Planes, S. & Buray, N. (2012). Trophic interactions at the top of the coral reef food chain. Coral Reefs DOI 10.1007/s00338-012-0976-y

Snelson, F. F., Mulligan, T. J. & Williams, S. E. (1984). Food habits, occurrence, and population structure of the bull shark, Carcharhinus leucas, in florida coastal lagoons. Bulletin of Marie Science 34(1), 71-80.

Sun, G. Q., Zhang, G., Jin, Z. & Li, L. (2009). Predator cannibalism can give rise to regular spatial pattern in a predator–prey system. Nonlinear Dynamics 58, 75–84.

Vorenberg, M. M. (1962). Cannibalistic tendencies of lemon and bull sharks. Copeia 1962, 455–456. doi:10.2307/1440934

Werry JM, Lee SY, Otway N, Hu Y, Sumpton W. (2011). A multi-facted approach for quantifying the estuarine-nearshore lifecycle transition of the bull shark, Carcharhinus leucas. Marine and Freshwater Research 62,1421-1431.

Worm B., Davis B., Kettemer L., Ward-Paige C. A., Chapman D., Heithaus M. R., Kessel S. T., Gruber S. (2013) Global catches, exploitation rates, and rebuilding options for sharks. Marine Policy 40 : 194–204

"Shark eat shark" Eric Clua

Par défaut

Diffusion de l’étude d’Eric Clua avec son aimable autorisation

SHORT NOTE

"shark-that-eat-shark" on a single hook: insight into potential cannibalism

and implication in fisheries impacts

 

Clua1*, Galves2 J. B. and J. Werry3

1 French ministry of Agriculture and Fisheries, 51 Rue de Vaugirard, 75015 Paris cedex, France

2AXXX La Reunion Island

3Ocean and Coast Research, Main Beach, Gold Coast, Queensland, Australia 4217

*Corresponding author: eric.clua@gmail.com; Fax : +689 566068

Abstract

The phenomenon of cumulative depredation of hooked sharks by other sharks may be under-reported and therefore under-estimated. It suggests that intra-and interspecific cannibalism might also include large adult animals and contribute to enhance the detremental effects on marine ecossytems of the depletion of shark populations. More insights in these particular intra-guild predations should be conducted and shark researchers should pay a special care to the soak time of their lines when they target harmless capture of sharks, in particular in areas with high densities of top predators.

Key-words : top predators, inter and intra-specific depredation, food chain

Introduction

The influence of adult predator cannibalism on population dynamics has been generally overlooked despite its potential ecological reality and intrinsic theoretical interest (Sun et al. 2009). Such phenomenon was already reported for large species of sharks feeding either on smaller species or smaller conspecifics such as the white shark, Carcharodon carcharias, on other lamnoids (Fergusson et al. 2000) or tiger sharks that are also well known for intra-specific predation (Compagno 1984). A case of a great hammerhead, Sphyrna mokarran, feeding on a grey reef shark Carcharhinus amblyrhynchos was recently reported (Mourier et al. 2012). Bull sharks are notorious for cannibalism (Vorenberg 1962) and their ability to consume large chondrichthyans, including many Carcharhinidae (Cliff and Dudley 1991). Snelson et al. (1984) documented the first evidence of a 162 cm TL bull shark Carcharhinus leucas having cannibalized a younger specimen (around 80 cm TL) of this same species. ­­However no evidence was so far reported about intra-specific cannibalism among this species involving large adult animals of the same size.

Shark populations around the world are under threat (Clarke et al. 2006, Worm et al. 2013). This partly results from a demand on products such as fins from the East-Asian markets that carried out the development of specific shark fisheries around the world that are still existing in spite of their unsustainability (Doherty et al. 2014). This is also due to the significant by-catch of sharks through longline fisheries that target fishes such as tunas and billfishes. Although almost certainly related to bycatch dynamics, depredation events are scarcer in longline fisheries than the catch of many species but do also play a role in depleting shark populations (Gilman et al. 2007). Depredation may manifest through different processes from those determining bycatch rates. Whereas bycatch occurs through the same fishing processes as the other components of the catch, depredation takes place when species that are not part of the catch encounter hooked fish and attack them, rather than swallowing hooked bait (McNeil et al. 2009). With expanding exploitation of sharks for fins and meat, improved understanding of processes that may drive depredation are critical for improving shark management measures to ensure that shark fishing mortality levels are sustainable (Gilman et al. 2008).

Here we report about two different case studies that involve similar processes occurring in different oceans and involving different species of sharks, based on successive intra-and interspecific predation on a single hook, including very large animals at the final stage. These findings allow us to draw some hypothesis regarding the under-estimation of depredation of sharks by sharks on hooks with consequences on their real voluntary or unvoluntary level of capture on hook and lines.

Material and methods

In both locations, the fishing lines were composed of hooks set on a wire attached to drumlines. In the Seychelles, the 2-day fishing session (May 1998) was conducted with one drumline set and baited with small pelagic fishes (barracuda and bonito) in the channel between d’Arros and Saint-Joseph islands (5°25’S; 53°18’E). In the remote northern-west barrier reef of New Caledonia over 100 kms from the mainland (19°38’S; 163°32’E), the 6-day fishing session (March 2010) was conducted with eight, five and two drumlines, baited with tuna heads and soaked for 36 hours (Petite Pass), 8 hours (Estree Pass) and 12 hours (close to Belep island) respectively.

Results

In the Seychelles, a 2 m TL tiger shark (Galeocerdo cuvier) was caught on the line during the first night and left into the water. Around 10 hours later (around 4 PM), a 4 m TL tiger shark was found caught on the same line, after ingesting its smaller conspecific, excepting the head (Fig. 1a). The same day, on that same reset line, a 1 m TL grey reef shark (Carcharhinus amblyrhynchos) was caught at around 8 PM and left on the line (Fig. 1b). After two hours, a 2 m TL bullshark (Carcharhinus leucas) got hooked after ingesting the grey reefer (Fig. 1c). The line remained in the water for the night and was retrieved on the next morning (at around 6 AM) and was holding the two heads of the sharks, the bullshark being consumed by a much larger shark, probably a tiger shark as suggested by the bite features (Fig. 1d).

@Eric Clua

@Eric Clua

In New Caledonia, four tiger sharks were captured on lines, acoustic tagged and then released in the Petite Pass during the first two days. On the third day in Estree Pass, within one hour, two adult male bull sharks (2.5 and 2.8 m TL) were also captured, tagged and released, such as two other bull sharks on the next morning. However, as one line was unpurposefully left for the night in the water, the head of an adult grey reef shark (Carcharhinus amblyrhynchos) (attached to the hook) was found inside the mouth of a much larger head of an adult bull shark on the next morning. The bull shark had ingested the grey shark caught on the hook, and in turn was then consumed by a large shark (Fig. 2). The width of the main bite behind its head was ~ 44 cm (Fig. 2a). Based on formula for assessing Total Length (TL) from bite width provided by Lowrie et al. (2009), only three shark species commonly encountered in coastal waters could inflict such a bite. This includes a white shark Carcharodon carcharias of ~ 2.6 m TL, bull shark of ~ 2.8 m TL or tiger shark Galeocerdo cuvier of ~ 3.1 m TL. The last two species are common in New Caledonia and the white shark can be found all year long, excepting around April-May (Clua and Séret 2012). However, extensive fishing efforts pre and post the event did not reveal tiger or white sharks in the area. We therefore consider that the most probable hypothesis relies on an intra-specific predation by C. leucas, which is consistent with the gape of one of the adult bull sharks captured on the other lines. In addition, Vorenberg (1962) yet commented that cannibalism in bull sharks could be induced by the presence of bait, which was the case during the fishing process, mainly after the grey reef shark got caught on the line.

@Eric Clua

Discussion

Both case studies allowed us to document a common phenomenon of double depredation of shark by shark on a single hook. The two fishing sessions took place in areas where shark were in high densities which is probably a facilitating factor. The fishing pressure is low in the Northern barrier reef of New Caledonia where sharks are not targeted by fishing (EC Pers. Obsv.) and the concerned spot in Seychelles had not been yet targeted in 1998 by longline shark fisheries which started to develop in this area by the 2000’s (JBG Pers. Obsv.). The New Caledonian event is the first documented intra-specific cannibalism between adult bull shark. The role of cannibalism in sharks within and among species needs further exploration when considering its role in ecosystems. In the central north Pacific Ocean, increasing the amount of theoretical cannibalism for sharks, thus removing them from the system, produced strong reactions throughout the food web that were not seen when actual diet data were used (Kitchell et al. 2002). Our finding suggests that intra-specific predation of adult top predators might be more frequent than expected. From a theoretical point of view, Sun et al. (2009) showed that predator cannibalism may have significant influence on the formation of spatial patterns in predator-prey systems and the understanding of the ‘Turing’ concept. Mutual interference between predators is one of the most convincing mechanisms for the spontaneous generation of patchiness through predator–prey trophic interaction in a homogeneous environment. It brings instability once the functional response does not depend only on prey density (Alonso et al. 2002). This capacity of some large species of reef top predator to cannibalize conspecifics of a similar size should then be better addressed in the field and in the context of better understanding the natural functioning of tropical reef ecosystems.

From a fisheries point of view, the cumulative shark depredation on hooked lines might represent a worsening factor in terms of discard and losses amongst voluntary (through shark fisheries) and unvoluntary (through shark by-catches) capture of sharks with the potential detrimental effects it may have on marine ecosystems (Kitchell et al. 2002). As far as we know, depredation of shark by shark was so far poorly documented in longline fisheries.  During a short study in Atlantic waters, Hernandez-Milian et al. (2008) found out that false killer whale Pseudorca crassidens was the main marine mammal predator removing catch from the longlines, although few instances were recorded and depredation by sharks was four times as frequent as that attributed to marine mammals.  There is potentially a gap to be filled in the future looking at better assessing this phenomenon of shark-by-shark depredation. If it happens to be non neglictible, the reduction of soaking time for the lines would definitely be a mitigation factor as it is positively correlated with depredation, whatever its nature  (Gilman et al., 2007).

If the direct link between our findings and longline fisheries impacts remains to be determined, the limitation of soak time definetely constitutes a valuable recommendation for shark researchers that target the harmless capture of shark for study purposes.

Acknowledgements

This study was funded in the framework of the Coral Reef Initiative for the Pacific (CRISP programme) financially supported by the Agence Française de Développement.

References

 Alonso, D., Bartumeus, F. & Catalan, J. (2002). Mutual interference between predators can give rise to Turing spatial patterns. Ecology 83, 28-34.

Clarke, S. E., M. K. McAllister, E. J. Milner-Gulland, G. P. Kirkwood, C. G. J. Michielsens, D. J. Agnew, et al. 2006. Global estimates of shark catches using trade records from commercial markets. Ecol. Lett. 9:1115–1126.

Cliff, G. & Dudley, S. F. J. (1991). Sharks caught in the Protective Nets off Natal, South Africa. 4. The Bull Shark Carcharhinus leucas Valenciennes. South African Journal of Marine Sciences 10, 253-270.

Clua, E. & Séret, B. (2012). New Caledonia as a potential wintering ground for the white shark (Carcharodon carcharias). In : Domeier M. L. editor. Global Perspectives on the Biology and Life History of the Great White Shark, CRC Press, Boca Raton, FL. 2012, p. 341-351.

Compagno, L. J. V. (1984). FAO species catalogue, volume 4. Sharks of the world. Part 2 – Carcharhiniformes. FAO Fisheries Synopsis 125, 1–655.

Doherty P. D., Alfaro-Shigueto J., Hodgson D. J., Mangel J . C., Witt M. J. and Godley B. J. (2014) Big catch, little sharks: Insight into Peruvian small-scale longline fisheries. Ecology and Evolution, doi: 10.1002/ece3.1104

Fergusson I. K., Compagno, L. J. V. & Marks, M. A. (2000). Predation by white sharks Carcharodon carcharias (Chondrichthyes: Lamnidae) upon chelonians, with records from the Mediterranean Sea and a first record of the ocean sunfish Mola mola (Osteichthyes: Molidae) as a stomach contents. Environmental Biology of Fishes 58, 447–453.

Gilman, E., Clarke, S., Brothers, N., Alfaro-Shigueto-J., Mandelman, J., Mangel, J., Petersen, S., Piovano, S., Thomson, N., Dalzell, P., Donoso, M., Goren, M., Werner, T. (2007) Shark Depredation and Unwanted Bycatch in Pelagic Longline Fisheries: Industry Practices and Attitudes, and Shark Avoidance Strategies. Western Pacific Regional Fishery Management Council, Honolulu, USA.

Gilman E., Clarke S., Brothers N., Alfaro-Shigueto J., Mandelman J, Mangel J., Petersen S., Piovano S., Thomson N., Dalzell P., Donoso M., Goren M., Werner T. (2008) Shark interactions in pelagic longline fisheries. Marine Policy 32 : 1–18

Hammerschlag, N., Luo, J., Irschick, D. J. & Ault, J. S. (2012). A Comparison of Spatial and Movement Patterns between Sympatric Predators: Bull Sharks (Carcharhinus leucas) and Atlantic Tarpon (Megalops atlanticus). PLoS ONE 7(9), e45958. doi:10.1371/journal.pone.0045958

Hernandez-Milian G., Goetz S., Varela-Dopico C., Rodriguez-Gutierrez J., Romo´n-Olea J., Fuertes-Gamundi J. R.,  Ulloa-Alonso E. et al. (2008) Results of a short study of interactions of cetaceans and longline fisheries in Atlantic waters: environmental correlates of catches and depredation évents. Hydrobiologia, 612:251–268. DOI 10.1007/s10750-008-9501-2

Kitchell, J. F., T. E. Esssington, C. Boggs, D. E. Schindler, and C. J. Walters. 2002. The role of sharks and longline fisheries in a pelagic ecosystem of the central Pacific. Ecosystems 5:202–216.

Lowry, D., de Castro, A. L. F., Mara, K., Whitenack, L. B., Delius, B., Burgess, G. H. & Motta, P. (2009). Determining shark size from forensic analysis of bite damage. Marine Biology 156, 2483–2492.

MacNeil M. A., Carlson J. K., and Beerkircher L. R. (2009) Shark depredation rates in pelagic longline fisheries: a case study from the Northwest Atlantic. ICES Journal of Marine Science Advance. doi:10.1093/icesjms/fsp022

Mourier, J., Planes, S. & Buray, N. (2012). Trophic interactions at the top of the coral reef food chain. Coral Reefs DOI 10.1007/s00338-012-0976-y

Snelson, F. F., Mulligan, T. J. & Williams, S. E. (1984). Food habits, occurrence, and population structure of the bull shark, Carcharhinus leucas, in florida coastal lagoons. Bulletin of Marie Science 34(1), 71-80.

Sun, G. Q., Zhang, G., Jin, Z. & Li, L. (2009). Predator cannibalism can give rise to regular spatial pattern in a predator–prey system. Nonlinear Dynamics 58, 75–84.

Vorenberg, M. M. (1962). Cannibalistic tendencies of lemon and bull sharks. Copeia 1962, 455–456. doi:10.2307/1440934

Werry JM, Lee SY, Otway N, Hu Y, Sumpton W. (2011). A multi-facted approach for quantifying the estuarine-nearshore lifecycle transition of the bull shark, Carcharhinus leucas. Marine and Freshwater Research 62,1421-1431.

Worm B., Davis B., Kettemer L., Ward-Paige C. A., Chapman D., Heithaus M. R., Kessel S. T., Gruber S. (2013) Global catches, exploitation rates, and rebuilding options for sharks. Marine Policy 40 : 194–204

Île de la Réunion : Ciguatera2/Valo requin

Par défaut

@Sauvegarde des requins

Communiqué 

Certaines personnes à La Réunion veulent "réguler " la population supposée de requins par l’incitation à la pêche ;

dans  cette logique ,qui ne repose sur aucun fondement scientifique,  il faudrait trouver des débouchés aux requins ; on a alors pensé à revoir l’arrêté interdisant la commercialisation des requins en raison du risque "ciguatera"

Un risque se définit par la conjonction d’un enjeu, ici le bilan humain après une intoxication d’origine ciguaterique  ,  et d’un alea : la survenue d’une intoxication

L’ enjeu

Un requin  de deux à trois cent kgs peut être consommé par des centaines de personnes et intoxiquer autant de personnes , avec des dizaines de décès possibles ; les animaux sont aussi touchés

Etude institut pasteur Madagascar période 1993/1996 :

Novembre 1993  ( requin bouledogue ) : 188 intoxications ; 60 morts parmi les personnes  hospitalisées  ( bilan global 98 morts selon autres sources tenant compte des décès sans hospitalisation ), 2 carchatoxines découvertes

Octobre 1995 : 65 intoxications  pas de décès ; un chien mort

Novembre 1995 (requin ballestrine , très proche bouledogue ) : 320 intoxications ; 4 morts  ; plusieurs chiens et chats morts, une nouvelle biotoxine découverte

Avril 1996  ( requin marteau ) :59 intoxication 3 morts

Mai 1996 ( requin tigre ) : 500 intoxication pas de décès humain ; un chien mort

 Derniers accidents recensés à Madagascar

Novembre 2013 : 150 intoxications, 15 morts

Février 2014 : 9 intoxications, 1 mort

L’alea

Cet accident est il possible à La Reunion?

La Reunion se trouve en zone d’endémie ciguaterique ( cf arrêté préfectoral)

L"IRD a montré une circulation des requins tigres ( espèce impliquée) entre la Reunion et Madagascar et une probable circulation des requins bouledogues entre ces iles ;(programme Charc)

L’IRD a montré une présence saisonnière plus marquée des requins qui conforterait la probabilité d’une circulation des requins bouledogues entre les iles ; ( programme Charc)

La levée de l’interdiction ouvrirait la porte à la commercialisation de requins pêchés ailleurs qu’à la Reunion (Madagascar; cf arrêté préfectoral)

L’etude ciguatera2 rebaptisée Valo requins

Elle prévoit la mise à mort de 90 requins de plus que les 24 déjà pechés dans le cadre de ciguatera 1

La population des requins tigres et bouledogues n’est pas connue

Il est établi que ces espèces de requins circulent hors de la réunion, et en particulier vers Madagascar

Le taux de circulation n’est pas connu

"La viscosité " de la population n’est pas connue

Dans ces conditions, le nombre de 24 + 90 requin tué est totalement arbitraire et ne peut être considéré comme représentatif de cette population .

Un risque majeur

Les éléments à disposition permettent de conclure à l’impossibilité de commercialisation des espèces concernées  ; leur consommation pouvant entraîner un accident majeur (centaines ‘intoxications faisant des dizaines de morts pour consommation d’un seul requin );

L’étude ciguatera n’est pas supportée par un protocole sérieux permettant d’apprécier plus justement ce risque

La transformation en aliments pour animaux ne peut être non plus  valablement considérée ( cf ci dessus)

Conclusion

L’étude ciguatera  ne peut repondre à la question du risque que représenterait la consommation de ces requins

Elle conduit à la mort inutile de 114 animaux , auxquelles s’ajoutent les prises accessoires ( espèces non ciblées )

Bonjour

Nous vous adressons une brève note de synthèse qui montre que l’étude Ciguatera2, devenue Valo requins , et d’un montant de 260 000 euros , ne repose sur rien de fiable ;
l’agence de sécurité alimentaire n’en a toujours pas validé le protocole, et pour cause , la commercialisation constituerait une prise de risque énorme que les autorités sanitaires ne peuvent assumer .

Le programme pourtant déjà financé a donc modifié ses objectifs pour viser à une commercialisation animale ;

la pêche a commencé dans la précipitation  , sans l’avis de la commission;
Avec des requins payés au pêcheur 4,  5 euros du Kg et des pécheurs défrayés 50 euros de l’heure s’ils ne pêchent pas de requins (ils sont par contre autorisés à pêcher pendant ce temps  pour leur compte tout en étant défrayés ) les croquettes pour chien risquent d’avoir le prix d’un produit de luxe ….qui représente pour nos amis à 4 pattes un risque mortel puisque les études de l’Institut Pasteur de Madagascar mentionnent la mort de chiens et chats lors des intoxications humaines .
Cette  toxicité pour les animaux est bien connue des polynésiens qui l’utilisent pour tester les poissons sur lesquels ils ont des doutes ;

Nous ajouterons l’effet désastreux en terme d’image pour  la Réunion ,  de ce projet d’utilisation : faire des croquettes pour chiens des requins après avoir été accusé d’utiliser des chiens pour pêcher le requin .

ARRETE N° 06 – 2412 /SG/DRCTCV Enregistré le 30 juin 2006

REGLEMENTANT LA COMMERCIALISATION DE CERTAINES ESPECES DE POISSONS MARINS TROPICAUX

LE PREFET DE LA REGIONET DU DEPARTEMENT DE LA REUNION Chevalier de la Légion d’Honneur

VU les Règlements 178-2002, 852-2004, 853-2004, 854-2004 et 882-2004, fixant notamment les règles sanitaires régissant la production et la mise sur le marché des produits de la pêche ;

VU la directive 97/78/CEE du conseil du 18 décembre 1997 fixant les principes relatifs à l’organisation des contrôles vétérinaires pour les produits en provenance des pays tiers introduits dans la communauté ;

VU le code de la consommation et notamment son Art. L 212.1 ;

VU le code rural, et notamment ses articles R231-12 à 19 ;

VU l’arrêté ministériel du 16 mars 1982 (ministres de la consommation, de l’agriculture, de la mer), définissant les noms français officiels et dénominations admises des poissons marins ;

VU l’arrêté ministériel du 25 juillet 1986 (ministres de l’agriculture, de l’économie et des finances, secrétaire d’Etat à la mer), relatif à la réglementation des conditions d’importation en France des produits de la mer et eau douce destinés à la consommation humaine ;

VU l’arrêté préfectoral N° 2365 du 6 septembre 1999 interdisant la commercialisation de certaines espèces de poissons ;

…/…

VU l’arrêté préfectoral N° 1001 du 16 mai 2000 portant modification de l’arrêté préfectoral N° 2365 du 6 septembre 1999 ;

VU l’avis de la Direction Régionale des Affaires Maritimes en date du 31 mars 2006 ;

VU l’avis de l’Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines ( ARVAM) en date du 25 avril 2006 ;

VU l’avis du Comité Régional des Pêches Maritimes et Elevages marins de la Réunion en date du 2 mai 2006 ;

CONSIDERANT la situation de la Région REUNION dans la zone 0céan Indien où sévit le phénomène « ciguatera » de façon endémique ;

CONSIDERANT la nécessité de protéger au mieux la population réunionnaise contre ce risque, au vu de ses habitudes alimentaires et d’une affinité particulière pour ces types de poissons à risque Ciguatérique ;

CONSIDERANT les demandes présentées par des importateurs de pouvoir commercialiser des variétés de poissons issues de zones tropicales listées par les Arrêtés préfectoraux sus- visés hors zones de pêche listées par les Arrêtés préfectoraux sus-visés ( Océan indien), pour lesquels il est impossible d’exclure le risque ciguatéra pour les poissons pêchés en zone tropicales hors océan indien ;

CONSIDERANT qu’il y a lieu d’appliquer une réglementation sanitaire uniforme entre les poissons issus de la pêche locale et les poissons issus de la pêche en pays tiers ;

 Jean Bernard Galvès

Pour le collectif des associations environnementalistes (Requin Intégration, Tendua, Association de Sauvegarde d’Etang Salé les Bains, Sea Shepherd, Longitude 181, Aspas, fondation Brigiitte Bardot , Vague et Sauvegarde des Requins)

 

Les programmes mis en place à La Réunion face à la "crise requin" : décryptage

Communiqué Caprequins #5

Par défaut

Communiqué du 23 mai 2014

Concernant le dispositif des "smart drumlines", le comité régional des pêches note qu’"après quatre mois d’activité du programme Cap Requins, le taux de survie global après capture atteint les 91,7 % (le taux de survie spécifique est réévalué à 50% pour les requins marteau halicorne et à 75% pour les carangues gros-tête)".

Depuis début avril 2014, 13 nouvelles captures ont été traitées. Elles ont concerné les spécimens suivants :

- 6 raies pastenague entre 90 cm et 1 m environ, capturées entre le 9 et le 15 avril, toutes relâchées vivantes et bien vives, dont deux après marquage "spaghetti" externe ;

- 3 grandes raies guitare femelles de 1,80 m à 2,45 m, capturée entre le 10 et le 29 avril, toutes relâchées vivantes et bien vives après marquage "spaghetti" externe ;

- 2 carangues gros-tête de 1,10m et 1,38 m, capturées le 29 avril et le 16 mai, dont une a été retrouvée morte et l’autre relâchée vivante et bien vive après marquage "spaghetti" externe ;

- un juvénile de requin tigre d’environ 0,80 m, retrouvé vivant le 30 avril à 7h00 et relâché vivant et bien vif ;

- un requin marteau halicorne mâle de 2,80 m, capturé le 13 mai à 1h50, puis relâché vivant et bien vif après marquage "spaghetti" externe. Voici la vidéo de ce marquage :

"S’agissant de la technique de la palangre de fond du programme WEST, le rythme des sorties s’est accéléré après la réparation de l’avarie moteur du navire Wayan. Jusqu’au 23 avril 2014 (date de la dernière fiche de marée transmise par le programme WEST au CRPMEM de La Réunion), un total de 21 sorties avait ainsi pu être réalisé, au cours desquelles 66 poissons ont été capturés, avec un taux global de survie après capture de 94 % (la mortalité est surtout due à la déprédation sur les captures par les requins)", poursuit le comité des pêches.

Il indique que les principales espèces capturées sont les carangues gros-tête (15 individus), les raies pastenague (14 individus), les requins tigre (14 individus, dont 11 juvéniles d’à peine ou de moins de 1 mètre, dont 6 ont été marqués "spaghetti" en externe) et les raies guitare (8 individus). Deux requins bouledogue ont également pu être capturés, dont un a fait l’objet d’une valorisation dans le cadre de la réévaluation du risque "ciguatera".

Jusqu’à cette même date, l’équipe de marquage de Squal’idées s’était associée à 7 sorties à la palangre de fond du programme WEST, au cours desquelles 1 requin bouledogue, 2 requins tigre adultes et une carangue gros-tête ont été marqués en acoustique. Par ailleurs, un requin pointe-blanche de récif ainsi qu’une raie guitare ont été marqués en externe.

Faible présence de requins marqués dans la zone d’étude

S’agissant des données des stations d’écoute acoustique immergées autour des "smart drumlines", le comité régional des pêches souligne que "la très faible fréquentation de la zone se confirme". Seuls des animaux n’ayant jusqu’à présent jamais été détectés ont effectué des passages rapides sur la zone. Deux requins tigre (dont le mâle marqué suite à sa capture sur une "smart drumline" le 7 mars) ont été détectés entre fin avril et début mai, très au large de la zone d’étude, sur une courte période et à des profondeurs de nage de 60 mètres (soit à plus de 500 mètres au large des "smart drumlines").

Par ailleurs, alors qu’aucun requin bouledogue n’avait été détecté dans la zone depuis le 19 mars (soit 50 jours sans aucune détection), une femelle bouledogue, marquée par Squal’idées dans ce programme, qui n’avait jamais été détectée auparavant, est passée dans la zone le 8 mai, au cours de la semaine pendant laquelle les dispositifs de pêche avait été justement relevés pour tester l’influence de leur absence sur le retour des animaux marqués… La femelle tigre détectée début mai a de nouveau été détectée plusieurs jours de rang, mais toujours à des périodes où les engins de pêche appâtés n’étaient pas en place.

Le comité scientifique indépendant, qui s’est de nouveau réuni pour examiner le second rapport intermédiaire du programme Cap Requins a relevé lui aussi la faible présence de requins marqués dans la zone d’étude au cours du mois de mars 2014, de manière plus marquée que sur les autres stations du littoral ouest (Trois Bassins notamment). L’apprentissage ("par facilitation") des requins bouledogue à éviter la zone côtière équipée de "smart drumlines" suite aux captures de congénères et d’individus d’autres espèces constitue selon ces experts une hypothèse de travail à approfondir sur les prochaines semaines. De la même manière, s’agissant du suivi de l’efficacité des dispositifs et de leur non-attractivité à longue distance, les premières tendances doivent être confirmées sur un nombre plus représentatif d’observations.

Appel à la plus grande vigilance

En accord avec les financeurs de Cap Requins, le CRPMEM prépare désormais la phase de déploiement des "smart drumlines" dans les zones d’activités nautiques conformément aux étapes définies dans ce programme. Cette phase de déploiement en zone corallienne fait actuellement l’objet d’études préliminaires sur cartes. Elle va se poursuivre ces deux prochaines semaines, sous l’égide de la mairie de Saint Paul, par une concertation avec les autres usagers de la mer avant le dépôt par le CRPMEM des demandes d’autorisations administratives au titre du domaine public maritime (DPM).

Le CRPMEM et ses partenaires – Squal’idées, Prévention Requin Réunion, Kwazulu Natal Sharks Board et la Ligue réunionnaise de surf – invitent enfin les usagers de la mer à la plus grande vigilance en ce début d’hiver austral où, par expérience, la fréquentation de la bande côtière par des requins potentiellement dangereux pour l’homme augmente significativement, telle que les dernières détections le confirment.

Source : Orange

Le grand requin blanc n’est pas en danger d’extinction dans le Nord-Est Pacifique (étude)

Par défaut

Le grand requin blanc n’est pas en danger d’extinction dans le nord-est du Pacifique et voit même sa population augmenter dans cette zone, selon une nouvelle recherche internationale publiée lundi qui dément un rapport alarmiste paru précédemment.

Cette étude, qui estime la population de ces requins à plus de 2.000 dans cette région, souligne que les mesures de protection mises en oeuvre sont efficaces pour préserver le plus grand poisson carnivore au monde.

Ces conclusions, qui paraissent dans la revue scientifique américaine PLOS ONE, confortent une recherche précédente menée par le National Marine Fisheries Service (NMFS) faisant état d’une population d’environ 3.000 requins blancs dans cette zone.

"Nous avons déterminé qu’il y a un nombre suffisant de ces requins et que de ce fait le risque d’extinction est très faible", explique Heidi Dewar, une biologiste marine du NMFS en commentant cette étude menée par George Burgess, directeur du programme de recherche de Floride sur les requins.

"En fait, la plupart de nos observations suggèrent que la population de ces requins augmente", ajoute Heidi Dewar.

L’équipe scientifique internationale a analysé à nouveau une recherche effectuée il y a trois ans qui indiquait que le nombre de requins blancs dans le nord-est du Pacifique n’était que de 219, selon un décompte effectué sur deux sites.

Cette étude avait déclenché des pétitions pour placer le requin blanc sur la liste des animaux en danger d’extinction.

George Burgess et ses collègues ont ainsi réuni une équipe de dix experts couvrant tous les aspects de la biologie de ces requins, comme leur démographie, la dynamique de leur population, leur histoire, leurs mouvements, les mesures de conservation et les modèles informatiques existants.

Ces chercheurs ont étudié les requins blancs de la Floride à la Californie, de l’Alaska à Hawaii et autour du globe.

Les requins blancs sont particulièrement difficiles à décompter car ils sont très mobiles et se regroupent par âge, sexe et taille.

A la différence des mammifères marins, ils ne remontent pas à la surface pour respirer, expliquent les auteurs.

AFP, Juin 2014 

Proposition d’une protection internationale pour les requins, les raies, poissons-scies, les ours polaires et les lions

Par défaut

Communiqué de presse : Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage/Secrétariat assuré par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Le sort de quelques espèces emblématiques est en jeu tandis que débute le compte à rebours d’une conférence essentielle pour la conservation de la vie sauvage

Bonn, Allemagne, 11 juin 2014 – Quelques espèces animales parmi les plus menacées au monde, dont beaucoup sont migratrices, doivent affronter des menaces sans précédent allant du changement
climatique à la destruction des habitats, en passant par la surexploitation et la pollution. Cela a entraîné un certain nombre de demandes de nouvelles inscriptions sur les Annexes, qui seront examinées lors de la COP 11 de la CMS, qui constitue une conférence internationale majeure sur la vie sauvage et qui se tiendra du 4 au 9 novembre 2014 à Quito, en Équateur.

La Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage (également connue sous l’appellation CMS ou « Convention de Bonn »), administrée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, constitue la seule convention internationale à protéger les espèces qui se déplacent à travers les frontières internationales. Tous les trois ans, elle organise une réunion internationale de tous ses membres (la Conférence des Partie (COP)) afin de convenir de mesures de conservation coordonnées au niveau mondial en faveur des espèces migratrices et de décider quelles espèces doivent être protégées par ses deux Annexes. La date limite pour proposer une inscription
lors de la COP11 de la CMS était le 6 juin et 32 espèces au total ont fait l’objet d’une proposition d’inscription à l’Annexe I, qui requiert une protection stricte, et à l’Annexe II, qui requiert une gestion coordonnée par les pays dans lesquels l’espèce migre.

Parmi les propositions d’inscription reçues l’on trouve un grand nombre d’espèces de requin et de raie, dont deux types de requin marteau, lerequin soyeux, trois espèces de requin renard, la raie manta du prince Alfred, ainsi que neuf espèces de raie Mobula. Par ailleurs, cinq espèces de poissons-scies, dont certaines sont en danger critique d’extinction, ont été proposées.

« Un des messages clairs envoyé par ces propositions d’inscription est que les Parties de la CMS considèrent la situation désespérée des requins tellement grave qu’elles ont proposé plus de vingt espèces de requin et de raie. Cela peut également être vu comme un vote de confiance en la CMS en
tant que plateforme pour faire avancer la conservation internationale des requins, mais également pour de nombreuses autres espèces migratrices d’animaux sauvages menacées d’extinction », a déclaré Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la CMS.

Parmi les autres espèces mises en avant par les Parties de la CMS et qui seront examinées lors de la COP 11 l’on peut citer l’ours polaire, fortement menacé par le changement climatique, le lion d’Afrique, dont la population a chuté de 30 pour cent au cours des vingt dernières années à cause de
la perte de ses habitats et autres menaces humaines, ainsi que l’anguille d’Europe, menacée par la surpêche et les barrages.

D’autres sujets seront abordés lors de la COP11 de la CMS à Quito cette année, dont la chasse illégale des éléphants, au bord de l’extinction tandis qu’une centaine d’animaux sont victimes du braconnage chaque jour. Ce sujet sera également bien placé à l’ordre du jour de la toute première
Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA), qui se tiendra à la fin du mois, et a également fait l’objet de plusieurs récents sommets importants entre chefs d’État. D’autres thèmes affectant les espèces migratrices seront débattus lors de la COP11 de la CMS, en novembre, dont le changement climatique, les débris marins, les effets des installations pour les énergies renouvelables et la capture illégale des oiseaux.

Le président du Comité permanent de la CMS, le Professeur Alfred Oteng-Yeboah, du Ghana, a commenté : « La COP de la CMS se tient en plein milieu d’une période chargée dans l’agenda environnemental international. La Convention sur la diversité biologique organise sa COP le mois d’avant en Corée et le Congrès mondial sur les parcs de l’UICN se tient à Sydney peu de temps après. Ce sera la première fois en 35 ans d’existence de la CMS que la COP se tient en Amérique. Nous nous attendons à ce que la conférence attire des décideurs majeurs issus de nombreux gouvernements, des organisations internationales et la société civile. »

Les espèces couvertes par la CMS sont extrêmement variées, allant de la baleine bleue à l’éléphant d’Afrique, en passant par les gazelles, les tortues de mer, les requins, ainsi que de nombreux oiseaux tels que les albatros, les rapaces, les oiseaux d’eau, les passereaux ou encore le monarque.

En signant la convention, les 120 Parties de la CMS reconnaissent que ces animaux, sous leurs formes innombrables, font partie de manière intrinsèque du système naturel de la Terre, qui doit être conservé pour le bien de l’humanité.

Les détails du programme de la prochaine Conférence des Parties de la CMS (COP) sont divulgués petit à petit. Le compte à rebours de la conférence, qui se tiendra sous le slogan « L’heure de l’action », a commencé avec la fin du délai le 6 juin dernier pour proposer l’inscription d’espèces.

La liste complète des espèces dont l’inscription dans les Annexes de la CMS sera décidée par les gouvernements lors de la COP11 de la CMS inclue 3 mammifères terrestres, 2 mammifères marins, 5 oiseaux et 22 poissons. Toutes les propositions soumises par les Parties de la CMS sont accessibles
sur le site web de la CMS : http://www.cms.int

Notes pour les rédacteurs
Principales propositions d’inscription en vue de la COP11 de la CMS :

-L’inscription du lion d’Afrique, dont la population a chuté de 30 pour cent au cours des vingt dernières années, a été proposée pour l’Annexe II. Il reste seulement 40.000 animaux sur 100.000 environ en 1900, présents dans seulement 25 pour cent de leur aire de répartition historique. Seule
une population isolée du Lion d’Asie, dont l’inscription à l’Annexe I a été proposée, existe encore en Inde (État de Gujarat) et compte environ 175 animaux adultes.

-L’ours polaire, un superprédateur qui passe la majeure partie de l’année à chasser dans la mer et sur la glace, peut parcourir jusqu’à 1.000 kilomètres. Maintenant que son inscription à l’Annexe II a été proposée, une perspective mondiale, y compris une meilleure compréhension des impacts du changement climatique sur les ours polaires, pourrait être ajoutée aux mesures de conservation sur lesquelles les pays de la région travaillent depuis des décennies.

-L’inscription de deux espèces de requin-marteau (le grand et le halicorne) a été proposée pour l’Annexe II. Caractérisés par leur tête à la forme particulière dont leur nom est tiré, les requins marteaux ont subi un déclin drastique ces dernières années, jusqu’à 99 % pour certaines populations.
Parmi les autres espèces de requin dont l’inscription dans l’Annexe II a été proposée l’on peut citer le requin soyeux et trois espèces de requin renard.

-L’inscription de la raie manta du prince Alfred, ainsi que de neuf espèces de raie Mobula ou de mourine, a été proposée pour les deux Annexes. Dans plusieurs régions, les populations de raie manta du prince Alfred ont chuté de près de 80 pour cent sur trois générations, soit environ 75 ans.
Les principales menaces sont les pêches ciblées et accidentelles. Les produits issus de la raie manta ont une forte valeur sur les marchés internationaux.

-L’inscription de cinq espèces de poissons-scies, sont certaines sont en danger critique d’extinction, a été proposée pour les Annexes I et II. Les propositions d’inscription ont coïncidé avec le lancement d’une stratégie internationale pour la conservation des poissons-scies par le Groupe
spécialiste des requins de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), lors de la Conférence internationale sur les requins qui s’est tenue à Durban, en Afrique du Sud, la semaine dernière. Cette proposition amène à un total de 21 le nombre de requins et de raies dont l’inscription a été proposée.

-L’anguille d’Europe, dont les schémas de migration uniques la font voyager des rivières européennes à la mer des Sargasses, au milieu de l’océan Atlantique nord, est menacée par la surpêche et les barrages, qui constituent des obstacles à la migration. Elle fait déjà l’objet de mesures de protection dans le cadre de la réglementation de l’Union européenne.

-L’inscription de la grande outarde, l’un des plus grands oiseaux capables de voler au monde, a été proposée pour l’Annexe I. Elle est déjà répertoriée dans les deux Annexes. La proposition d’inscrire la population mondiale dans l’Annexe I supprime la restriction géographique actuelle à la population d’Europe centrale.

CMS – La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) est un traité environnemental, conclu sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui fournit une plateforme internationale pour la conservation et l’utilisation durables des espèces migratrice et de leurs habitats. La CMS réunit les États que les animaux migrateurs traversent afin qu’ils conviennent de mesures de conservation coordonnées au niveau international en faveur d’une grande variété d’animaux migrateurs en danger d’extinction. La CMS est une convention en pleine croissance, avec une importance spéciale du fait de son expertise en matière d’espèces migratrices. Elle compte aujourd’hui 120 Parties. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site web de la CMS : http://www.cms.int

COP – La Conférence des Parties est le principal organe de décision de la Convention et est organisée tous les trois ans afin d’adopter le budget, le Plan stratégique et les décisions d’orientation, dont les amendements aux deux Annexes de la Convention. La COP11 se tiendra à Quito sur invitation du gouvernement équatorien, en novembre, et ce sera la première fois que les Parties se réunissent en Amérique. Les détails du programme de la COP11 seront postés sur le site web de la CMS au fur et à mesure de leur divulgation.

Le Professeur Alfred Oteng-Yeboah, du département de Botanique de l’Université du Ghana, est le président actuel du Comité permanent de la CMS ; son mandat se termine à la fin de la COP11. Il est également conseiller scientifique nommé par la COP pour la faune africaine et est membre du Bureau de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée.

Stratégie internationale de l’UICN pour les poissons-scies – Le Groupe spécialiste des requins (SSG = Shark Specialist Group) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié une stratégie internationale afin d’empêcher l’extinction des poissons-scies et de promouvoir leur rétablissement, après qu’ils ont été dévastés par la surpêche et la perte des habitats.

 

 

La FAO apporte un nouvel éclairage sur les requins d’eau profonde

Par défaut

Communiqué FAO

Une série de guides aidera les pêcheurs à améliorer leurs déclarations de prises accessoires

Photo: ©Citron / CC-BY-SA-3.0 Wikimedia commons

L’océan Indien abrite environ 36 % des espèces cartilagineuses vivant en eau profonde, comme le requin-lézard, photographié ici près de la surface

L’océan Indien abrite environ 36 % des espèces cartilagineuses vivant en eau profonde, comme le requin-lézard, photographié ici près de la surface

28 mai 2014, Rome – Une nouvelle série de guides conçue par la FAO pour améliorer les déclarations de captures et la pérennité des pêches en eau profonde devrait faciliter la tâche aux pêcheurs pour identifier les requins.

N’étant généralement pas la cible des pêcheurs, les requins et certains groupes d’éponges et de coraux d’eau froide peuvent néanmoins être affectés par les navires pratiquant la pêche au chalut de fond à des profondeurs allant de 200 à 2 000 mètres.

Dans la plupart des cas, le taux de survie de ces espèces accessoires, une fois rejetées en mer, est faible.

Les pays qui fournissent des informations détaillées sur les prises accessoires en eau profonde sont rares, par conséquent, il est difficile de comprendre les effets que ces pêches ont sur les écosystèmes marins vulnérables.

"Les profondeurs de l’océan regorgent d’espèces étranges et merveilleuses qui jouent un rôle important dans les écosystèmes d’eaux profondes", explique Johanne Fischer du Programme FishFinder de la FAO. "Mais les scientifiques comme les pêcheurs peuvent avoir du mal à les identifier car ils disposent d’outils limités, et lorsqu’ils déclarent leurs prises, ils ont tendance à regrouper les espèces dans la catégorie requins des profondeurs'".

En général, les déclarations de captures des poissons cartilagineux – requins, raies, mantes et chimères dont le squelette est composé de cartilage – sont minimes par rapport à celles des poissons osseux.

A l’échelle mondiale, et sur l’ensemble des types de pêches, seulement 36 pour cent des prises de poissons cartilagineux ont été identifiées au niveau des espèces ou genres en 2011, contre plus de 75 pour cent pour les poissons osseux.

"Il nous faut mieux comprendre ce qui se passe, en particulier pour les grands fonds", a indiqué l’Analyste des pêches de la FAO, Jessica Sanders. "Les nouveaux guides de la FAO aideront les pêcheurs à fournir des informations plus précises sur les prises. Ainsi, les pays pourront mettre en œuvre les Directives internationales de la FAO sur la gestion de la pêche profonde en haute mer, qui énoncent des recommandations en vue de la conservation et de la gestion des écosystèmes vulnérables".

La FAO soutient la mise en application des pratiques durables de gestion des pêches présentées dans les Directives dans le cadre d’un programme détaillé sur la pêche profonde qui prévoit d’améliorer les déclarations de captures grâce à des manuels d’identification et des programmes de formation.

Le plus vaste habitat de la planète

Les grands fonds sont le plus vaste habitat de la planète, couvrant 53 pour cent de la superficie des océans. Au cours des dernières décennies, leurs ressources ont été de plus en plus exploitées par la pêche.

Loin des côtes, la gestion durable des pêches profondes est complexe. La pêche en eau profonde dans des zones situées au-delà de la juridiction nationale (ZADJN) échappe au contrôle des pays individuels et a souvent lieu dans les sites submergés des océans comme les monts sous-marins.

Ces écosystèmes sont souvent sensibles du fait de la lenteur de la croissance et du rythme de reproduction de nombreuses espèces, qui les rendent particulièrement vulnérables à la surpêche.

"Plus que dans toute autre zone marine, garantir la conservation à long terme et l’exploitation durable des ressources vivantes des grands fonds dépend de la volonté des pays, et des pêcheurs eux-mêmes, d’adopter des stratégies de gestion durables et responsables", a expliqué Jeremy Turner, Coordonnateur FAO de Common Oceans, le programme des zones ZADJN administré conjointement par la FAO et le Fonds pour l’environnement mondial.

La série démarre avec l’océan Indien

Le premier guide de la série sur les espèces vulnérables d’eaux profondes porte sur l’océan Indien, une des régions les plus variées et les moins connues pour ce qui est des poissons cartilagineux abyssaux.

Au total, l’océan Indien abrite environ 36 pour cent des espèces cartilagineuses mondiales: 117 espèces de requins, 61 espèces de mantes et raies et 17 espèces de chimères, également appelées requins fantômes.

Parmi celles-ci figurent notamment le squalelet féroce d’un demi-mètre de long (connu pour sa technique consistant à entailler des rondelles de chair sur les grands animaux marins) ainsi que le requin babosse, le requin à longue dorsale (ou faux requin-chat) et la pastenague d’eau profonde, qui peuvent tous atteindre trois mètres de long.

Le guide a une couverture plastifiée pour pouvoir être utilisé en mer. Il comprend des illustrations en couleurs des requins les plus difficiles à identifier ou les plus couramment capturés, ainsi que des représentations d’autres espèces souvent confondues.

Elaboré par le Programme FAO de pêche en eaux profondes en étroite collaboration avec FishFinder, avec le concours financier de la Norvège et du Japon, le guide est accompagné d’un catalogue des espèces comprenant toutes les informations scientifiques.

La série comprendra par la suite les éponges et les coraux et couvrira toutes les zones de pêche profonde les plus importantes de la planète.

La FAO et les requins

La FAO travaille depuis longtemps à une meilleure gestion et conservation des requins. Un Plan international d’action adopté à cet effet en 1999 stipule que les pays pratiquant la pêche au requin élaborent des programmes nationaux pour leur conservation et leur gestion.

A ce jour, 18 des 26 premières nations pratiquant la pêche au requin disposent d’un plan national sur les requins, qui est en cours de mise au point dans 5 autres pays.

Source FAO Mai 2014

Requins :captures mondiales 2012