« Opacité chronique », ép.2 : CapRequin : mais que cachent la préfecture et le comité des pêches ?

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« Nan ! Je l’dirai pas, na ! ». Voilà en gros la réponse du secrétaire du comité des pêches (CRPMEM) – soutenu par la préfecture – au juge du tribunal administratif éberlué qui lui demandait les noms des heureux élus du marché public de CapRequin 2.

Saisi récemment par un pêcheur professionnel indépendant, le tribunal administratif n’a pu obtenir de leur part qu’un refus obstiné. Certains privilégiés dudit comité sont visiblement très protégés….Mais pourquoi donc ? Et qu’ont donc à cacher la préfecture et le comité des pêches dans cette sombre histoire ?

Car ne croyez pas qu’il s’agisse là d’une exception. Non : l’opacité est désormais la règle dans le dossier « requins », financé par le contribuable, et devenu éminemment rentable pour le comité des pêches et pour ses protégés.

De notre côté, nous avons tenté à plusieurs reprises d’obtenir les conventions liant le comité des pêches et certains pêcheurs privés. La préfecture nous a toujours opposé une fin de non recevoir, prétextant que ces documents ne seraient pas communicables au public (réponse du préfet en date du 13/03/14). Ce qui est parfaitement faux.

Nous avons du par conséquent saisir la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) à Paris, laquelle rendait officiellement l’avis suivant (n° 20140704) le 27/03/14 :

« S’agissant des conventions qui seraient signées entre le CRPMEM et des personnes privées, la commission rappelle, ainsi qu’elle l’a fait dans un précédent avis (n° 20102171 du 3 juin 2010), que le CRPMEM, comme les autres comités qui constituent l’organisation interprofessionnelle des pêches maritimes et des élevages marins, est un organisme privé chargé de missions de service public.

Elle estime, par suite, que si elles se rattachent aux missions de service public dont il a la charge, ou si elles constituent des contrats administratifs, les conventions sont, une fois signées, des documents administratifs (…) » librement communicables au public.

« La commission émet donc, sur ce point, un avis favorable, et rappelle qu’il appartient au préfet de la Réunion, en application du quatrième alinéa de l’article 2 de la loi du 17 juillet 1978, de transmettre la demande de communication, accompagnée du présent avis, à l’autorité administrative susceptible de les détenir et d’en aviser le demandeur ».

La préfecture et le comité des pêches ont donc obligation de libérer l’accès à ces documents. Pourtant ils n’ont jamais obtempéré aux injonctions de la CADA, que nous avons du saisir à nouveau le 15/06/15.

Dans ce très sensible dossier « requins », la quantité d’argent en jeu – celui du contribuable – et les ambitions de carrière de certains fonctionnaires (le futur observatoire des requins) sont devenus trop importants : on ne peut décemment pas laisser le public se mêler de tout ça…..

Certes, mais la préfecture et le comité des pêches seraient-ils au dessus des lois ?

Didier DERAND (Fondation Brigitte BARDOT, Association VAGUES)

pressepresse 2

Episode 1 :

Île de la Réunion : opacité chronique de l’Etat en matière d’info requins

‪Shark Weeks : #‎TagTonRequin‬

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shark weeks

L’association Sauvegarde des Requins soutient l’aquarium SeaLife pour ces 3 semaines consacrées à la sensibilisation des enfants et adultes à la protection des océans et des requins.

SeaLife souhaite pérenniser leur démarche d’information et de sensibilisation à la sauvegarde des requins, C’est dans ce cadre que notre association collabore avec cet aquarium.

Différentes activités sont proposées, des livrets de sensibilisation pour petits et grands sont à disposition.

Retrouvez l’exposition photos de notre association et assistez aux 2 conférences proposées :

Conférences sur la sauvegarde des requins :

-« Quelles menaces pèsent sur les requins? » avec Sauvegarde des Requins

– « Ile de La Réunion, du drame à l’arzent requin » avec Longitude 181

Retrouvez l’ensemble du programme sur SeaLife

@sealife Sauvegarde des requins

Île de la Réunion : opacité chronique de l’Etat en matière d’info requins

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Allo, y’a quelqu’un?

L’Etat avait indiqué que la transparence serait de mise dans cette « crise » requin, or depuis le début, les informations sont données au compte-gouttes et filtrées. Pour rappel, le programme CapRequins aussi financé par l’argent public reste tout aussi opaque : factures? prises accessoires?… Autres exemples : les courriers du collectif d’associations restent sans réponse. Ci-dessous, les derniers courriers envoyés, toujours en attente de réponse :

Courrier début juin

Monsieur le Préfet

Je viens vers vous à propos de la représentation des associations de notre collectif dans les différentes instances et en particulier au CO4R. Depuis les premières réunions du C04R, nous ne disposons que d’une seule place de représentation pour la dizaine  d’associations environnementales parties prenantes de notre collectif, dont certaines sont d’envergure internationale. Régulièrement, alors que nous demandons la possibilité de venir avec un autre représentant, il nous est est ergoté tandis que les associations défendant les thèses opposées et prônant la pêche au requin sont représentées  chacune par au moins un représentant, ou des sympathisants qui adaptent leur casquette aux circonstances.

Nous avons clairement le sentiment d’etre délibérément marginalisés, et que cette obstruction tient au parti pris de certains rouages importants de l’Etat pour les thèses opposées aux nôtres, thèses qui sont de plus rejetées par la majorité des Réunionnais et qui n’ont, pour la plupart, pas le soutien de la communauté scientifique.  Du fait des menaces qui pesaient sur nos représentants, nous nous sommes un temps accommodés de cette situation qui ne peut plus durer .  Nous entendons désormais que les associations de notre collectif  trouvent leur juste place dans ce débat.  Nous demandons donc à Monsieur le Préfet que, dés le prochain CO4R, l’association Sea Shepherd soit directement représentée par M. Nikolaeff et la Fondation Bardot par Monsieur Derand

Veuillez agréer , Monsieur le préfet , l’assurance de notre respectueuse considération

Dr Jean Bernard Galvès, porte parole des associations Sea Shepherd, Fondation Brigitte Bardot, Aspas, longitude 181, Sauvegarde des requins, Vagues, Tendua , Requin  Integration

Courrier du 11 mai 2015

Monsieur le Préfet,

Vous le savez, dans le cadre du dossier requins, j’ai déjà saisi par trois fois – en octobre 2012, juillet 2013 et février 2014 – la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) pour des documents administratifs que vos services m’avaient refusés.

J’ai, à chaque fois, obtenu gain de cause (cf. ses deux avis en PJ 1 et 4).

Je reviens vers vous ce jour pour une nouvelle demande en espérant que vos services sauront faire preuve cette fois d’un minimum de transparence.

Le cas échéant je n’hésiterais pas à saisir à nouveau la CADA, à laquelle je prends soin toutefois de faire copie de la présente (à titre d’information).

Certains des documents demandés sont abordés dans le rapport du CO4R du 10/07/14 (PJ 6).

Je rappelle également que j’avais déjà demandé par courrier du 29/07/13 les informations relatives aux programmes CapRequin et ciguatera 2.

Vous m’aviez répondu à l’époque (PJ 2) qu’ils étaient en cours de finalisation et que vos services reviendraient vers moi dès qu’ils auraient été validés.

Dans votre 2ème réponse en date du 13/03/14 (PJ 3), vous m’affirmiez :

que le protocole du projet CapRequin n’existait pas au motif qu’il était encore expérimental et s’appuyait sur une étude de faisabilité d’une durée de six mois rédigée par le CRPMEM en sa qualité de maître d’œuvre de l’opération.

« que les conventions signées entre le CRPMEM et les prestataires privés qu’ils mandatent ne peuvent être communiquées par l’administration qui – au demeurant – n’en dispose pas ».

Au jour d’aujourd’hui le programme CapRequin est depuis longtemps entré dans sa phase active puisque son 1er volet est terminé, son volet intermédiaire « 1.2 » également, et que nous en sommes actuellement – depuis le 1er octobre 2014 – à CapRequin 2 (cf. PJ 6, page 4)…..

Par ailleurs deux semaines plus tard, dans son avis du 27/03/14 (PJ 4) la CADA :

vous signifiait son désaccord quant à votre refus de me communiquer les conventions signées entre le CRPMEM et les prestataires privés,

vous rappelait son précédent conseil du 3/06/10 en la matière (PJ 5),

vous enjoignait de transmettre ma demande, accompagnée de l’avis de la CADA, à l’autorité administrative susceptible de les détenir et de m’en aviser.

Ce qui n’a jamais été fait, bien entendu….

Etant donné que la CADA a déjà tranché en la matière, je vous demande donc cette fois-ci l’ensemble des conventions signées entre le CRPMEM et les prestataires privés qu’il a mandatés depuis le début de la crise requins en février 2011 et notamment dans le cadre des programmes Ciguatera, CapRequin et Valorequin (Thierry GAZZO, Christophe PERRY, association PRR, etc….. : liste non exhaustive).

La liste complète des informations et documents administratifs sollicités dans le cadre de la présente demande est décrite ci-dessous.

A suivre…

En Indonésie, la chasse aux requins est un business juteux

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Bien que certains squales soient protégés, les chasseurs indonésiens pratiquent une chasse intense. Les ailerons de requins valent en effet une fortune.

Reportage de France 2
http://api.dmcloud.net/player/embed/4e7343f894a6f677b10006b4/556cb08406361d5c6cc8c4b7/f95a10bda83c4f39ae1ebac0ed7a6af4?exported=1 » target= »_blank »>ARTICLESur l’île de Lombok, en Indonésie, la chasse aux requins est une activité intense. Et pour cause, le requin est une marchandise très prisée car très rentable. Un pêcheur touche 1 million de roupies par squale pêché, soit un peu moins de 100 euros. En Indonésie, c’est une somme très importante.

L’aileron, un produit de luxe exporté en Chine

Chaque année, 110 000 tonnes sont pêchées en Indonésie, premier pays chasseur de requins au monde. Suhadang, négociant, explique à France 2 : « La viande peut valoir 1,50 euro par kilo. La peau peut être utilisée une fois séchée. Son prix est de 10 euros par kilo. Les ailerons, c’est ce qui vaut le plus cher. » En effet, le kilo d’ailerons vaut 270 euros, plus que le salaire mensuel d’un policier.

Les ailerons sont presque tous exportés en Chine, où ils sont considérés comme un produit de luxe aux vertus thérapeutiques. À cause de cette croyance infondée, plusieurs espèces de requin sont menacées d’extinction.

L’Equateur saisit 200.000 ailerons de requin, 3 trafiquants arrêtés

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QUITO (AFP) – Le gouvernement équatorien a annoncé la saisie de quelque 200.000 ailerons de requin et l’arrestation de trois trafiquants à Manta (ouest), principal port de pêche du pays.

Le ministre de l’Intérieur Jose Serrano a annoncé la saisie sur Twitter, postant des photos de milliers de ces ailerons de couleur sombre, très prisés en Asie où ils sont utilisés dans la cuisine et dans la médecine traditionnelle.

Les autorités ont indiqué qu’au moins 300.000 requins avait été tués par les trafiquants, estimant qu’il s’agissait d’un des crimes les plus graves contre l’environnement dans le pays au cours des dernières années.

Les ailerons ont été saisis en plusieurs opérations dans la ville portuaire de Manta.

La loi équatorienne interdit la pêche au requin depuis 2007. La pêche aux ailerons, dite finning, est une pratique consistant à capturer des requins pour leur couper les ailerons avant de les rejeter mutilés à la mer où ils meurent.

© 2015 AFP

Après « l ‘arzent braguette », le comité des pêches invente « l’arzent rékin »

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Communiqué du Collectif des associations : Sauvegarde des Requins, Sea Shepherd, Aspas, Fondation Brigitte Bardot, Longitude 181, Tendua, Requin Intégration,Vagues

Sur une belle affiche papier, façon appel du 18 juin, le comité régional des pêches fait lancer à quelques uns de ses obligés un magnifique appel à mobilisation (JIR, 6/05/15).

Aux armes citoyens, la patrie réunionnaise est en danger ! Il faut partir en guerre contre ces  diaboliques requins qui viennent jusques à nos canots, dévorer nos prises, nos appâts…..

On passera sur les contorsions du discours.

En 2012, dans un article de la Dépêche (8/08/12), les pêcheurs nous expliquaient que les réunionnais ne mangeaient pas de requin. L’article nous offrait même cette perle (http://www.ladepeche.fr/article/2012/08/08/1415354-les-reunionnais-ne-veulent-pas-du-mangeur-d-hommes-dans-leur-assiette.html) :

« Président du Comité des pêches de la Réunion, Jean-René Enilorac a été le premier à plaider pour la levée de l’interdiction de la vente du requin bouledogue, en vigueur depuis 2009. (…) M. Enilorac reconnaît que la chair du bouledogue n' »attire pas beaucoup les consommateurs » et que l’animal ne « vaut pas la peine d’être pêché sans subvention », en raison d’un prix très bas à 1 ou 2 euros le kilo. Il entend malgré tout « l’éliminer parce qu’il bouffe tous nos poissons sur nos lignes ». « On verra après, si les réunionnais veulent en manger ou pas », ajoute-t-il. »

Et on nous explique maintenant que ces requins – dont personne ne voulait de toute façon et dont la pêche n’était pas rentable – se sont mis à pulluler lorsque leur consommation a été interdite. La logique même, mon cher Watson…..

Il faut dire qu’entre-temps la pêche du requin est devenue une activité très rentable….à grand renfort de subventions. Les heureux élus choisis par le comité des pêches ont bénéficié d’une rente de 50 euros de l’heure pour pêcher pour leur propre compte. Il leur suffisait de larguer une bouée avec un hameçon appâté  pendant qu’ils pêchaient par ailleurs, comme d’habitude. Et si un requin mordait à l’hameçon, ils touchaient en sus un jackpot de 900 euros.

Une autre perle, ce témoignage d’un « proche du comité des pêches » suite à la capture de 5 requins tigres dans la seule journée du 19 avril (JIR, 22/04/15) :

« La priorité, c’est censé être le bouledogue. Mais les gars préfèrent pêcher du tigre. Ils savent à peu près où ils sont. Ils en prennent un ou deux de 400 kilos et ils se mettent 1000 à 1500 euros dans la poche en une seule nuit. S’ils devaient prendre des bouledogues, ça leur prendrait des semaines pour récolter autant d’argent ». Elle est pas belle la vie ?!

Quant au représentant de l’Etat Nicolas Le Bianic, il « reconnaît à demi-mot que le dispositif de financement n’est pas adapté ». Sans rire….

Faut-il rappeler aussi qu’en décembre 2014, si le programme de pêche CapRequin s’est arrêté brutalement, c’est tout simplement faute…..de subventions ?

Les 600 000 euros supplémentaires que l’on s’apprête à dépenser pour CapRequin 2 seront distribués à des pêcheurs qui deviendront là encore les obligés du comité des pêches, chargé de distribuer « l’arzent rékin ».

Pour satisfaire les exclus mécontents, on vient de doubler le nombre de pêcheurs habilités.

Le Quotidien du 21/04/15 nous rapporte aussi une « incitation sonnante et trébuchante : le paiement d’un forfait carburant qui s’ajoute au paiement au kilo des éventuelles prises. Une avancée significative puisque la possibilité de rentrer bredouille, sans aucun revenu, freine les ardeurs des professionnels pour participer à la réduction du risque requin » (sic).

Et il se dit maintenant que les conditions ont encore été améliorées : c’est près de 2000 euros qui peuvent être attribués pour une seule journée de pêche. Sans compter évidemment les prises « accessoires » conservées par les pêcheurs.

N’en jetez plus, la cour des pêcheurs est pleine (d’euros) !

On ne s’étonnera pas si certains bénéficiaires de « l’arzent rékin » sont prêts à jurer que les eaux réunionnaises sont infestées de requins, et que le requin était la nourriture de base des réunionnais avant que sa commercialisation ne soit interdite en 1999. Allez, encore une petite rallonge et on en trouvera prêts à jurer mordicus qu’ils ont été élevés au lait de requin.

On ne s’étonnera pas non plus que les signataires de cet appel soient les obligés du comité des pêches, les mêmes qui bénéficient des 600 000 euros  de « l’arzent rékin ».

Quelques exemples parmi d’autres, dans ce tissu de propagande :

  • ils prétendent que les requins « prolifèrent aux abords des côtes du littoral ouest ».

Les pêcheurs inféodés aux programmes ciguatera et CapRequin ont été incapables d’atteindre le quota fixé de requins bouledogues, malgré les centaines de milliers d’euros dépensés.

Des bouledogues diaboliques qui, selon eux, pullulent et bouffent tout sur leur passage ….sauf les appâts officiels.

Alors, soit l’invasion n’existe que dans leur tête, soit il faut faire appel à un exorciste.

  • ils affirment : « Au milieu des années 90 (…) Il nous arrivait à tous de pêcher du requin, toutes espèces confondues, car leur chair commercialisable était appréciée des réunionnais ».

Tout le contraire de leurs déclarations de 2012. Pire : ils se contredisent eux-mêmes en reconnaissant dans leur appel : « Depuis toujours, les poissons pélagiques, thons espadons, marlins ainsi que les poisssons de fond, vivaneaux et autres mérous, sont nos cibles car ils correspondent aux attentes de notre clientèle ».  Bizarre, vous ne trouvez pas ?

  • ils prétendent encore : «  (…) nous n’avons aucun intérêt à faire de la pêche aux requins

notre métier, la valeur marchande des pélagiques et des poissons de fond que nous voulons pouvoir de nouveau capturer est sans comparaison ».

L’intérêt financier a été largement exposé. Pour le reste, on comparera avec cet extrait du Quotidien du 27/07/13 à propos du lancement de la 2ème campagne de pêche ciguatera :

« Pour les pêcheurs, cette campagne financée par l’Etat est suffisamment lucrative pour songer à abandonner toute autre activité. « ça rapporte plus que de chasser l’espadon ou le thon » indique l’un d’eux ».

De l’art d’affirmer une chose et son contraire avec le même aplomb.

Bizarre, bizarre. Comme c’est bizarre……

Au final, la fameuse « gestion » du risque requins par le comité régional des pêches est devenue une sombre histoire de fric.

Alors nous demandons au dit comité de produire publiquement :

– la liste nominative des pêcheurs qu’il a habilités pour cette croisade anti-requins, 

– les conditions financières très avantageuses qu’il offre à ses heureux élus,

– ainsi que le budget détaillé de CapRequin 2.

@Sauvegarde des Requins

Maurice : Pêche au requin: les braconniers pris en chasse

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Source : http://www.lexpress.mu

Pêche au requin: les braconniers pris en chasse

Avec un prix qui varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol (entre 10 et 60 euros), la soupe aux ailerons de requin reste un mets très prisé par les locaux comme les étrangers.

Avec un prix qui varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol (entre 10 et 60 euros), la soupe aux ailerons de requin reste un mets très prisé par les locaux comme les étrangers.

Nos eaux territoriales sont le théâtre d’un vrai carnage. En effet, des cadavres de requins sont souvent retrouvés flottant sur l’eau. Des braconniers les tuent pour leurs ailerons. Le ministère de la Pêche a décidé de met sur pied un plan pour contrer ces pratiques illégales.

Le gouvernement et certaines ONG ont fait le même constat : il y a de moins en moins de requins dans nos eaux territoriales. La faute incomberait à des bateaux de pêche étrangers mais aussi à des pêcheurs locaux. «Il y a quinze jours, j’ai effectué une plongée à Saint-Brandon et je n’aicroisé qu’un requin», confie Olivier Tyack, président de la Mauritius Marine Conservation Society.

«Des pêcheurs sri lankais viennent tuer nos requins car il n’y en a plus chez eux.» En 2013, deux bateaux sri lankais ont été perquisitionnés par le gouvernement mauricien. Ces bateaux pêchaient des requins pour leurs ailerons à Saint-Brandon. Ces pratiques sont inquiétantes, soutient Olivier Tyack. Selon lui, les colonies de requins à l’île Plate et à l’île aux Serpents ont disparu. Des traces de harpons et d’hameçons sont visibles sur les coraux dans ces régions, dit-il.

Baisse considérable du nombre de requins

Du côté du ministère de la Pêche, une source affirme que les officiers tombent souvent sur des cadavres de requins, dépourvus de leurs ailerons dorsaux et latéraux. Même s’il n’y a aucune donnée sur le nombre de requins présents dans nos eaux, les autorités constatent une baisse considérable durant ces cinq dernières années, en se basant sur les récits des plongeurs et des ONG.

Il ressort que certains bateaux de pêche étrangers opèrent non seulement à Saint-Brandon, mais aussi près des côtes mauriciennes. De plus, certains pêcheurs locaux n’hésitent pas à tuer un requin, s’ils en croisent un, pour ses ailerons.

Cette activité est illégale indique une source dans les milieux des gardes-pêches. Les contrevenants risquent une amende ne dépassant pas Rs 100 000 si les gardes-pêches trouvent un requin ou des parties d’un requin sur leur bateau.

«La soupe aux ailerons de requin est très prisée à Maurice»

C’est pour cette raison que des cadavres de requins se retrouvent à l’eau, car transporter un requin équivaut à s’exposer à des amendes. Il est plus facile de transporter les ailerons en les cachant sous des poissons.

«Le problème, c’est la demande. La soupe aux ailerons de requin est très prisée à Maurice», affirme Olivier Tyack. Il y a au moins trois restaurants du pays qui offrent de la soupe aux ailerons. Le prix varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol. Toutefois, ces restaurants assurent que les ailerons sont importés.

Pourtant, des pêcheurs de la capitale affirment que des ailerons sont découpés sur des requins dans nos eaux avant d’atterrir dans les assiettes à Maurice. Pour remédier à cette situation, Olivier Tyack estime que le gouvernement devrait interdire la vente de la soupe aux ailerons de requin. Une baisse de la demande à Maurice réduirait, selon lui, le braconnage par les pêcheurs locaux.

«Les requins sont amputés et jetés par-dessus bord»

Néanmoins, surveiller deux millions de km2 d’eau s’avère compliqué. Maurice ne possède pas les ressources nécessaires. C’est pour cela que le ministère travaille sur un dossier concernant le braconnage de requins. «La façon de faire des pêcheurs d’ailerons est mauvaise : les requins sont amputés et jetés par-dessus bord», explique une source du ministère de la Pêche.

Un expert ayant travaillé à la Food and Agriculture Organization se penche sur ce dossier. Une des options serait de récupérer les cadavres fraîchement jetés à la mer pour en extraire des produits dérivés tels que la protéine et le Carcharhinus toxine (une toxine utilisée en médecine).

En attendant la publication des recommandations de l’expert, le carnage continue.

Source : http://www.lexpress.mu

La pêche illégale de requins prend de l’ampleur

Un requin récif. Des pêcheurs locaux s’adonneraient à la pêche illégale car la soupe aux ailerons est un mets de choix dans de nombreux restaurants.

Un requin récif. Des pêcheurs locaux s’adonneraient à la pêche illégale car la soupe aux ailerons est un mets de choix dans de nombreux restaurants.

La population de requins à Maurice ne cesse de diminuer. Ce constat alarmant a été effectué par des plongeurs et des observateurs. Ils attribuent ce phénomène à la pêche illégale. Le ministère de la Pêche compte ouvrir une enquête.

La mer autour du Coin de Mire, le lagon de Trou-aux-Biches et Belle-Mare, entre autres, abritent des colonies composées de plusieurs centaines de requins : requins bouledogues, récifs, à pointe blanche et à pointe noire.

Or, depuis le début de l’année, des habitués de la mer affirment qu’ils n’aperçoivent presque plus de requins dans les lagons mauriciens. Les plongeurs professionnels et les gardes-côtes confirment que le nombre de squales diminue. Ils expliquent que la pêche au requin prend de l’ampleur. Or, en dehors de la saison de la pêche à la senne, cette activité est illégale

Des pêcheurs locaux s’y adonnent cependant, confie un plongeur qui a souhaité garder l’anonymat. Il explique qu’un requin rapporte beaucoup, la soupe aux ailerons étant notamment un mets de choix dans de nombreux restaurants.

Selon nos renseignements, ce serait dans l’Est de l’île que cette activité serait plus répandue. Les pêcheurs prennent la mer aux petites heures du matin ou à la tombée de la nuit et, pour noyer les soupçons et éviter dénonciations et poursuites, affirment qu’ils ont trouvé un requin déjà mort.

Les soupçons de la National Coast Guard se portent aussi sur des bateaux de pêche asiatiques. Un officier des gardes-côtes confie que souvent, certains de ces bateaux sont repérés près du lagon la nuit. Mais le temps que les gardes-côtes arrivent sur place, ils ont déjà pris le large.

L’absence d’un prédateur dans le lagon déséquilibre la chaîne alimentaire et les répercussions se feront sentir si cela persiste. Mis au parfum, le ministre de la Pêche Prem Koonjoo affirme qu’une enquête sera ouverte. «C’est illégal ce qui se passe dans nos lagons. Nous allons augmenter les patrouilles et demander l’aide de la National Coast Guard», souligne le ministre.