Entre 63 et 273 millions de requins sont tués chaque année

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Une nouvelle étude* indique qu’entre 63 et 273 millions de requins sont tués chaque année, avec une moyenne de 100 millions de requins/an.

« C’est de loin l’estimation la plus complète sur la mortalité des requins, parce que nous considérons toutes les sources de mortalité, de la pêche directe, l’ enlèvement des nageoires (finning), et les rejets. l’estimation a été obtenue en prenant en compte près de 100 publications sur les captures et la mortalité des requins. » Propos de Boris Worm, biologiste marin à l’Université Dalhousie à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et auteur principal de l’étude.

Cette étude démontre la pêche excessive des requins, une surexploitation réelle. « Cette étude montre qu’une quantité phénoménale de requins sont tués.Nous estimons qu’un requin sur 15  meurt chaque année de la pêche. »  « Sur le plan biologique, les requins ne peuvent tout simplement pas suivre le rythme actuel de l’exploitation et de la demande », a déclaré Boris Worm

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 Worm et al. 2013. Total mortality = total catch – those that survived being released. Numbers are in 1,000 tons. IUU= Illegal, Unreported and Unregulated   =    Worm et al. 2013. La mortalité totale = total des captures – ceux qui ont survécu après avoir été relâchés. Les chiffres sont en 1.000 tonnes. INN = illicite, non déclarée et non réglementée

Les auteurs constatent que malgré une sensibilisation accrue du public et des défenseurs de la nature, il n’y a pas de baisse significative depuis 2000.

Pour lutter contre ce problème, les auteurs font plusieurs recommandations. Ils réaffirment notamment que se concentrer sur l’enlèvement des nageoires seule ne suffit pas parce que le problème est la surpêche, et recommande plutôt de mettre l’accent sur les espèces les plus menacées par l’intermédiaire de la CITES, d’instituer des quotas de pêche stricts à vocation scientifique, et la protection des habitats critiques. Les auteurs notent que les mesures de protection ponctuelles peuvent protéger les requins au niveau local, mais ont peu d’effet sur ​​la demande mondiale. En outre, ils suggèrent un accord international semblable à la Commission baleinière internationale (the International Whaling Commission).

Dans le communiqué de presse de cette étude, le Dr Worm précise :  « Des mesures de protection doivent être revues à la hausse afin d’éviter un nouvel appauvrissement et la disparition possible de nombreuses espèces de requins. »

Le Dr Worm a de grands espoirs pour la CITES:

«[Notre papier] montre que le problème de la pêche au requin  n’a pas été résolu par la réglementation en vigueur, et que la majorité des espèces de requins sont menacées par la surpêche. La CITES est un outil efficace dans la prévention de l’extinction de certaines des espèces les plus vulnérables. sur la terre, la CITES a été efficace à 100% dans la prévention de l’extinction de milliers d’espèces inscrites. J’espère que cela peut être effectivement appliquées aux créatures océaniques ainsi. »

Source : http://www.southernfriedscience.com/?p=14486

*Boris Worm, Brendal Davis, Lisa Kettemer, Christine Ward-Paige, Demian Chapman, Michael Heithaus, Steven Kessel, and Samuel Gruber (2013) Global catches, exploitation rates, and rebuilding options for sharks. Marine Policy

Le rapport de l’étude (en anglais) : http://pdf.lu/bm45

En savoir plus sur la CITES :

16ème conférence des parties : Convention sur le commerce international des espèces menacées