Australie: la surpêche de requin menace les coraux

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Un requin à l’aquarium de Sydney, le 3 juillet 2010 (AFP/Archives, Greg Wood)

Sydney — Le requin joue un rôle clé dans la chaîne alimentaire des récifs coralliens et sa surpêche contribue à affaiblir un écosystème menacés par le réchauffement climatique et les événements météorologiques extrêmes, révèlent jeudi des scientifiques australiens.

Pendant dix ans, une équipe de biologistes marins dirigée par Mark Meekan, de l’Institut océanographique australien (AIMS) a étudié le rôle des requins dans les atolls de Rowley et les récifs de Scott, à 300 kilomètres de la côte nord-est de l’Australie.

« Lorsque le nombre des requins est réduit, nous voyons un changement fondamental dans la structure de la chaîne alimentaire sur les récifs », explique Mark Meekan.

« Nous observons une augmentation du nombre de prédateurs intermédiaires comme le vivaneau et une réduction du nombre d’herbivores comme le poisson-perroquet », dit-il.

Or ce dernier est très important car il se nourrit notamment d’une algue envahissante qui empêche le corail malade de récupérer.

L’étude a comparé l’impact des cyclones et du blanchiment du corail dans les réserves marines des Rowley, où la pêche est interdite, avec l’impact qu’ils ont sur les récifs de Scott où les pêcheurs indonésiens peuvent capturer le requin.

« Comme nous connaissons la plupart des causes du réchauffement climatique, on peut peut-être faire quelque chose » mais « ce n’est pas le cas avec le déclin des requins de récif », avertit le chercheur.

Même des sanctuaires limités pour les requins contribueraient à maintenir un équilibre fragile en permettant la survie d’espèces mangeuses d’algues.

L’étude a été publiée dans le journal PLOS ONE.

L’an dernier, une étude sur la santé du récif avait révélé que sur les 27 dernières années, la couverture corallienne avait été divisée par deux, imputant 42% des dégâts à une étoile de mer vorace.

En juillet, Canberra a rétrogradé le niveau de santé de la Grande Barrière de « modéré » à « médiocre ». Les cyclones et les inondations qui altèrent la qualité de l’eau de mer ont contribué à hauteur de 15% depuis 2009, à la dégradation des coraux.

L’Unesco a averti l’Australie que l’inscription de la Grande Barrière au patrimoine mondial de l’humanité pourrait être mise à mal si aucune action n’était entreprise.

AFP 19 sept 2013

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