De lointains cousins des requins ont survécu plus longtemps qu’on ne le croyait

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Une lignée de requins qu'on croyait disparue lors de l’extinction massive du Permien, il y a 250 millions d'années, vivait encore 120 millions d'années plus tard, à l'époque du Crétacé, si l'on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le sud de la France.(c) Afp

Une lignée de requins qu’on croyait disparue lors de l’extinction massive du Permien, il y a 250 millions d’années, vivait encore 120 millions d’années plus tard, à l’époque du Crétacé, si l’on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le sud de la France. (c) Afp

Paris (AFP) – Une lignée de requins qu’on croyait disparue lors de l’extinction massive du Permien, il y a 250 millions d’années, vivait encore 120 millions d’années plus tard, à l’époque du Crétacé, si l’on en croit de minuscules dents fossiles retrouvées dans le sud de la France.

C’est en cherchant des fossiles de requins modernes -lointains cousins, comme les raies, de ces requins aujourd’hui disparus- que des paléontologues du Muséum de Genève et de l’Université de Montpellier ont découvert six dents fossiles d’à peine 2 mm, dans un gisement fossilifère proche de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard).

L’équipe de Guillaume Guinot (Muséum de Genève) a établi que les caractéristiques de ces dents étaient propres aux Cladodontomorphes, une lignée de requins qu’on croyait entièrement disparue à la suite de la crise biologique survenue à la limite Permien-Trias.

Or les dents fossiles représentant trois espèces différentes de cette lignée de requins ont été trouvées dans des sédiments de roche datant du début du Crétacé (-130 millions d’années), lorsque l’océan recouvrait l’actuelle région de Montpellier.

Cette découverte, publiée mardi dans la revue Nature Communications, montre, selon les paléontologues, que les requins de Saint-Hippolyte-du-Fort ont survécu près de 120 millions d’années après la grande extinction du Permien, qui a décimé la vie océanique.

Les Cladodontomorphes étaient de mini-requins, qui ne dépassaient pas les 30 cm. « Ce n’était pas de grands prédateurs », a relevé Guillaume Guinot. Ils pouvaient en revanche présenter des « morphologies extravagantes », comme « une sorte de peigne dorsal » ou un « crochet au-dessus de la tête », à la place de la nageoire dorsale, selon les espèces.

Les fossiles ont été retrouvés dans des « sédiments qui se sont constitués dans une mer assez profonde », a raconté Guillaume Guinot à l’AFP. D’où l’hypothèse avancée par les paléontologues selon laquelle quelques espèces de Cladodontomorphes ont pu échapper à l’hécatombe en se réfugiant dans des eaux plus profondes.

La découverte montre « l’intérêt des milieux marins profonds dans la compréhension de la biodiversité », a souligné Guillaume Guinot.

Source : AFP, Octobre 2013

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