Maurice : Pêche au requin: les braconniers pris en chasse

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Source : http://www.lexpress.mu

Pêche au requin: les braconniers pris en chasse

Avec un prix qui varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol (entre 10 et 60 euros), la soupe aux ailerons de requin reste un mets très prisé par les locaux comme les étrangers.

Avec un prix qui varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol (entre 10 et 60 euros), la soupe aux ailerons de requin reste un mets très prisé par les locaux comme les étrangers.

Nos eaux territoriales sont le théâtre d’un vrai carnage. En effet, des cadavres de requins sont souvent retrouvés flottant sur l’eau. Des braconniers les tuent pour leurs ailerons. Le ministère de la Pêche a décidé de met sur pied un plan pour contrer ces pratiques illégales.

Le gouvernement et certaines ONG ont fait le même constat : il y a de moins en moins de requins dans nos eaux territoriales. La faute incomberait à des bateaux de pêche étrangers mais aussi à des pêcheurs locaux. «Il y a quinze jours, j’ai effectué une plongée à Saint-Brandon et je n’aicroisé qu’un requin», confie Olivier Tyack, président de la Mauritius Marine Conservation Society.

«Des pêcheurs sri lankais viennent tuer nos requins car il n’y en a plus chez eux.» En 2013, deux bateaux sri lankais ont été perquisitionnés par le gouvernement mauricien. Ces bateaux pêchaient des requins pour leurs ailerons à Saint-Brandon. Ces pratiques sont inquiétantes, soutient Olivier Tyack. Selon lui, les colonies de requins à l’île Plate et à l’île aux Serpents ont disparu. Des traces de harpons et d’hameçons sont visibles sur les coraux dans ces régions, dit-il.

Baisse considérable du nombre de requins

Du côté du ministère de la Pêche, une source affirme que les officiers tombent souvent sur des cadavres de requins, dépourvus de leurs ailerons dorsaux et latéraux. Même s’il n’y a aucune donnée sur le nombre de requins présents dans nos eaux, les autorités constatent une baisse considérable durant ces cinq dernières années, en se basant sur les récits des plongeurs et des ONG.

Il ressort que certains bateaux de pêche étrangers opèrent non seulement à Saint-Brandon, mais aussi près des côtes mauriciennes. De plus, certains pêcheurs locaux n’hésitent pas à tuer un requin, s’ils en croisent un, pour ses ailerons.

Cette activité est illégale indique une source dans les milieux des gardes-pêches. Les contrevenants risquent une amende ne dépassant pas Rs 100 000 si les gardes-pêches trouvent un requin ou des parties d’un requin sur leur bateau.

«La soupe aux ailerons de requin est très prisée à Maurice»

C’est pour cette raison que des cadavres de requins se retrouvent à l’eau, car transporter un requin équivaut à s’exposer à des amendes. Il est plus facile de transporter les ailerons en les cachant sous des poissons.

«Le problème, c’est la demande. La soupe aux ailerons de requin est très prisée à Maurice», affirme Olivier Tyack. Il y a au moins trois restaurants du pays qui offrent de la soupe aux ailerons. Le prix varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol. Toutefois, ces restaurants assurent que les ailerons sont importés.

Pourtant, des pêcheurs de la capitale affirment que des ailerons sont découpés sur des requins dans nos eaux avant d’atterrir dans les assiettes à Maurice. Pour remédier à cette situation, Olivier Tyack estime que le gouvernement devrait interdire la vente de la soupe aux ailerons de requin. Une baisse de la demande à Maurice réduirait, selon lui, le braconnage par les pêcheurs locaux.

«Les requins sont amputés et jetés par-dessus bord»

Néanmoins, surveiller deux millions de km2 d’eau s’avère compliqué. Maurice ne possède pas les ressources nécessaires. C’est pour cela que le ministère travaille sur un dossier concernant le braconnage de requins. «La façon de faire des pêcheurs d’ailerons est mauvaise : les requins sont amputés et jetés par-dessus bord», explique une source du ministère de la Pêche.

Un expert ayant travaillé à la Food and Agriculture Organization se penche sur ce dossier. Une des options serait de récupérer les cadavres fraîchement jetés à la mer pour en extraire des produits dérivés tels que la protéine et le Carcharhinus toxine (une toxine utilisée en médecine).

En attendant la publication des recommandations de l’expert, le carnage continue.

Source : http://www.lexpress.mu

La pêche illégale de requins prend de l’ampleur

Un requin récif. Des pêcheurs locaux s’adonneraient à la pêche illégale car la soupe aux ailerons est un mets de choix dans de nombreux restaurants.

Un requin récif. Des pêcheurs locaux s’adonneraient à la pêche illégale car la soupe aux ailerons est un mets de choix dans de nombreux restaurants.

La population de requins à Maurice ne cesse de diminuer. Ce constat alarmant a été effectué par des plongeurs et des observateurs. Ils attribuent ce phénomène à la pêche illégale. Le ministère de la Pêche compte ouvrir une enquête.

La mer autour du Coin de Mire, le lagon de Trou-aux-Biches et Belle-Mare, entre autres, abritent des colonies composées de plusieurs centaines de requins : requins bouledogues, récifs, à pointe blanche et à pointe noire.

Or, depuis le début de l’année, des habitués de la mer affirment qu’ils n’aperçoivent presque plus de requins dans les lagons mauriciens. Les plongeurs professionnels et les gardes-côtes confirment que le nombre de squales diminue. Ils expliquent que la pêche au requin prend de l’ampleur. Or, en dehors de la saison de la pêche à la senne, cette activité est illégale

Des pêcheurs locaux s’y adonnent cependant, confie un plongeur qui a souhaité garder l’anonymat. Il explique qu’un requin rapporte beaucoup, la soupe aux ailerons étant notamment un mets de choix dans de nombreux restaurants.

Selon nos renseignements, ce serait dans l’Est de l’île que cette activité serait plus répandue. Les pêcheurs prennent la mer aux petites heures du matin ou à la tombée de la nuit et, pour noyer les soupçons et éviter dénonciations et poursuites, affirment qu’ils ont trouvé un requin déjà mort.

Les soupçons de la National Coast Guard se portent aussi sur des bateaux de pêche asiatiques. Un officier des gardes-côtes confie que souvent, certains de ces bateaux sont repérés près du lagon la nuit. Mais le temps que les gardes-côtes arrivent sur place, ils ont déjà pris le large.

L’absence d’un prédateur dans le lagon déséquilibre la chaîne alimentaire et les répercussions se feront sentir si cela persiste. Mis au parfum, le ministre de la Pêche Prem Koonjoo affirme qu’une enquête sera ouverte. «C’est illégal ce qui se passe dans nos lagons. Nous allons augmenter les patrouilles et demander l’aide de la National Coast Guard», souligne le ministre.

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