Pêche aux requins interdite du 1er février au 30 juin aux Émirats arabes unis

Communiqué de presse, 31 janvier 2018

Le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE) a annoncé que la pêche au requin est interdite pendant la période du jeudi 1er février au 30 juin, coïncidant avec la saison de reproduction. L’interdiction est en vertu du décret ministériel n ° 500 pour l’année 2014 sur la réglementation de la pêche et du commerce des requins.

Salah Abdallah Al Rayssi, Directeur du Département  des pêches au MOCCAE, a déclaré que l’interdiction vise à réduire les risques auxquels sont exposées les espèces de requins rares. Il a noté que les requins jouent un rôle crucial dans le maintien d’un habitat sain en «nettoyant» les récifs et en s’attaquant aux populations de poissons faibles et malades, gardant les récifs coralliens exempts de maladies et les poissons sains et forts.

«Les eaux des Émirats arabes unis (EAU) abritent jusqu’à 30 espèces de requins, qui sont classées comme en danger ou en danger critique d’extinction. Les pratiques de pêche illégales, la propagation mondiale de méthodes de pêche contraires à l’éthique et non contrôlées, ainsi que l’augmentation du commerce des ailerons de requin, mettent certaines espèces de requins à la limite de l’extinction. Les efforts mondiaux doivent être intensifiés pour éviter que cela ne se produise « , a-t-il souligné.

Le décret ministériel no 500 pour l’année 2014 limite la pêche aux requins dans les eaux de pêche situées à moins de cinq milles marins des côtes des EAU et à trois milles marins au moins des îles des EAU. Cela permettra d’éviter la pêche des requins pour leurs ailerons et contrecarrer la pratique de jeter leurs corps dans la mer (finning). Le règlement stipule que les requins doivent être débarqués entiers dans le port. Il vise également à empêcher le commerce de requins vivants capturés dans les eaux de pêche des EAU à moins qu’un permis spécial n’ait été délivré par le ministère. Il empêche la pêche des espèces énumérées dans la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), qui stipule également que ces espèces doivent être soigneusement relâchées dans la mer lorsqu’elles sont capturées accidentellement.

Le décret permet aux pêcheurs d’utiliser plusieurs hameçons pour chaque ligne de pêche pour attraper les requins du 1er juillet de chaque année jusqu’à la fin de janvier de l’année suivante en utilisant des hameçons, sans dépasser 100 hameçons par ligne. Les hameçons doivent être courbés et biodégradables.

L’importation de requins (frais, congelés, séchés, salés, fumés ou en conserve, ou sous toute autre forme) est également autorisée par le décret. Les marchandises doivent être accompagnées du certificat d’origine, de la source d’origine pour chaque expédition, en indiquant le nom scientifique et la quantité. En cas d’importation d’espèces de requins énumérées dans la CITES, le certificat d’exportation ou de réexportation délivré par l’autorité administrative du pays exportateur et un certificat d’importation valide délivré par le MOCCAE doit être présenté. Les entreprises ne sont pas autorisées à exporter des requins capturés dans les eaux de pêche des EAU – qu’ils soient frais, congelés, séchés ou salés, fumés ou en conserve, ou toute autre forme, – tout au long de l’année.

En cas de réexportation d’espèces de requins présentes dans les annexes de la CITES, des documents supplémentaires tels que le certificat de réexportation délivré par le Ministère du Changement Climatique et de l’Environnement pour ces espèces de requins doivent être soumis, en plus de l’autorisation préalable du pays importateur.

Traduction Sauvegarde des Requins

Source : MOCCAE 

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464 kg d’ailerons de requins marteaux saisis par les douanes.

Communiqué de presse, 29 décembre 2017

Les douanes de Hong Kong ont saisi aujourd’hui (29 décembre) environ 464 kilogrammes d’ailerons de requins séchés. Suspectés d’être des ailerons de requins Marteaux, la valeur marchande est estimée à environ 370 000 dollars.

   Les agents des douanes ont inspecté un conteneur arrivant à Hong Kong du Pérou. Lors de l’inspection, les agents des douanes ont trouvé les ailerons de requins séchés. L’affaire a été transmise au Département de l’agriculture, de la pêche et de la conservation pour enquête de suivi. En vertu de l’Ordonnance sur la protection des espèces animales et végétales en danger, toute personne reconnue coupable d’importation ou d’exportation d’une espèce menacée sans permis est passible d’une amende maximale de 5 millions de dollars et d’une peine d’emprisonnement de deux ans.

Traduction Sauvegarde des Requins

Source : The Government of the Hong Kong Special Administrative Region

Saisie des douanes

Costa Rica : la pêche à l’aileron de requin difficile à éradiquer

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

De PRI’s The World ©2015 Public Radio International, le 21 janvier 2016. Traduction de Céline pour Sauvegarde des Requins

 

Si vous voulez apprendre comment camoufler des ailerons de requin au Costa Rica, demandez Capitaine José Calderon au port Pacifique de Puntarenas.

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

Le finning, pratique célèbre qui consiste à attraper un requin, lui couper l’aileron et rejeter le reste à l’eau, vivant, est illégal au Costa Rica depuis 2005.

Mais la loi n’a pas arrêté Calderon. Lorsque les inspecteurs ont vu ce qui se trouvait dans la salle des machines, il a usé d’une tactique plus conventionnelle. Il les a soudoyés. « C’était facile, rigole Calderon, trop facile » Il ajoute également qu’il ne s’occupe plus de pêche au requin dorénavant, mais que la demande pour la soupe d’aileron est forte à Hong Kong, et ceci impacte d’autres zones. Souvent, ces derniers se déplacent jusqu’à Cocos, une île luxuriante à trois cent miles dans le Pacifique qui  donne au Costa Rica l’image d’un des pays des plus écologistes et engagés pour l’environnement. Les eaux riches qui bordent Cocos se situent pourtant dans une aire maritime où la pêche au requin est illégale,mais cela ne change guère le problème.

A son poste aux Cocos, le Ranger Geiner Golfin, une sorte de Fidel Castro, physiquement parlant, est en charge de la protection des eaux territoriales des Cocos. Il montre un gros hameçon qui sert à attraper les requins en expliquant que c’est un des nombreux équipements illicites  et confisqués, qui juste en un seul mois, incluent 200 miles de filets de pêche, et 700 bouées.

En fait, l’équipe de Golfin a recueilli tellement d’engins de pêche illégaux qu’ils ont construit un pont suspendu au dessus du  ruisseau qui passe derrière le poste de garde. Il précise que toutes les cordes,  filets et hameçons sont juste une petite fraction de ce qui se trouve aux alentours, et que sa petite équipe est débordée par toute une flotte de bateaux pirates.

Mais la plus grosse menace, selon lui, est actuellement les pêcheries puissantes du Costa Rica connues sous le nom de INCOPESCA. « Nous ne pouvons pas faire notre travail de rangers, ajoute Golfin, car si je vais à la gestion des pêches et que je dis : ok, nous avons besoin de sanctionner ceci ou cela, ils vont me répondre : oh non, ne faites pas cela, vous allez mettre en difficulté mes bateaux ».

Golfin n’est pas le seul à être désespéré par les agences de pêche, il y a également le vice-ministre des Eaux et Océans du pays, Jose Lino Chaves Lopez qui se bat contre. C’est son travail de protéger la faune et l’environnement marin, mais il dit que c’est difficile car les pêcheries ne partagent pas leurs informations, et légalement elles n’y sont pas obligées. De toute façon elles ne répondent à personne quand on les interroge. Chavez dit qu’il y a un conflit d’intérêts puisqu’il est entouré de personnes qui  viennent de l’industrie de la pêche. D’autres sont plus pointues dans leurs critiques. Ils disent que le premier policier de la pêche du Costa Rica semble souvent préférer protéger les criminels.

Comme l’écologiste Randall Arauz, qui a contribué à faire voter la loi anti-finning. Cette dernière précise que les requins entiers doivent entrer au port, avec leurs ailerons attachés à leur corps, afin de réduire la capacité des bateaux. Arauz dit qu’INCOPESCA semble chercher la petite bête en jouant sur les mots : « oh, attendez une minute ! Selon le dictionnaire, « attachés » signifie que vous pouvez l’enlever et le mettre à nouveau ensemble. « 

Arauz dit également que les inspecteurs ont tendance à regarder ailleurs lorsque les « requins Frankenstein » comme il les appelle, arrivent au port, avec des tas d’ailerons cousus sur juste quelques cadavres. Nous avons amené cette affaire devant le parquet du Costa Rica, rajoute Arauz. Le procureur a indiqué que « les ailerons attachés » signifie « naturellement attachés ». Ce qui a engendré, selon Arauz, que les pêcheurs ont de nouveau trouvé une dérive avec une nouvelle pratique qui consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Il ajoute également que : « d’avoir INCOPESCA qui régit le problème de la surpêche serait comme de confier une banque de don de sang à Dracula »

Bien évidemment les membres de l’agence ne sont pas de cet avis. Un d’entre eux, Mauricio Gonzalez reconnait qu’il y a une marge d’amélioration mais balaie les inquiétudes des activistes comme Randall Arauz. « Ils se développent sur l’argent étranger», dit Gonzales.  » Plus ils trouvent de problème, plus ils en créent, plus ils gagnent de l’argent « . Les réfractaires disent que Gonzalez lui-même fut une fois impliqué dans la pêche illégale au requin près de Cocos, ce qu’il réfute clairement.

Le ministre des Océans Jose Chaves dit que le gouvernement essaie de minimiser le problème de la pêche au requin, mais admet que les changements.

C’est clairement le cas à Puntarenas, là où Calderon planquait alors son butin illicite. Il n’y a pas longtemps, un thonier déchargea environ une douzaine de requins congelés. Les employés ont balancé les animaux gelés sur les docks et ont récupéré leurs ailerons tandis que l’inspecteur David Casillo contrôlait que les ailerons soient « naturellement attachés » Il est également monté à bord du bateau pour être sûr qu’il n’y restait rien à fond de cale. Tout cela lui a pris moins de cinq minutes. Quelqu’un demanda alors « et la salle des machines, là où Calderon cachait autrefois son butin », « La Salle des machines?  Non, nous n’y allons jamais » répondit Casillo.

Ce reportage a été fait en collaboration avec le réseau Food  & Environment Reporting, Une organisation à but non lucratif, qui investigue et reporte les faits illégaux reportés dans l’industrie alimentaire, agricole et de santé environnementale.

https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2013/11/06/le-costa-rica-utilise-interpol-pour-avertir-dune-nouvelle-pratique-illegale-de-finning/

Indonésie : 3000 nageoires de requins saisies

Credit photo : AFP
Credit phot : AFP

AFP- Environ 3000 nageoires de requins qui devaient quitter illégalement l’Indonésie pour être revendues à Hong Kong ont été saisies par les autorités de l’archipel, a indiqué mercredi un responsable.

Ces nageoires de requin océanique, une espèce protégée en Indonésie et interdite à l’exportation, ont été saisies la semaine dernière à l’aéroport international Soekarno-Hatta près de Jakarta, a déclaré à l’AFP le chef de l’agence nationale d’inspection des poissons, Rusnanto, qui n’a qu’un patronyme comme nombre d’Indonésiens.

«La saisie est estimée à un milliard de roupies (64’000 euros) ici, mais à Hong Kong ces nageoires auraient pu être revendues pour plusieurs fois ce montant à des gens riches qui apprécient leur valeur nutritive et les considèrent comme de fins mets», a-t-il ajouté.

Hong Kong est l’un des plus grands marchés au monde pour les ailerons de requins, qui sont souvent servis sous forme de soupe à des banquets chinois très onéreux.

Les requins ont été pêchés dans les eaux autour de la grande île de Java, et la société qui souhaitait les exporter fait l’objet d’une enquête, selon le responsable.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a depuis longtemps tiré la sonnette d’alarme sur la pêche au requin en Indonésie, dont la population ne cesse de décliner dans ce pays d’Asie du Sud-Est aux 17 000 îles et îlots.

Agence France Presse

This photo taken on October 5, 2015 shows Indonesian customs and quarantine officers inspecting some 3,000 pieces of sharks fin seized at the Soekarno-Hatta airport in the Tangerang district suburb of Jakarta, intended for shipment to Hong Kong. Indonesian authorities haved seized about 3,000 fins from a threatened shark species that were destined to be flown to Hong Kong, an official said on October 7. The fins from the "carcharhinus longimanus" species, weighing 600 kilogrammes and packed into 24 boxes, were confiscated along with fins from other shark species last week, the national fish quarantine agency chief told AFP.       AFP PHOTO / BIMA SAKTI
This photo taken on October 5, 2015 shows Indonesian customs and quarantine officers inspecting some 3,000 pieces of sharks fin seized at the Soekarno-Hatta airport in the Tangerang district suburb of Jakarta, intended for shipment to Hong Kong. Indonesian authorities haved seized about 3,000 fins from a threatened shark species that were destined to be flown to Hong Kong, an official said on October 7. The fins from the « carcharhinus longimanus » species, weighing 600 kilogrammes and packed into 24 boxes, were confiscated along with fins from other shark species last week, the national fish quarantine agency chief told AFP. AFP PHOTO / BIMA SAKTI

En Indonésie, la chasse aux requins est un business juteux

Bien que certains squales soient protégés, les chasseurs indonésiens pratiquent une chasse intense. Les ailerons de requins valent en effet une fortune.

Reportage de France 2
http://api.dmcloud.net/player/embed/4e7343f894a6f677b10006b4/556cb08406361d5c6cc8c4b7/f95a10bda83c4f39ae1ebac0ed7a6af4?exported=1 » target= »_blank »>ARTICLESur l’île de Lombok, en Indonésie, la chasse aux requins est une activité intense. Et pour cause, le requin est une marchandise très prisée car très rentable. Un pêcheur touche 1 million de roupies par squale pêché, soit un peu moins de 100 euros. En Indonésie, c’est une somme très importante.

L’aileron, un produit de luxe exporté en Chine

Chaque année, 110 000 tonnes sont pêchées en Indonésie, premier pays chasseur de requins au monde. Suhadang, négociant, explique à France 2 : « La viande peut valoir 1,50 euro par kilo. La peau peut être utilisée une fois séchée. Son prix est de 10 euros par kilo. Les ailerons, c’est ce qui vaut le plus cher. » En effet, le kilo d’ailerons vaut 270 euros, plus que le salaire mensuel d’un policier.

Les ailerons sont presque tous exportés en Chine, où ils sont considérés comme un produit de luxe aux vertus thérapeutiques. À cause de cette croyance infondée, plusieurs espèces de requin sont menacées d’extinction.

L’Equateur saisit 200.000 ailerons de requin, 3 trafiquants arrêtés

QUITO (AFP) – Le gouvernement équatorien a annoncé la saisie de quelque 200.000 ailerons de requin et l’arrestation de trois trafiquants à Manta (ouest), principal port de pêche du pays.

Le ministre de l’Intérieur Jose Serrano a annoncé la saisie sur Twitter, postant des photos de milliers de ces ailerons de couleur sombre, très prisés en Asie où ils sont utilisés dans la cuisine et dans la médecine traditionnelle.

Les autorités ont indiqué qu’au moins 300.000 requins avait été tués par les trafiquants, estimant qu’il s’agissait d’un des crimes les plus graves contre l’environnement dans le pays au cours des dernières années.

Les ailerons ont été saisis en plusieurs opérations dans la ville portuaire de Manta.

La loi équatorienne interdit la pêche au requin depuis 2007. La pêche aux ailerons, dite finning, est une pratique consistant à capturer des requins pour leur couper les ailerons avant de les rejeter mutilés à la mer où ils meurent.

© 2015 AFP

https://twitter.com/ppsesa/status/603672512292061186/photo/1
https://twitter.com/ppsesa/status/603672512292061186/photo/1

Maurice : Pêche au requin: les braconniers pris en chasse

Source : http://www.lexpress.mu

Pêche au requin: les braconniers pris en chasse

Avec un prix qui varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol (entre 10 et 60 euros), la soupe aux ailerons de requin reste un mets très prisé par les locaux comme les étrangers.
Avec un prix qui varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol (entre 10 et 60 euros), la soupe aux ailerons de requin reste un mets très prisé par les locaux comme les étrangers.

Nos eaux territoriales sont le théâtre d’un vrai carnage. En effet, des cadavres de requins sont souvent retrouvés flottant sur l’eau. Des braconniers les tuent pour leurs ailerons. Le ministère de la Pêche a décidé de met sur pied un plan pour contrer ces pratiques illégales.

Le gouvernement et certaines ONG ont fait le même constat : il y a de moins en moins de requins dans nos eaux territoriales. La faute incomberait à des bateaux de pêche étrangers mais aussi à des pêcheurs locaux. «Il y a quinze jours, j’ai effectué une plongée à Saint-Brandon et je n’aicroisé qu’un requin», confie Olivier Tyack, président de la Mauritius Marine Conservation Society.

«Des pêcheurs sri lankais viennent tuer nos requins car il n’y en a plus chez eux.» En 2013, deux bateaux sri lankais ont été perquisitionnés par le gouvernement mauricien. Ces bateaux pêchaient des requins pour leurs ailerons à Saint-Brandon. Ces pratiques sont inquiétantes, soutient Olivier Tyack. Selon lui, les colonies de requins à l’île Plate et à l’île aux Serpents ont disparu. Des traces de harpons et d’hameçons sont visibles sur les coraux dans ces régions, dit-il.

Baisse considérable du nombre de requins

Du côté du ministère de la Pêche, une source affirme que les officiers tombent souvent sur des cadavres de requins, dépourvus de leurs ailerons dorsaux et latéraux. Même s’il n’y a aucune donnée sur le nombre de requins présents dans nos eaux, les autorités constatent une baisse considérable durant ces cinq dernières années, en se basant sur les récits des plongeurs et des ONG.

Il ressort que certains bateaux de pêche étrangers opèrent non seulement à Saint-Brandon, mais aussi près des côtes mauriciennes. De plus, certains pêcheurs locaux n’hésitent pas à tuer un requin, s’ils en croisent un, pour ses ailerons.

Cette activité est illégale indique une source dans les milieux des gardes-pêches. Les contrevenants risquent une amende ne dépassant pas Rs 100 000 si les gardes-pêches trouvent un requin ou des parties d’un requin sur leur bateau.

«La soupe aux ailerons de requin est très prisée à Maurice»

C’est pour cette raison que des cadavres de requins se retrouvent à l’eau, car transporter un requin équivaut à s’exposer à des amendes. Il est plus facile de transporter les ailerons en les cachant sous des poissons.

«Le problème, c’est la demande. La soupe aux ailerons de requin est très prisée à Maurice», affirme Olivier Tyack. Il y a au moins trois restaurants du pays qui offrent de la soupe aux ailerons. Le prix varie entre Rs 400 et Rs 2 500 le bol. Toutefois, ces restaurants assurent que les ailerons sont importés.

Pourtant, des pêcheurs de la capitale affirment que des ailerons sont découpés sur des requins dans nos eaux avant d’atterrir dans les assiettes à Maurice. Pour remédier à cette situation, Olivier Tyack estime que le gouvernement devrait interdire la vente de la soupe aux ailerons de requin. Une baisse de la demande à Maurice réduirait, selon lui, le braconnage par les pêcheurs locaux.

«Les requins sont amputés et jetés par-dessus bord»

Néanmoins, surveiller deux millions de km2 d’eau s’avère compliqué. Maurice ne possède pas les ressources nécessaires. C’est pour cela que le ministère travaille sur un dossier concernant le braconnage de requins. «La façon de faire des pêcheurs d’ailerons est mauvaise : les requins sont amputés et jetés par-dessus bord», explique une source du ministère de la Pêche.

Un expert ayant travaillé à la Food and Agriculture Organization se penche sur ce dossier. Une des options serait de récupérer les cadavres fraîchement jetés à la mer pour en extraire des produits dérivés tels que la protéine et le Carcharhinus toxine (une toxine utilisée en médecine).

En attendant la publication des recommandations de l’expert, le carnage continue.

Source : http://www.lexpress.mu

La pêche illégale de requins prend de l’ampleur

Un requin récif. Des pêcheurs locaux s’adonneraient à la pêche illégale car la soupe aux ailerons est un mets de choix dans de nombreux restaurants.
Un requin récif. Des pêcheurs locaux s’adonneraient à la pêche illégale car la soupe aux ailerons est un mets de choix dans de nombreux restaurants.

La population de requins à Maurice ne cesse de diminuer. Ce constat alarmant a été effectué par des plongeurs et des observateurs. Ils attribuent ce phénomène à la pêche illégale. Le ministère de la Pêche compte ouvrir une enquête.

La mer autour du Coin de Mire, le lagon de Trou-aux-Biches et Belle-Mare, entre autres, abritent des colonies composées de plusieurs centaines de requins : requins bouledogues, récifs, à pointe blanche et à pointe noire.

Or, depuis le début de l’année, des habitués de la mer affirment qu’ils n’aperçoivent presque plus de requins dans les lagons mauriciens. Les plongeurs professionnels et les gardes-côtes confirment que le nombre de squales diminue. Ils expliquent que la pêche au requin prend de l’ampleur. Or, en dehors de la saison de la pêche à la senne, cette activité est illégale

Des pêcheurs locaux s’y adonnent cependant, confie un plongeur qui a souhaité garder l’anonymat. Il explique qu’un requin rapporte beaucoup, la soupe aux ailerons étant notamment un mets de choix dans de nombreux restaurants.

Selon nos renseignements, ce serait dans l’Est de l’île que cette activité serait plus répandue. Les pêcheurs prennent la mer aux petites heures du matin ou à la tombée de la nuit et, pour noyer les soupçons et éviter dénonciations et poursuites, affirment qu’ils ont trouvé un requin déjà mort.

Les soupçons de la National Coast Guard se portent aussi sur des bateaux de pêche asiatiques. Un officier des gardes-côtes confie que souvent, certains de ces bateaux sont repérés près du lagon la nuit. Mais le temps que les gardes-côtes arrivent sur place, ils ont déjà pris le large.

L’absence d’un prédateur dans le lagon déséquilibre la chaîne alimentaire et les répercussions se feront sentir si cela persiste. Mis au parfum, le ministre de la Pêche Prem Koonjoo affirme qu’une enquête sera ouverte. «C’est illégal ce qui se passe dans nos lagons. Nous allons augmenter les patrouilles et demander l’aide de la National Coast Guard», souligne le ministre.

Requins : captures mondiales 2012

Les données FAO

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Food and Agriculture Organization of the United Nations) vient d’éditer ces statistiques pour l’année 2012.

Ces données concernent les captures débarquées déclarées.

FAO : « La FAO essaie autant que possible, avec le plus grand soin, d’assurer la qualité des données présentées dans cet Annuaire, en complétant les données communiquées par les pays par des informations provenant d’autres sources telles que: organes régionaux des pêches, projets de terrain, enquêtes indépendantes, documents rédigés par des spécialistes et sources extérieures au secteur des pêches. Néanmoins, la précision et la fiabilité des agrégats mondiaux des statistiques des pêches dépendent en dernière analyse de la qualité des sources nationales de données, des méthodes de collecte, de la périodicité de leur mise à jour et de leur présentation. La qualité des données halieutiques peut être fort inégale d’un pays à l’autre. Même si la FAO s’engage à améliorer constamment la qualité des données, il ne fait pas de doute que nombre d’autres améliorations peuvent être apportées. Toute contribution des utilisateurs des données à cet égard sera la bienvenue. »

Ces chiffres ne représentent qu’une tendance et un minima  car ces données ne tiennent donc pas compte :

  • de toute capture non déclarée pour différentes raisons : braconnage, omissions ou rejets pour respect des quotas, prises accessoires non ciblées donc rejetées à l’eau…
  • des erreurs d’identification
  • des pays qui n’ont pas les structures/outils/informations nécessaires à une bonne identification ou à des déclarations de captures…

De plus :

  • certaines espèces ne sont identifiées que dans leur famille (spp)
  • certains pays ne déclarent que le total « requins, raies, chimères »

Cependant, les outils, la sensibilisation a permis de rendre ces statistiques de plus en plus fiables et d’aider les organisations, pays à mettre en place des actions pour évaluer au mieux captures, stocks et préservation.

Les tendances

Dans le monde :

En 1950 : 273 965 tonnes déclarées, en 2012 : 765 422 tonnes déclarées.

La tendance est à la baisse depuis 2000, cette année a connu le chiffre en terme de captures le plus important depuis 1950. Depuis 1950, les captures enregistraient une augmentation constante et importante pour ensuite voir une baisse générale s’amorcer à compter de 2001 et enfin ( ?) descendre sous la barre des 800 000 tonnes en 2005.

Pourquoi une telle augmentation ?

Les engins de pèches deviennent de plus en plus efficaces et ne laissent aucune chance aux poissons « de passer entre les mailles du filet ». La pêche industrielle est alors en plein essor et concentre ses efforts sur les nouvelles technologies. De plus, dans les années 90, la population asiatique est de plus en plus nombreuse à pouvoir profiter des produits « requins » (et du coup de la soupe aux ailerons de requins) avec l’émergence de ces pays.

La baisse est-elle un bon signe ?

Des efforts, sous la pression des associations, sont réalisés pour protéger les requins ; la Cites, les quotas, par exemple, doivent permettre de diminuer la capture de certaines espèces de requins les plus menacées. Cependant, les requins sont  aussi victimes des prises accessoires et leur protection ou les quotas à respecter ne les protègent pas.

Les lois pour leur protection sont régulièrement détournées ou simplement non respectées (cf : le détournement du finning)

Les populations de requins ont fortement diminué et face à cette surpêche elles n’ont pas le temps de se reconstituer. Aujourd’hui, les captures concernent de plus en plus les juvéniles.

Aussi, cette diminution est-elle due à une volonté commune ou simplement à une diminution de la population ?

Pourquoi les requins sont-ils plus sensibles à la surpêche que certaines autres espèces de poissons ? La nature n’a pas prévu un prédateur aussi « insatiable » que l’homme, aussi elle a pourvu le requin d’une biologie spécifique propre à son statut de super prédateur : croissance lente, maturité sexuelle tardive (plusieurs années), faible potentiel reproductif et longue gestation (des mois jusqu’à 2 ans).

Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO

L’Espagne se hisse désormais au 1er rang mondial en terme de capture, supplantant ainsi  l’Indonésie, historiquement en tête. En effet, l’Espagne augmente ces captures d’environ  7,02% soit 6 910 T de plus, alors que l’Indonésie enregistre (officiellement !) une baisse d’environ 1,15% soit – 1 191 tonnes. Autres pays en augmentation dans ce top 5 mondial par rapport à 2011, l’Inde +6,70%environ,  et les USA +5,09%environ.

Arrive en 6ème position Mexico puis l’Argentine, la Malaisie, l’Iran et le Nigéria.

Les espèces les + ciblées

Données FAO
Données FAO

Le requin peau bleue représente 13% des captures totales dans le monde. Cette espèce a toujours été très prisée par les pêcheries. Elle est considérée comme « quasi menacée » dans le monde. Captures : 114 829 t en 2011  et 92 708 t en 2010.

L’aiguillat commun (nom commercial : saumonette) : espèce classée « en danger » en France et dans les zones suivantes : pacifique NO, atlantique NO, atlantique NE, méditerranée. « Vulnérable » dans le monde. Captures : 14 435 t en 2011 et 12 559 t en 2010

Le requin à queue tachetée : espèce classée « quasi menacée » dans le monde. Captures : 10 128 t  en 2011  et 9 698 t en 2010

Le requin taupe bleue ou mako : espèce classée « vulnérable » dans le monde (pacifique NE : « quasi menacée »). Captures : 12 002 t en 2011  et 10 287 t en 2010. En France, en 2010, ces captures représentaient 16 tonnes, 5 en 2011 et 1 en 2012.

La difficulté est qu’en protégeant une espèce au travers de quotas ou d’interdiction de pêches, d’autres espèces vont devenir la cible de ce commerce. De plus, ces espèces dites protégées sont toujours victimes des prises accidentelles, des filets ou autres dangers créés par l’Homme. Il est aujourd’hui nécessaire d’avoir une vision globale autant pour l’ensemble des espèces de requins que pour les océans eux-mêmes. Pour protéger les requins, il faut protéger les océans et pour protéger les océans, il faut sauver les requins. Se concentrer sur certaines espèces, c’est oublier la place de chacune dans cet écosystème complexe où tout organisme interagit.  Nous devons opter pour une approche systémique pour la préservation de l’écosystème marin, seule approche à mon sens efficace sur du long terme.

La France

Données FAO
Données FAO
Données FAO
Données FAO

La France malgré une baisse se retrouve désormais en 2ème rang en Europe et 11ème position dans le monde, en effet le Portugal enregistre une baisse dans ces captures beaucoup plus importante.

Données FAO
Données FAO

Les français sont surtout friands des « saumonettes » et raies. Aussi, les pêcheries ciblent surtout la petite roussette, les émissoles et les raies.

La petite roussette est classée « préoccupation mineure » en France métropolitaine et dans le monde.

Les émissoles : les données sont insuffisantes pour estimer leur population et évaluer le degré de menace qui pèse sur les Mustelus. Dans le monde, l’émissole tachetée est classé « préoccupation mineure », l’émissole lisse « vulnérable ». Les émissoles sont  devenues les nouvelles cibles suite à la protection de l’aiguillat commun.

Les raies : la raie fleurie et la raie bouclée sont considérées comme « vulnérables » en France métropolitaine et dans le monde comme « préoccupation mineure » pour la première et « quasi menacée » pour la seconde. Quant à la raie douce, les données sont insuffisantes pour la France et l’espèce est considérée comme « préoccupation mineure » dans le monde.

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Ailerons de requins : la Nouvelle-Zélande déclare la guerre aux chasseurs

Photo ©David Vogt
Photo ©David Vogt

WELLINGTON, vendredi 10 janvier 2014 (Flash d’Océanie) – La Nouvelle-Zélande a durci jeudi sa législation en vue d’interdire la chasse aux requins, en particulier pour ses nageoires, très prisées sur les marchés asiatiques car entrant dans la composition de soupes.
En annonçant conjointement ce nouveau train de mesures, jeudi, Nick Smith et Nathan Guy, respectivement ministres de la protection de l’environnement et du secteur primaire, ont précisé que dans l’immédiat, le fait de pêcher un requin, de lui couper les nageoires et de le remettre vivant à la mer étaient passibles de peines.
Par ailleurs, dans le cadre d’une consultation engagée ces derniers mois en vue d’un plan de protection et de gestion des requins, plus de 45.000 soumissions ont été reçues, en faveur d’une interdiction pure et simple de la pêche aux ailerons de requins en Nouvelle-Zélande.
« Ces soumissions en faveur de l’interdiction de la pêche aux ailerons de requins prouvent que l’attitude des Néo-zélandais vis-à-vis des requins a bien changé depuis l’époque des ‘Dents de la Mer’. Il est maintenant largement reconnu que les requins représentent une part importante de l’écosystème marin et que donc, nous devons faire en sorte que les quelque 133 espèces de requins vivant dans nos eaux survivent », a déclaré M. Smith.
Il a aussi annoncé une accélération du calendrier en vue d’interdire la pêche aux ailerons de requins en Nouvelle-Zélande, avec comme horizon un premier groupe d’espèces de squales couvert au 1er octobre 2014.
Une seconde tranche est prévue pour entrer en vigueur le 1er octobre 2015, a-t-il précisé.
La troisième et dernière phase, en vue de protéger les espèces de requins bleus, les plus migratoires, devrait suivre le 1er octobre 2016.
Ces échéances, selon le gouvernement néo-zélandais, devraient « laisser suffisamment de temps aux industriels de la pêche commerciale pour modifier leurs pratiques », conformément à l’entrée en vigueur progressive de cette série d’interdictions.
Dans le cadre du plan de protection et de gestion des requins, d’autres mesures sont aussi prévues, avec une large part accordée à l’information et à la sensibilisation.

Source : http://www.tahiti-infos.com

Le Costa Rica utilise INTERPOL pour avertir d’une nouvelle pratique illégale de « Finning »

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Communiqué de presse, INTERPOL, 6 novembre 2013

LYON , France – Une alerte concernant une méthode de prélèvement des ailerons de requin visant à éviter la détection des pratiques illégales a été distribuée aux 190 pays membres d’INTERPOL après qu’un cas a été identifié par les autorités du Costa Rica.

Cette nouvelle pratique consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Cette méthode vise à contourner la législation interdisant le finning qui stipule que les ailerons du requin doivent être «naturellement attachés » à l’organisme.

San José Gustavo Chinchilla, responsable du BCN d’Interpol a déclaré: « C’est une occasion pour encourager d’autres pays membres à  partager les types de modes opératoires considérés comme crimes contre l’environnement, afin d’alerter les autorités. Je crois fermement que la coopération et l’utilisation des outils d’INTERPOL, nous permettent d’offrir une réponse plus coordonnée et plus efficace pour résoudre les problèmes de la pêche ».

 » C’est maintenant le deuxième avis Violet émis en relation avec la criminalité de la pêche, et nous espérons que cela encouragera d’autres pays membres à faire un usage accru des notices Interpol pour lutter contre tous les types de crimes contre l’environnement « , a ajouté M. Higgins, directeur de l’unité de sécurité de l’environnement d’INTERPOL.

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Le Costa Rica a demandé à Interpol d’émettre un « avis Violet » pour avertir les autres pays membres de l’apparition d’une nouvelle méthode illégale d’enlèvement des nageoires de requin.

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La méthode vise à contourner la législation interdisant la pratique du finning qui stipule que les ailerons du requin doivent être «naturellement attachés» à l’organisme.

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L’avis Violet a été publiée sous l’égide du programme Scale d’INTERPOL, une initiative mondiale visant à détecter, réprimer et combattre la criminalité de la pêche qui  coûterait à l’économie mondiale jusqu’à 23 milliards de dollars chaque année, et qui est liée à d’autres formes de criminalité organisée et transnationale y compris la corruption, le blanchiment d’argent, la fraude, la traite des êtres humains et le trafic de drogue. Ce programme a été lancé en Février 2013 et est financé par le ministère norvégien des Affaires étrangères, le Département d’État et les Pew Charitable Trusts US .

Source : INTERPOL