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17ème Conférence des Parties : les requins de nouveau à l’honneur

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17ème Conférence des Parties : les requins de nouveau à l’honneur

Genève, 16 Septembre 2016. L’Afrique du Sud, qui abrite un quart des plus de 400 espèces de requins dans le monde, sera le pays où se déroulera la réunion triennale de la Conférence mondiale de la faune. Lors de cette nouvelle réunion, la protection des requins et des raies seront à nouveau en haut de la liste des thèmes à l’ordre du jour.

Les délégués de plus de 180 pays participant à la réunion, également connue sous le nom CoP17 (17ème conférence des parties- CITES), recevra des mises à jour sur les mesures déjà prises à la suite de la CoP16 à Bangkok, où cinq espèces de requins, à savoir le requin océanique, le requin taupe commun et trois espèces de requin marteau, ainsi que l’ensemble des raies manta recevaient une protection en vertu de l’Annexe II, avec le commerce de ces espèces actuellement réglementées pour éviter la surexploitation.

Le Secrétaire général John E Scanlon a déclaré: «À la CITES CdP16 en 2013, les pays se sont tournés vers la CITES pour aider à protéger les précieuses ressources marines de la surexploitation en incluant cinq nouvelles espèces de requins et raies manta tous sous le contrôle du commerce CITES. Depuis lors, la CITES, en étroite collaboration avec la FAO et d’autres partenaires, a démontré la valeur ajoutée de la CITES dans la protection des requins et des raies de la surexploitation. Cette année, à # CoP17 CITES, les pays présentent, de nouveaux, des propositions d’inscription pour les requins et les raies, « .

À l’échelle mondiale, les requins continuent d’être vu par certains comme des prédateurs redoutés, mais la survie de nombreuses espèces de requins sont menacées par l’activité humaine, y compris de la surpêche, la surconsommation de leur viande, des ailerons et du cartilage ainsi que la destruction de leurs habitats. Les requins jouent un rôle crucial dans le maintien de la santé et de la diversité des écosystèmes marins et sont particulièrement vulnérables à la surexploitation en raison de leur maturité tardive, la longévité et les taux de productivité faibles.

Depuis 2013, la CITES, avec un financement de l’Union européenne, a établi un partenariat avec les organisations internationales, en particulier la FAO et les organisations de gestion des pêches régionales (ORGP et ORP), pour faciliter la mise en œuvre des mesures de protection supplémentaires, et en  travaillant notamment avec les pays en développement. Ces nouvelles mesures permettent de garantir la légalité, la durabilité et la traçabilité du commerce international des espèces de requin qui sont exploitées commercialement.

Le projet de l’UE et de la Cites «Renforcement des capacités dans les pays en développement pour la gestion durable de la faune et le renforcement de la mise en œuvre de la réglementation du commerce des espèces sauvages, avec un accent particulier sur les espèces aquatiques exploitées commercialement »  a permis à un nombre d’initiatives visant à soutenir la mise en œuvre, y compris:

-L’identification et la réalisation d’une évaluation des capacités de 34 pays clés en Afrique, en Asie et en Amérique latine et dans les Caraïbes pour la mise en œuvre.

-Prioriser les activités régionales de renforcement des capacités afin de maximiser la portée, y compris à travers des ateliers, des enquêtes et des discussions.

-Le développement, en collaboration avec la FAO, et les organes régionaux des pêches et d’autres partenaires, d’une gamme de démonstrations au sujet de besoins identifiés, mesurables et évolutifs et qui pourront éclairer dans le futur pour le renforcement des  aides aux populations de requins.

-Partage de l’information et de l’expérience via un portail web dédié sur le site web de la CITES.

-Développer la formation et le matériel de sensibilisation.

En outre, un logiciel a été développé pour les inspecteurs portuaires, des agents de douane et les poissonniers pour reconnaître les espèces de requins à partir d’une image de la nageoire. iSHarkFin a été le résultat d’une collaboration entre la FAO de l’Université de Vigo et de la CITES, avec le soutien financier du Gouvernement du Japon et de l’Union européenne (à travers le projet CITES).

Il y a actuellement dix espèces de requins et de raies énumérées dans l’annexe II, y compris le requin pèlerin, le grand requin blanc et le requin baleine, ainsi que les cinq requins et deux espèces de raie manta ajouté à l’Annexe II à la CdP16.

Sept espèces de poissons-scies relèvent de l’Annexe I, qui comprend les espèces menacées d’extinction. Le commerce de spécimens de ces espèces est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles.

À la CITES # COP17, les Parties seront invitées à examiner trois autres propositions à savoir notamment:

  • Le requin soyeux (Silky,Carcharhinus falciformis) à l’Annexe II
  • Les requins Renards (Thresher, Alopias spp.) à l’Annexe II
  • Les raies Mobula spp. à l’Annexe II

Ces trois propositions ont été évaluées par le Groupe consultatif du Groupe d’experts de la FAO et par le Secrétariat de la CITES. Les 182 Parties examineront toutes les informations qui lui seront présentées et se prononceront sur l’opportunité d’accepter ou de rejeter ces propositions. S’il n’y a pas de consensus sur toute proposition, l’affaire ira à un vote avec une majorité des 2/3 requise pour toute proposition soit acceptée.

Johannesburg du 24 septembre au 5 octobre 2016

Communiqué de presse CITES- Traduction ©Sauvegarde des Requins

 

Les requins baleine et les requins marteau planeur au bord de l’extinction

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Les requins baleine et les requins marteau planeur au bord de l’extinction

Communiqué de presse de UICN, Union internationale pour la conservation de la nature-Traduction Sauvegarde des Requins

08 juillet 2016– De nouvelles évaluations de la Liste rouge de l’UICN révèlent que les pressions humaines croissantes sur les requins baleines, requins marteau planeur placent ces espèces à un risque croissant d’extinction. Ces 2 espèces sont maintenant répertoriées comme espèces menacées d’extinction.

« Il est alarmant de voir ces espèces emblématiques se rapprocher de l’extinction», dit Jane Smart, Directrice du Programme mondial sur les espèces de l’UICN. «Ces nouvelles évaluations de la Liste rouge de l’UICN soulignent combien il est urgent d’agir stratégiquement pour protéger cette incroyable diversité de la vie sur notre planète. Les océans et les forêts du monde ne feront que continuer de nous fournir des ressources de nourriture et d’autres si nous préservons leur capacité à le faire « .

Le nombre de requins baleines (Rhincodon typus), le plus grand poisson vivant dans le monde, a diminué de moitié au cours des 75 dernières années, ces requins continuent à être pêchés et tués par les hélices des navires.

Bien que les mesures de conservation en Inde, aux Philippines et à Taïwan ont mis un terme à  la pêche à grande échelle des requins baleines dans ces pays, ils continuent d’être pêchés dans d’autres endroits, y compris le sud de la Chine et Oman ; comme les requins baleines et thons sont souvent présents ensemble, ils sont fréquemment capturés par les pêcheurs ciblant le thon.

« Alors que le commerce international du requin baleine est réglementé par l’inscription de l’espèce sur la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), davantage doit être fait au niveau national pour protéger les requins baleines », dit Simon Pierce, membre de la Commission de la sauvegarde des espèces  de l’UICN(CSE) de Shark Specialist Group (SSG), et co-fondateur de la Fondation « the Marine Megafauna Foundation ».

La pêche non réglementée est également est également responsable du déclin rapide du requin marteau planeur (Eusphyra de blochii), dont la morphologie le rend extrêmement vulnérables à l’enchevêtrement dans les filets de pêche. Cette espèce de requin-marteau est passée de « Quasi menacé » à « en danger » sur la Liste rouge de l’UICN.

Île de la Réunion : la pêche dans la réserve est suspendue

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Île de la Réunion : la pêche dans la réserve est suspendue

Communiqué des presse du 13/05/2016

Dans le cadre du programme Cap Requins 2, l’État autorisait la pêche d’un nombre illimité de requins tigres et bouledogues dans l’une des zones les plus protégées de la Réserve naturelle marine de la Réunion, jusqu’au 31 décembre 2016. Saisi par les associations ASPAS, Longitude 181, One Voice et Sea Shepherd, avec la participation de Sauvegarde des requins, Tendua, Vagues, Requin Integration et Fondation Brigitte Bardot.,le Tribunal administratif de Saint-Denis a suspendu cet arrêté et mis fin à cette pêche !

Le juge a considéré que les consultations nécessaires à l’adoption de cet arrêté n’avaient pas été correctement réalisées, ce qui fragilise le fondement scientifique de ces pêches.  En effet, le préfet  n’avait soumis sa décision à aucun conseil scientifique digne de ce nom, de sorte qu’aucun protocole n’encadrait méthodiquement cette pêche.

Une décision antiscientifique

À travers les médias, les scientifiques de la Réserve ont eu l’occasion d’exprimer leur opposition à cette pêche au milieu d’un espace naturel riche toujours en reconstruction et donc particulièrement fragile. De toute évidence, une telle pêche dans un espace protégé va à l’encontre des intérêts écologiques de la réserve qui a pour mission officielle la préservation optimale de toutes les espèces, tant les interrelations sont fortes entre faune piscicole et coraux constructeurs.

Le Comité des pêches est la structure chargée de mener le programme Cap Requins 2. Or ces spécialistes des techniques de pêche, qui ne sont pas des scientifiques, conçoivent le programme, le mettent en œuvre, et le contrôlent. Les conclusions qu’ils tirent de leurs propres analyses ne présentent aucune impartialité ni crédibilité scientifique. C’est pourtant sur la base de ces conclusions que le préfet avait autorisé la capture de requins au cœur d’un espace marin protégé, lui-même précieux pour l’économie et le tourisme.

Une pêche non sélective et des méthodes opaques

Rappelons que de nombreuses espèces de requins, espèces clés dans l’écosystème et les chaînes alimentaires des océans, sont considérées comme menacées par l’UICN. Les capturer sans plus d’étude quant à leur population, leurs mouvements et leurs comportements engendre nécessairement des conséquences néfastes pour l’ensemble de l’équilibre de l’océan, et plus particulièrement pour l’espace côtier réunionnais déjà bien fragilisé.

Les méthodes de pêches utilisées sont des palangres verticales (drum line) où sont accrochés des appâts qui n’attirent pas uniquement les espèces ciblées. Deux tiers des prises réalisées dans le cadre du programme seraient des prises accessoires. Difficile de savoir ce qu’il en est fait, étant donné qu’aucun observateur assermenté et indépendant n’est accepté sur les bateaux de pêche (les propres rapports du Conseil Technique du Comité des pêches avouent certaines difficultés à recueillir les informations). De nombreux animaux en font les frais, comme ce Grand requin blanc, espèce protégée, tué en octobre dernier, faute d’une véritable formation des acteurs du programme et de la présence de personnes compétentes indépendantes à bord.

Une pêche dangereuse, mais lucrative

Selon une logique totalement absurde, le préfet souhaite donc sécuriser les zones d’activités nautiques en attirant des requins près de ces zones ! Cette pêche présente le risque d’attirer des animaux dans un espace qu’ils n’auraient autrement peut-être pas occupé.

Loin de décroître, ce système où argent public et patrimoine naturel sont sacrifiés sur l’autel de l’obscurantisme vient d’être institutionnalisé au sein de l’ACRAR (Association pour le Centre de ressources et d’appui sur le risque requin), une nouvelle association qui, sur la base des anciennes méthodes, permet aux principaux maîtres d’œuvre de ce système absurde de se tailler une belle part du lion. Ceci explique sans doute cela…

Costa Rica : la pêche à l’aileron de requin difficile à éradiquer

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Costa Rica : la pêche à l’aileron de requin difficile à éradiquer
De PRI’s The World ©2015 Public Radio International, le 21 janvier 2016. Traduction de Céline pour Sauvegarde des Requins

 

Si vous voulez apprendre comment camoufler des ailerons de requin au Costa Rica, demandez Capitaine José Calderon au port Pacifique de Puntarenas.

« Quand l’inspecteur venait contrôler les congélateurs, raconte Calderon avec un gloussement, ils ne contrôlaient jamais la salle des machines, alors on cachait tous les ailerons dedans. »

Le finning, pratique célèbre qui consiste à attraper un requin, lui couper l’aileron et rejeter le reste à l’eau, vivant, est illégal au Costa Rica depuis 2005.

Mais la loi n’a pas arrêté Calderon. Lorsque les inspecteurs ont vu ce qui se trouvait dans la salle des machines, il a usé d’une tactique plus conventionnelle. Il les a soudoyés. « C’était facile, rigole Calderon, trop facile » Il ajoute également qu’il ne s’occupe plus de pêche au requin dorénavant, mais que la demande pour la soupe d’aileron est forte à Hong Kong, et ceci impacte d’autres zones. Souvent, ces derniers se déplacent jusqu’à Cocos, une île luxuriante à trois cent miles dans le Pacifique qui  donne au Costa Rica l’image d’un des pays des plus écologistes et engagés pour l’environnement. Les eaux riches qui bordent Cocos se situent pourtant dans une aire maritime où la pêche au requin est illégale,mais cela ne change guère le problème.

A son poste aux Cocos, le Ranger Geiner Golfin, une sorte de Fidel Castro, physiquement parlant, est en charge de la protection des eaux territoriales des Cocos. Il montre un gros hameçon qui sert à attraper les requins en expliquant que c’est un des nombreux équipements illicites  et confisqués, qui juste en un seul mois, incluent 200 miles de filets de pêche, et 700 bouées.

En fait, l’équipe de Golfin a recueilli tellement d’engins de pêche illégaux qu’ils ont construit un pont suspendu au dessus du  ruisseau qui passe derrière le poste de garde. Il précise que toutes les cordes,  filets et hameçons sont juste une petite fraction de ce qui se trouve aux alentours, et que sa petite équipe est débordée par toute une flotte de bateaux pirates.

Mais la plus grosse menace, selon lui, est actuellement les pêcheries puissantes du Costa Rica connues sous le nom de INCOPESCA. « Nous ne pouvons pas faire notre travail de rangers, ajoute Golfin, car si je vais à la gestion des pêches et que je dis : ok, nous avons besoin de sanctionner ceci ou cela, ils vont me répondre : oh non, ne faites pas cela, vous allez mettre en difficulté mes bateaux ».

Golfin n’est pas le seul à être désespéré par les agences de pêche, il y a également le vice-ministre des Eaux et Océans du pays, Jose Lino Chaves Lopez qui se bat contre. C’est son travail de protéger la faune et l’environnement marin, mais il dit que c’est difficile car les pêcheries ne partagent pas leurs informations, et légalement elles n’y sont pas obligées. De toute façon elles ne répondent à personne quand on les interroge. Chavez dit qu’il y a un conflit d’intérêts puisqu’il est entouré de personnes qui  viennent de l’industrie de la pêche. D’autres sont plus pointues dans leurs critiques. Ils disent que le premier policier de la pêche du Costa Rica semble souvent préférer protéger les criminels.

Comme l’écologiste Randall Arauz, qui a contribué à faire voter la loi anti-finning. Cette dernière précise que les requins entiers doivent entrer au port, avec leurs ailerons attachés à leur corps, afin de réduire la capacité des bateaux. Arauz dit qu’INCOPESCA semble chercher la petite bête en jouant sur les mots : « oh, attendez une minute ! Selon le dictionnaire, « attachés » signifie que vous pouvez l’enlever et le mettre à nouveau ensemble. « 

Arauz dit également que les inspecteurs ont tendance à regarder ailleurs lorsque les « requins Frankenstein » comme il les appelle, arrivent au port, avec des tas d’ailerons cousus sur juste quelques cadavres. Nous avons amené cette affaire devant le parquet du Costa Rica, rajoute Arauz. Le procureur a indiqué que « les ailerons attachés » signifie « naturellement attachés ». Ce qui a engendré, selon Arauz, que les pêcheurs ont de nouveau trouvé une dérive avec une nouvelle pratique qui consiste à conserver une seule bande de peau pour garder la nageoire attachée à la colonne vertébrale et à rejeter le reste du corps à la mer. Il ajoute également que : « d’avoir INCOPESCA qui régit le problème de la surpêche serait comme de confier une banque de don de sang à Dracula »

Bien évidemment les membres de l’agence ne sont pas de cet avis. Un d’entre eux, Mauricio Gonzalez reconnait qu’il y a une marge d’amélioration mais balaie les inquiétudes des activistes comme Randall Arauz. « Ils se développent sur l’argent étranger», dit Gonzales.  » Plus ils trouvent de problème, plus ils en créent, plus ils gagnent de l’argent « . Les réfractaires disent que Gonzalez lui-même fut une fois impliqué dans la pêche illégale au requin près de Cocos, ce qu’il réfute clairement.

Le ministre des Océans Jose Chaves dit que le gouvernement essaie de minimiser le problème de la pêche au requin, mais admet que les changements.

C’est clairement le cas à Puntarenas, là où Calderon planquait alors son butin illicite. Il n’y a pas longtemps, un thonier déchargea environ une douzaine de requins congelés. Les employés ont balancé les animaux gelés sur les docks et ont récupéré leurs ailerons tandis que l’inspecteur David Casillo contrôlait que les ailerons soient « naturellement attachés » Il est également monté à bord du bateau pour être sûr qu’il n’y restait rien à fond de cale. Tout cela lui a pris moins de cinq minutes. Quelqu’un demanda alors « et la salle des machines, là où Calderon cachait autrefois son butin », « La Salle des machines?  Non, nous n’y allons jamais » répondit Casillo.

Ce reportage a été fait en collaboration avec le réseau Food  & Environment Reporting, Une organisation à but non lucratif, qui investigue et reporte les faits illégaux reportés dans l’industrie alimentaire, agricole et de santé environnementale.

https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2013/11/06/le-costa-rica-utilise-interpol-pour-avertir-dune-nouvelle-pratique-illegale-de-finning/

Un nouveau logiciel permet de sauver les requins grâce à leurs nageoires

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L’identification rapide des espèces facilite la lutte contre le commerce illégal d’espèces protégées

19 février 2015, Rome – Les requins peuvent désormais se mouvoir plus sereinement dans les océans et les mers grâce à un nouveau logiciel élaboré par la FAO pour l’identification rapide des différentes espèces en fonction de leurs nageoires.

Le nouveau logiciel iSharkFin sert à protéger les espèces de requins menacées et à lutter contre le commerce illégal des ailerons de requin.

Il constitue un outil pratique pour les douaniers et les inspecteurs sur les marchés de poissons ainsi que pour les pêcheurs qui répugnent à capturer les espèces protégées, indique Mme Monica Barone, qui a dirigé l’équipe du Département des pêches et de l’aquaculture de la FAO chargée du développement du logiciel.

Le travail sur ce projet a débuté en 2013, après que cinq espèces de requins ont été ajoutées à l’annexe de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Comment fonctionne iSharkFin

Le système est basé sur des techniques d’apprentissage automatique et offre une expertise aux inspecteurs portuaires, aux agents des douanes, aux inspecteurs des marché et aux commerçants de poissons qui n’ont pas la formation requise en taxonomie.

Une fois la photo du requin téléchargée, l’utilisateur choisit quelques caractéristiques de la forme de la nageoire et identifie un certain nombre d’autres caractéristiques. Un algorithme compare alors les informations aux données insérées dans la banque de mémoire et permet ainsi l’identification de l’espèce du requin. Le processus prend environ cinq minutes. La FAO élabore aussi une application iSharkFin pour tablette ou smartphone, élargissant ainsi la portée et l’utilisation potentielle du logiciel.

Jusqu’à présent, iSharkFin peut identifier 35 espèces de requins en fonction de leur nageoire dorsale respective (il s’agit de la nageoire emblématique située au sommet de la colonne vertébrale du requin) et de sept nageoires pectorales inférieures.

Plusieurs types de nageoires ont été répertoriés dans le cadre du commerce international. D’autres types seront ajoutés dans la banque de données au fur et à mesure, mais vu que certaines espèces deviennent assez rares, il faut un certain temps pour recueillir un ensemble de données suffisamment complètes.

Le logiciel a été développé par la FAO en collaboration avec l’Université de Vigo en Espagne. La CITES et le Gouvernement du Japon ont fourni un soutien financier.

Une question de survie

L’introduction d’iSharkFin aide les pouvoirs publics à lever le voile sur le halo de mystère qui entoure depuis pas mal de temps l’ampleur réelle de la pêche mondiale au requin.

Les estimations sur le nombre de requins tués varient énormément. Une nouvelle étude suggère un chiffre probablement supérieur à 73 millions, soit plus de 6 pour cent du stock total chaque année. Ce nombre dépasse le taux considéré comme soutenable pour une espèce peu prolifique et qui tarde à arriver à maturité. Il est d’ailleurs quatre fois plus élevé que le chiffre enregistré dans les données de la FAO. Celles-ci sont établies sur la base de statistiques de production officielles.

Cette différence surprenante est souvent attribuée au « shark finning », une pratique infâmante consistant à capturer les requins, à leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis à les rejeter à la mer où ils meurent. De nombreux pays ont déclaré cette pratique illégale et soulignent que les nageoires ne peuvent faire l’objet du commerce que si toute la carcasse du requin est ramenée sur la berge.

L’utilisation d’iSharkFin devrait permettre une meilleure compréhension de l’écart entre les données disponibles sur les tueries de requins et la réalité concrète dans la mesure où les données sur les nageoires photographiées peuvent être utilisées pour extrapoler le volume présumé et le poids de l’animal, permettant ainsi d’extrapoler le volume global de la pêche au requin, précise Mme Barone.

Les défis de la gestion efficace des zones situées en haute mer, notamment la pêche responsable et la conservation des espèces en péril, font l’objet, cette semaine, d’un atelier de haut niveau qui se tient au siège de la FAO, à Rome.

Communiqué de la FAO

http://www.fao.org/fishery/ipoa-sharks/iSharkFin/en

Carcharhinus leucas

Carcharhinus leucas

 

Retirer les requins des assiettes, un des objectifs de la cause animale

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Retirer les requins ou les raies de nos assiettes et rendre aux lions leur royaume. C’est l’un des principaux objectifs lancés par des experts de 120 pays, réunis en Equateur, avec la volonté d’obtenir l’allongement de la liste des animaux en voie d’extinction.

« Nous espérons que 32 espèces soient incluses parmi celles à protéger », a déclaré à l’AFP Bradnee Chambers, secrétaire de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, connue sous le sigle anglais de CMS (Conservation of Migratory Species).

Actuellement l’annexe de cette convention comporte 134 espèces dites en danger, comme le léopard des neiges, la baleine du Groenland, le lamantin des Caraïbes, la gazelle blanche ou l’albatros à queue courte.

Les défenseurs des animaux veulent obtenir l’inclusion de nouvelles espèces, comme les requins ou les raies manta particulièrement prisés dans les assiettes, surtout en Asie.

« La menace principale, c’est la soupe d’ailerons de requin », affirme à l’AFP Ralph Sonntag, directeur pour l’Allemagne du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), lors de cette réunion du CMS qui s’achève dimanche dans la capitale équatorienne.

– Soupes fatales –

La consommation de ces ailerons « provoque la mort de 100 millions de requins par an dans le monde », affirme M. Sonntag.

L’Argentine, le Mexique, l’Espagne, l’Inde, l’Indonésie, Taïwan et le Japon figurent par les principaux pays prédateurs de requins, dont les ailerons sont notamment commercialisés en Chine, précise Sarah Fowler, spécialiste de la question au sein de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Même scénario pour les raies manta, dont les branchies peuvent se vendre jusqu’à 1.150 dollars, selon un rapport de l’organisation britannique Manta Trust.

En 2010, on trouvait quelque 61.000 kilos de branchies de raie dans la ville chinoise de Guangzhou. « Trois ans, plus tard, c’était 138.000 kilos », signale à l’AFP Isabel Ender, une des représentante de Manta Trust.

La pêche à outrance et les captures accidentelles représentent un autre facteur de risque. Les requins « ne peuvent pas se reproduire suffisamment vite pour être remplacés. Nous courons le danger de les perdre », avertit Mme Fowler.

Alors que les requins maintiennent l’équilibre de l’écosystème dans les océans, les lions, qui contribuent à celui de la terre ferme, sont également menacés, en particulier par l’extension des zones agricoles sur leur territoire.

Les lions « ont moins de territoire et plus de pression car ils vivent plus près des personnes et cela entraîne un conflit », explique Mark Jones, de la fondation internationale Born Free.

La population des lions, présents dans 30 pays africains, a diminué de 30% en 20 ans, insiste cet expert.

– Balles empoisonnées –

La perte de territoire affecte aussi les ours polaires en raison du grand dégel arctique, où vivent entre 20.000 et 25.000 de ces animaux.

« Ce qui se passe à présent, c’est que les ours polaires arrivent vers le continent durant l’été. Avec pour résultat l’augmentation de la chasse », indique à l’AFP Masha Vorontsova, qui a fondé la section de l’IFAW en Russie.

« Selon certaines projections, l’ours polaire ne sera plus présent qu’au Canada à l’horizon 2100 », après avoir disparu des Etats-Unis, de Russie, de Norvège, du Danemark et du Groenland, rapporte Mme Vorontsova.

Autre dossier sensible, celui des quelque 1,5 million d’oiseaux abattus lors de leur migration vers le nord de l’Afrique. Les munitions en plomb constituent une source de pollution, causant d’autres décès.

« Les balles se fragmentent en petits éclats qui restent dans l’environnement. Les aigles ou d’autres rapaces ingèrent ces morceaux de plomb qui les empoisonnent », décrit Ruth Cromie, de l’organisation Wildfowl and Wetland Trust.

Au bout de la chaîne alimentaire, c’est l’être humain, consommateur d’oiseaux, qui pourrait se retrouver à son tour contaminé par ce métal toxique.

AFP, 8 nov

Pêche des grands fonds: l’UE continue de veiller sur les requins

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Les Etats membres de l’UE ont décidé lundi de proroger pour au moins deux ans l’interdiction de pêche des requins des grands fonds par la flotte européenne, lors d’une réunion des ministres de la Pêche à Bruxelles.

« Nous avons réussi à protéger les espèces vulnérables de requins en interdisant toute pêche de ces espèces » dans les eaux de l’Union et les eaux internationales de l’Atlantique du nord est, s’est félicité le nouveau commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, à l’issue de cette réunion.

Pour les autres stocks de poissons dont les ministres devaient examiner les possibilités de capture, les deux prochaines années s’annoncent moins roses.

Globalement, les ministres, à l’exception de l’espagnole et du portugais qui ont voté contre l’accord, se sont entendus pour réduire leur pêche, notamment de grenadier de roche, de sabre noir, et de dorade rose.

Mais ces baisses sont inférieures à celles que souhaitait la Commission européenne dans le cadre de la nouvelle politique commune de pêche, axée sur la lutte contre la surpêche et la sauvegarde des espèces.

La France a ainsi limité la réduction totale des captures de sabre noir à 8% pour 2015 et 2016, contre des baisses de 20% et 14% proposées pour chacune de ces années par la Commission selon les zones de pêche.

Les pêcheurs européens devront aussi réduire leurs prises de dorades roses de 5%, 25% et 52% dans trois zones différentes de l’Atlantique, en 2015 et à nouveau en 2016. L’exécutif européen proposait, lui, des réductions de 20%, 34% et 62%.

Cet accord « est totalement en conformité avec les objectifs de durabilité de la nouvelle PCP », s’est toutefois félicité M. Vella.

Mettant en avant la fragilité des espèces des grands fonds, lentes à croire et à se reproduire, les organisations écologiques, dont la fondation Pew et Greenpeace, avaient demandé des baisses supplémentaires de captures, sauf à mettre en danger la viabilité économique et sociale des flottes concernées.

L’UE est également censée travailler à l’adoption d’un règlement renforçant la protection des espèces des profondeurs, en limitant notamment la pratique du chalutage profond. La procédure, longtemps combattue par la France, marque toujours le pas.

AFP, 10 nov

Le grand requin blanc n’est pas en danger d’extinction dans le Nord-Est Pacifique (étude)

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Le grand requin blanc n’est pas en danger d’extinction dans le nord-est du Pacifique et voit même sa population augmenter dans cette zone, selon une nouvelle recherche internationale publiée lundi qui dément un rapport alarmiste paru précédemment.

Cette étude, qui estime la population de ces requins à plus de 2.000 dans cette région, souligne que les mesures de protection mises en oeuvre sont efficaces pour préserver le plus grand poisson carnivore au monde.

Ces conclusions, qui paraissent dans la revue scientifique américaine PLOS ONE, confortent une recherche précédente menée par le National Marine Fisheries Service (NMFS) faisant état d’une population d’environ 3.000 requins blancs dans cette zone.

« Nous avons déterminé qu’il y a un nombre suffisant de ces requins et que de ce fait le risque d’extinction est très faible », explique Heidi Dewar, une biologiste marine du NMFS en commentant cette étude menée par George Burgess, directeur du programme de recherche de Floride sur les requins.

« En fait, la plupart de nos observations suggèrent que la population de ces requins augmente », ajoute Heidi Dewar.

L’équipe scientifique internationale a analysé à nouveau une recherche effectuée il y a trois ans qui indiquait que le nombre de requins blancs dans le nord-est du Pacifique n’était que de 219, selon un décompte effectué sur deux sites.

Cette étude avait déclenché des pétitions pour placer le requin blanc sur la liste des animaux en danger d’extinction.

George Burgess et ses collègues ont ainsi réuni une équipe de dix experts couvrant tous les aspects de la biologie de ces requins, comme leur démographie, la dynamique de leur population, leur histoire, leurs mouvements, les mesures de conservation et les modèles informatiques existants.

Ces chercheurs ont étudié les requins blancs de la Floride à la Californie, de l’Alaska à Hawaii et autour du globe.

Les requins blancs sont particulièrement difficiles à décompter car ils sont très mobiles et se regroupent par âge, sexe et taille.

A la différence des mammifères marins, ils ne remontent pas à la surface pour respirer, expliquent les auteurs.

AFP, Juin 2014 

Proposition d’une protection internationale pour les requins, les raies, poissons-scies, les ours polaires et les lions

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Communiqué de presse : Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage/Secrétariat assuré par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement

Le sort de quelques espèces emblématiques est en jeu tandis que débute le compte à rebours d’une conférence essentielle pour la conservation de la vie sauvage

Bonn, Allemagne, 11 juin 2014 – Quelques espèces animales parmi les plus menacées au monde, dont beaucoup sont migratrices, doivent affronter des menaces sans précédent allant du changement
climatique à la destruction des habitats, en passant par la surexploitation et la pollution. Cela a entraîné un certain nombre de demandes de nouvelles inscriptions sur les Annexes, qui seront examinées lors de la COP 11 de la CMS, qui constitue une conférence internationale majeure sur la vie sauvage et qui se tiendra du 4 au 9 novembre 2014 à Quito, en Équateur.

La Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage (également connue sous l’appellation CMS ou « Convention de Bonn »), administrée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, constitue la seule convention internationale à protéger les espèces qui se déplacent à travers les frontières internationales. Tous les trois ans, elle organise une réunion internationale de tous ses membres (la Conférence des Partie (COP)) afin de convenir de mesures de conservation coordonnées au niveau mondial en faveur des espèces migratrices et de décider quelles espèces doivent être protégées par ses deux Annexes. La date limite pour proposer une inscription
lors de la COP11 de la CMS était le 6 juin et 32 espèces au total ont fait l’objet d’une proposition d’inscription à l’Annexe I, qui requiert une protection stricte, et à l’Annexe II, qui requiert une gestion coordonnée par les pays dans lesquels l’espèce migre.

Parmi les propositions d’inscription reçues l’on trouve un grand nombre d’espèces de requin et de raie, dont deux types de requin marteau, lerequin soyeux, trois espèces de requin renard, la raie manta du prince Alfred, ainsi que neuf espèces de raie Mobula. Par ailleurs, cinq espèces de poissons-scies, dont certaines sont en danger critique d’extinction, ont été proposées.

« Un des messages clairs envoyé par ces propositions d’inscription est que les Parties de la CMS considèrent la situation désespérée des requins tellement grave qu’elles ont proposé plus de vingt espèces de requin et de raie. Cela peut également être vu comme un vote de confiance en la CMS en
tant que plateforme pour faire avancer la conservation internationale des requins, mais également pour de nombreuses autres espèces migratrices d’animaux sauvages menacées d’extinction », a déclaré Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la CMS.

Parmi les autres espèces mises en avant par les Parties de la CMS et qui seront examinées lors de la COP 11 l’on peut citer l’ours polaire, fortement menacé par le changement climatique, le lion d’Afrique, dont la population a chuté de 30 pour cent au cours des vingt dernières années à cause de
la perte de ses habitats et autres menaces humaines, ainsi que l’anguille d’Europe, menacée par la surpêche et les barrages.

D’autres sujets seront abordés lors de la COP11 de la CMS à Quito cette année, dont la chasse illégale des éléphants, au bord de l’extinction tandis qu’une centaine d’animaux sont victimes du braconnage chaque jour. Ce sujet sera également bien placé à l’ordre du jour de la toute première
Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (UNEA), qui se tiendra à la fin du mois, et a également fait l’objet de plusieurs récents sommets importants entre chefs d’État. D’autres thèmes affectant les espèces migratrices seront débattus lors de la COP11 de la CMS, en novembre, dont le changement climatique, les débris marins, les effets des installations pour les énergies renouvelables et la capture illégale des oiseaux.

Le président du Comité permanent de la CMS, le Professeur Alfred Oteng-Yeboah, du Ghana, a commenté : « La COP de la CMS se tient en plein milieu d’une période chargée dans l’agenda environnemental international. La Convention sur la diversité biologique organise sa COP le mois d’avant en Corée et le Congrès mondial sur les parcs de l’UICN se tient à Sydney peu de temps après. Ce sera la première fois en 35 ans d’existence de la CMS que la COP se tient en Amérique. Nous nous attendons à ce que la conférence attire des décideurs majeurs issus de nombreux gouvernements, des organisations internationales et la société civile. »

Les espèces couvertes par la CMS sont extrêmement variées, allant de la baleine bleue à l’éléphant d’Afrique, en passant par les gazelles, les tortues de mer, les requins, ainsi que de nombreux oiseaux tels que les albatros, les rapaces, les oiseaux d’eau, les passereaux ou encore le monarque.

En signant la convention, les 120 Parties de la CMS reconnaissent que ces animaux, sous leurs formes innombrables, font partie de manière intrinsèque du système naturel de la Terre, qui doit être conservé pour le bien de l’humanité.

Les détails du programme de la prochaine Conférence des Parties de la CMS (COP) sont divulgués petit à petit. Le compte à rebours de la conférence, qui se tiendra sous le slogan « L’heure de l’action », a commencé avec la fin du délai le 6 juin dernier pour proposer l’inscription d’espèces.

La liste complète des espèces dont l’inscription dans les Annexes de la CMS sera décidée par les gouvernements lors de la COP11 de la CMS inclue 3 mammifères terrestres, 2 mammifères marins, 5 oiseaux et 22 poissons. Toutes les propositions soumises par les Parties de la CMS sont accessibles
sur le site web de la CMS : http://www.cms.int

Notes pour les rédacteurs
Principales propositions d’inscription en vue de la COP11 de la CMS :

-L’inscription du lion d’Afrique, dont la population a chuté de 30 pour cent au cours des vingt dernières années, a été proposée pour l’Annexe II. Il reste seulement 40.000 animaux sur 100.000 environ en 1900, présents dans seulement 25 pour cent de leur aire de répartition historique. Seule
une population isolée du Lion d’Asie, dont l’inscription à l’Annexe I a été proposée, existe encore en Inde (État de Gujarat) et compte environ 175 animaux adultes.

-L’ours polaire, un superprédateur qui passe la majeure partie de l’année à chasser dans la mer et sur la glace, peut parcourir jusqu’à 1.000 kilomètres. Maintenant que son inscription à l’Annexe II a été proposée, une perspective mondiale, y compris une meilleure compréhension des impacts du changement climatique sur les ours polaires, pourrait être ajoutée aux mesures de conservation sur lesquelles les pays de la région travaillent depuis des décennies.

-L’inscription de deux espèces de requin-marteau (le grand et le halicorne) a été proposée pour l’Annexe II. Caractérisés par leur tête à la forme particulière dont leur nom est tiré, les requins marteaux ont subi un déclin drastique ces dernières années, jusqu’à 99 % pour certaines populations.
Parmi les autres espèces de requin dont l’inscription dans l’Annexe II a été proposée l’on peut citer le requin soyeux et trois espèces de requin renard.

-L’inscription de la raie manta du prince Alfred, ainsi que de neuf espèces de raie Mobula ou de mourine, a été proposée pour les deux Annexes. Dans plusieurs régions, les populations de raie manta du prince Alfred ont chuté de près de 80 pour cent sur trois générations, soit environ 75 ans.
Les principales menaces sont les pêches ciblées et accidentelles. Les produits issus de la raie manta ont une forte valeur sur les marchés internationaux.

-L’inscription de cinq espèces de poissons-scies, sont certaines sont en danger critique d’extinction, a été proposée pour les Annexes I et II. Les propositions d’inscription ont coïncidé avec le lancement d’une stratégie internationale pour la conservation des poissons-scies par le Groupe
spécialiste des requins de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), lors de la Conférence internationale sur les requins qui s’est tenue à Durban, en Afrique du Sud, la semaine dernière. Cette proposition amène à un total de 21 le nombre de requins et de raies dont l’inscription a été proposée.

-L’anguille d’Europe, dont les schémas de migration uniques la font voyager des rivières européennes à la mer des Sargasses, au milieu de l’océan Atlantique nord, est menacée par la surpêche et les barrages, qui constituent des obstacles à la migration. Elle fait déjà l’objet de mesures de protection dans le cadre de la réglementation de l’Union européenne.

-L’inscription de la grande outarde, l’un des plus grands oiseaux capables de voler au monde, a été proposée pour l’Annexe I. Elle est déjà répertoriée dans les deux Annexes. La proposition d’inscrire la population mondiale dans l’Annexe I supprime la restriction géographique actuelle à la population d’Europe centrale.

CMS – La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) est un traité environnemental, conclu sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), qui fournit une plateforme internationale pour la conservation et l’utilisation durables des espèces migratrice et de leurs habitats. La CMS réunit les États que les animaux migrateurs traversent afin qu’ils conviennent de mesures de conservation coordonnées au niveau international en faveur d’une grande variété d’animaux migrateurs en danger d’extinction. La CMS est une convention en pleine croissance, avec une importance spéciale du fait de son expertise en matière d’espèces migratrices. Elle compte aujourd’hui 120 Parties. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site web de la CMS : http://www.cms.int

COP – La Conférence des Parties est le principal organe de décision de la Convention et est organisée tous les trois ans afin d’adopter le budget, le Plan stratégique et les décisions d’orientation, dont les amendements aux deux Annexes de la Convention. La COP11 se tiendra à Quito sur invitation du gouvernement équatorien, en novembre, et ce sera la première fois que les Parties se réunissent en Amérique. Les détails du programme de la COP11 seront postés sur le site web de la CMS au fur et à mesure de leur divulgation.

Le Professeur Alfred Oteng-Yeboah, du département de Botanique de l’Université du Ghana, est le président actuel du Comité permanent de la CMS ; son mandat se termine à la fin de la COP11. Il est également conseiller scientifique nommé par la COP pour la faune africaine et est membre du Bureau de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée.

Stratégie internationale de l’UICN pour les poissons-scies – Le Groupe spécialiste des requins (SSG = Shark Specialist Group) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a publié une stratégie internationale afin d’empêcher l’extinction des poissons-scies et de promouvoir leur rétablissement, après qu’ils ont été dévastés par la surpêche et la perte des habitats.

 

 

La FAO apporte un nouvel éclairage sur les requins d’eau profonde

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Communiqué FAO

Une série de guides aidera les pêcheurs à améliorer leurs déclarations de prises accessoires

Photo: ©Citron / CC-BY-SA-3.0 Wikimedia commons

L’océan Indien abrite environ 36 % des espèces cartilagineuses vivant en eau profonde, comme le requin-lézard, photographié ici près de la surface

L’océan Indien abrite environ 36 % des espèces cartilagineuses vivant en eau profonde, comme le requin-lézard, photographié ici près de la surface

28 mai 2014, Rome – Une nouvelle série de guides conçue par la FAO pour améliorer les déclarations de captures et la pérennité des pêches en eau profonde devrait faciliter la tâche aux pêcheurs pour identifier les requins.

N’étant généralement pas la cible des pêcheurs, les requins et certains groupes d’éponges et de coraux d’eau froide peuvent néanmoins être affectés par les navires pratiquant la pêche au chalut de fond à des profondeurs allant de 200 à 2 000 mètres.

Dans la plupart des cas, le taux de survie de ces espèces accessoires, une fois rejetées en mer, est faible.

Les pays qui fournissent des informations détaillées sur les prises accessoires en eau profonde sont rares, par conséquent, il est difficile de comprendre les effets que ces pêches ont sur les écosystèmes marins vulnérables.

« Les profondeurs de l’océan regorgent d’espèces étranges et merveilleuses qui jouent un rôle important dans les écosystèmes d’eaux profondes », explique Johanne Fischer du Programme FishFinder de la FAO. « Mais les scientifiques comme les pêcheurs peuvent avoir du mal à les identifier car ils disposent d’outils limités, et lorsqu’ils déclarent leurs prises, ils ont tendance à regrouper les espèces dans la catégorie requins des profondeurs' ».

En général, les déclarations de captures des poissons cartilagineux – requins, raies, mantes et chimères dont le squelette est composé de cartilage – sont minimes par rapport à celles des poissons osseux.

A l’échelle mondiale, et sur l’ensemble des types de pêches, seulement 36 pour cent des prises de poissons cartilagineux ont été identifiées au niveau des espèces ou genres en 2011, contre plus de 75 pour cent pour les poissons osseux.

« Il nous faut mieux comprendre ce qui se passe, en particulier pour les grands fonds », a indiqué l’Analyste des pêches de la FAO, Jessica Sanders. « Les nouveaux guides de la FAO aideront les pêcheurs à fournir des informations plus précises sur les prises. Ainsi, les pays pourront mettre en œuvre les Directives internationales de la FAO sur la gestion de la pêche profonde en haute mer, qui énoncent des recommandations en vue de la conservation et de la gestion des écosystèmes vulnérables ».

La FAO soutient la mise en application des pratiques durables de gestion des pêches présentées dans les Directives dans le cadre d’un programme détaillé sur la pêche profonde qui prévoit d’améliorer les déclarations de captures grâce à des manuels d’identification et des programmes de formation.

Le plus vaste habitat de la planète

Les grands fonds sont le plus vaste habitat de la planète, couvrant 53 pour cent de la superficie des océans. Au cours des dernières décennies, leurs ressources ont été de plus en plus exploitées par la pêche.

Loin des côtes, la gestion durable des pêches profondes est complexe. La pêche en eau profonde dans des zones situées au-delà de la juridiction nationale (ZADJN) échappe au contrôle des pays individuels et a souvent lieu dans les sites submergés des océans comme les monts sous-marins.

Ces écosystèmes sont souvent sensibles du fait de la lenteur de la croissance et du rythme de reproduction de nombreuses espèces, qui les rendent particulièrement vulnérables à la surpêche.

« Plus que dans toute autre zone marine, garantir la conservation à long terme et l’exploitation durable des ressources vivantes des grands fonds dépend de la volonté des pays, et des pêcheurs eux-mêmes, d’adopter des stratégies de gestion durables et responsables« , a expliqué Jeremy Turner, Coordonnateur FAO de Common Oceans, le programme des zones ZADJN administré conjointement par la FAO et le Fonds pour l’environnement mondial.

La série démarre avec l’océan Indien

Le premier guide de la série sur les espèces vulnérables d’eaux profondes porte sur l’océan Indien, une des régions les plus variées et les moins connues pour ce qui est des poissons cartilagineux abyssaux.

Au total, l’océan Indien abrite environ 36 pour cent des espèces cartilagineuses mondiales: 117 espèces de requins, 61 espèces de mantes et raies et 17 espèces de chimères, également appelées requins fantômes.

Parmi celles-ci figurent notamment le squalelet féroce d’un demi-mètre de long (connu pour sa technique consistant à entailler des rondelles de chair sur les grands animaux marins) ainsi que le requin babosse, le requin à longue dorsale (ou faux requin-chat) et la pastenague d’eau profonde, qui peuvent tous atteindre trois mètres de long.

Le guide a une couverture plastifiée pour pouvoir être utilisé en mer. Il comprend des illustrations en couleurs des requins les plus difficiles à identifier ou les plus couramment capturés, ainsi que des représentations d’autres espèces souvent confondues.

Elaboré par le Programme FAO de pêche en eaux profondes en étroite collaboration avec FishFinder, avec le concours financier de la Norvège et du Japon, le guide est accompagné d’un catalogue des espèces comprenant toutes les informations scientifiques.

La série comprendra par la suite les éponges et les coraux et couvrira toutes les zones de pêche profonde les plus importantes de la planète.

La FAO et les requins

La FAO travaille depuis longtemps à une meilleure gestion et conservation des requins. Un Plan international d’action adopté à cet effet en 1999 stipule que les pays pratiquant la pêche au requin élaborent des programmes nationaux pour leur conservation et leur gestion.

A ce jour, 18 des 26 premières nations pratiquant la pêche au requin disposent d’un plan national sur les requins, qui est en cours de mise au point dans 5 autres pays.

Source FAO Mai 2014

Requins :captures mondiales 2012