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Les attaques de requins en baisse sur l’année 2016

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Traduction Sauvegarde des Requins

ISAF : The International Shark Attack File

L’International Shark Attack File de l’Université de Floride a signalé 81 attaques non provoquées dans le monde, ce qui correspond à la moyenne quinquennale d’environ 82 incidents par an.

Quatre des attaques ont été mortels, soit une baisse par rapport aux six décès de l’année précédente.

« Les attaques mondiales continuent à lentement progresser à mesure que la population humaine grandit et les sports aquatiques deviennent plus populaires », a déclaré George Burgess. « Une attaque de requins est un phénomène humain »,  et d’ajouter que le pic de 2015 des attaques a été influencé par des eaux plus chaudes. « Les requins font naturellement partie de l’écosystème. L’océan est un environnement étranger pour les humains, et quand nous entrons dans la mer, nous entrons dans un territoire sauvage. « 

L’Afrique du Sud a connu moins d’incidents que d’accoutumé, avec seulement une attaque non mortelle. L’Australie, quant à elle compte 15 attaques dont 2 mortelles. Dans le Pacifique Sud, le territoire français de la Nouvelle-Calédonie est apparu comme «une zone de préoccupation» avec quatre attaques en 2016, dont deux mortels, a déclaré Burgess.

Aux États-Unis, la Floride a enregistré le plus grand nombre d’attaques, soit environ 60% des attaques en Amérique du Nord et environ 40% du total mondial. Avec 15 incidents, le comté de Volusia a représenté près de la moitié des attaques totales de la Floride. Hawaï a eu 10 attaques, suivie par la Californie avec quatre, la Caroline du Nord avec trois, la Caroline du Sud avec deux et une attaque au Texas ainsi qu’en Oregon.

La base de données, qui répertorie les attaques de requins dans le monde, définit les attaques de requins non provoquées comme celles lancées par un requin dans son habitat naturel. Burgess a déclaré que beaucoup de ces incidents pourraient être plus précisément appelés «interactions homme-requin», comme toutes les attaques ne causent pas de blessures, et elles peuvent inclure un contact rugueux avec un requin ou une morsure sur une planche de surf.

Cinquante-huit pour cent des attaques dans le monde entier impliquent des  sports de glisse, qui produisent des éclaboussures-(le genre de perturbation de l’eau qui peut attirer un requin).

Bien que les attaques de requins aient progressivement augmentées, le nombre d’attaques mortelles a constamment baissé au cours du siècle passé, a déclaré Lindsay French, gestionnaire de la base de données pour le programme de la Floride. Elle et Burgess attribuent ce recul à l’amélioration des pratiques de sécurité sur les plages, à un meilleur traitement médical et à une prise de conscience accrue du public sur la façon d’éviter les situations potentiellement dangereuses.

Alors que les risques d’être blessé ou tué par un requin sont «infinitésimaux», l’ISAF propose des recommandations sur la façon de réduire le risque d’une attaque de requin ou de repousser un requin attaquant, précise Burgess. Lui et Lindsay French ont noté que si la population humaine est en hausse, de nombreuses espèces de requins sont en déclin. « Menacés par la surpêche et la perte d’habitat, la vie complexe des requins  ne leur permet pas de rebondir rapidement. En tant que grands prédateurs, leur nombre est intrinsèquement bas par rapport à d’autres espèces marines plus petites. De plus, leur maturité sexuelle tardive et leur longue gestation aggravent leurs  chances de reconstruire leur population »…« Maintenant que les populations de requins sont en baisse, la reconstruction de leur population  prend beaucoup de temps. Ils occupent une place spéciale dans leur écosystème, et cette perte dans la chaîne alimentaire de la vie marine va avoir un effet sur l’ensemble du système. »

2014 :https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2015/02/22/les-attaques-dans-le-monde-pour-2014/

2013 :https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2014/02/27/les-attaques-de-requins-dans-le-monde-en-chiffres-la-fin-dun-mythe/

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Les attaques dans le monde pour 2014

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Résumé ISAF pour l’année 2014

130 incidents présumés résultant d’une interaction Homme Requin ont été étudiés. Après examen, 72 de ces incidents représentent des. «Attaques non provoquées»

« Attaques non provoquées » sont définies comme des incidents où une attaque sur un homme en vie par un requin qui se produit dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin.

« Attaques provoquées » : attaques résultants d’une interaction provoquée par l’homme c’est-à-dire quand un humain initie un contact physique avec un requin, par exemple, un plongeur mordu après avoir attrapé un requin, les attaques contre les pêcheurs (pêche sous marine) et impliquant le fait que  les requins se nourrissaient, les morsures suite au décrochage ou l’enlèvement d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

3 décès dans le monde pour l’année 2014,ce qui porte la moyenne sur 10 ans à 6 décès par an

et 8 décès par an sur 5 ans

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2005 et 2014

Les attaques de requins dans le monde en chiffres : la fin d’un mythe

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François  SARANO, image du film Océans

François SARANO, image du film Océans

Le requin un mangeur d’hommes?!!

*63 décès au total dans le monde sur 10 ans, soit une moyenne de 6,3/an. Et une moyenne de 8,6/an pour ces 5 dernières années.

Les chiffres de 2004 à 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Ces données reprennent les attaques dites « non provoquées ».

« Attaques non provoquées » sont définies comme des incidents où une attaque sur un homme en vie par un requin qui se produit dans son habitat naturel, sans provocation de l’homme sur le requin.

« Attaques provoquées » : attaques résultants d’une interaction provoquée par l’homme c’est-à-dire quand un humain initie un contact physique avec un requin, par exemple, un plongeur mordu après avoir attrapé un requin, les attaques contre les pêcheurs (pêche sous marine) et impliquant le fait que  les requins se nourrissaient, les morsures suite au décrochage ou l’enlèvement d’un requin d’un filet de pêche, etc.

Résumé ISAF pour l’année 2013, traduction Sauvegarde des requins

Le Fichier international des attaques de requins a étudié 125 cas supposés d’interaction homme/requin dans le monde en 2013.

Après examen, 72 de ces incidents s’avèrent être des attaques non provoquées.

53 incidents n’ont pas été retenus pour le  statut « attaques non provoquées » en 2013 :  28 « attaques provoquées » , 4 interactions impliquant la morsure d’un requin sur des  bateaux motorisé ou non motorisé (  » attaque de bateau  » ) , 6 incidents considérés comme n’impliquant pas un requin, 2 cas impliquant un naufrage de bateau ou un avion accidenté , deux incidents impliquant des morsures poste mortem, et 11 cas pour lesquels des données ne sont pas encore disponible pour déterminer si une attaque de requin non provoquée s’est produite ( «preuves insuffisantes »).

Le nombre total annuel pour 2013 est de 72 attaques non provoquées, chiffre inférieur au 81 attaques enregistrées en 2012 et représente le chiffre le plus faible depuis 2009 (67). En général, cependant, le nombre d’attaques de requins non provoquées à travers le monde a augmenté à un rythme régulier depuis 1900, chaque décennie ayant plus d’attaques que la précédente. La croissance numérique dans les interactions de requins ne signifie pas nécessairement qu’il y a une augmentation dans le taux d’attaques de requins, cela reflète très probablement l’augmentation du temps passé dans l’eau par l’homme, ce qui augmente les possibilités d’interaction entre les deux parties concernées.

Le nombre d’interactions requin /homme qui se produisent sur une année donnée est directement corrélé à la quantité de temps que les hommes passent dans la mer. Alors que la population mondiale continue son essor et l’intérêt pour les loisirs aquatiques augmente en même temps, nous devrions nous attendre de façon réaliste à l’augmentation du nombre d’attaques de requins et autres blessures liées aux loisirs aquatiques. Si les populations de requins restent les mêmes ou augmentent, on peut prévoir plus d’attaques chaque année que l’année précédente parce que plus de gens sont dans l’eau. Les populations de requins, en revanche, sont en fait en baisse ou se maintiennent à des niveaux très réduits dans de nombreuses régions du monde en raison de la surpêche et la perte d’habitat, réduisant ainsi théoriquement la possibilité pour ces interactions de requin/homme. Cependant, la variabilité d’année en année dans des conditions économiques, sociales, météorologiques, océanographiques et locales influe également de manière significative sur l’abondance locale des requins et des hommes dans l’eau et, par conséquent, les chances de se rencontrer. En conséquence, les tendances à court terme du nombre de morsures de requin en hausse ou en baisse doivent être considérées avec prudence. L’ISAF préfère voir les tendances sur des périodes de temps plus longues (par exemple, par décennie) plutôt que d’essayer d’attribuer trop d’importance à la variabilité (souvent élevée) d’année en année.

En plus de l’augmentation du nombre d’heures passées dans l’eau par les hommes, l’efficacité de l’ISAF dans la découverte et l’enquête concernant les attaques s’est considérablement améliorée au cours des 25 dernières années, conduisant à de nouvelles augmentations du nombre d’interactions enregistrées. Le transfert de l’ISAF au Florida Museum of Natural History en 1988 a abouti à élargir considérablement la portée internationale des incidents d’attaques et à enrichir ses données sur les attaques. Au début des années 1990, l’ISAF a développé des relations de coopération avec de nombreuses organisations importantes de sécurité pour les plages de la Floride et des installations médicales, conduisant à une augmentation des données des attaques provenant d’une région qui est un chef de file mondial dans les loisirs aquatiques. Les avancées fondamentales de la communication électronique ( moteurs de recherche Internet , e-mails , les téléphones portables , les textos , les médias sociaux ) , ont considérablement agrandit le nombre d’observateurs scientifiques sur le plan mondial de l’ISAF, et une augmentation de l’intérêt pour les requins dans le monde entier , engendré en partie par une augmentation de l’attention des médias donnée aux requins , ont favorisé une documentation plus complète des incidents requin/homme au cours des dernières années .

En suivant les tendances à long terme, les eaux nord-américaines ont eu le plus de morsures non provoquées en 2013 (47,2% : 34 attaques). Le total de 47 attaques aux États-Unis (dont 13 à Hawaï non nord-américain) a été plus faible que le total 2012 de 54 attaques enregistrées (y compris Hawaï et Porto Rico), le plus haut total annuel du siècle. Les totaux de 2012 et 2013 se situent en contraste avec le chiffre (29) enregistré en 2009, le plus bas total annuel des États-Unis de ce siècle.

Ailleurs , les attaques ont eu lieu en Australie ( 10 ) , Afrique du Sud ( 5 ) , la Réunion ( 3 ) , et la Jamaïque ( 2 ), avec des incidents isolés signalés en provenance du Brésil , Diego Garcia , Nouvelle-Calédonie , Nouvelle-Zélande , et la République des Seychelles . 10 attaques en Australie, son plus bas total annuel depuis 2008 (9), et qui reste inférieur à sa moyenne de 12,3 attaques par an au cours des dix dernières années (2003-2012).Trois attaques ont eu lieu en Nouvelle-Galles du Sud, deux dans le Queensland et un seul incident a été enregistré à Victoria.

Afrique du Sud : 5 attaques pour une moyenne sur dix ans de quatre par an. De même, 1 attaque fatale enregistrée cette année se rapproche de la moyenne de la dernière décennie de 1,3 par an. Pour mettre ces totaux dans leur contexte, au cours des dix dernières années, l’Afrique du Sud a eu des années avec pas moins de huit attaques (2010) et quatre décès (2009), mais aussi une année (2008) sans attaque, soulignant à nouveau la nature volatile du phénomène à la fois régional et international.

Réunion : 3 attaques, 3 en 2012 et 4 attaques en 2011 dont 5 fatales (en 3 ans) suggère que ce petit Etat insulaire a développé une situation problématique où des changements, d’origine anthropique probablement, ont contribué à un plus fort nombre, que d’habitude, d’interactions requin – homme hautement délétères.

Comme cela a été la norme depuis des décennies, la Floride a encore le plus grand nombre (49 %) d’attaques non provoquées aux États-Unis. Le total de 23 morsures en Floride est similaire à la moyenne 2003-2012 de 21 attaques par an. Par ailleurs, après les tendances récentes, le comté de Volusia avait le plus d’incidents (8) au sein de la Floride. Ce comté de côte centre-est a enregistré plus d’un tiers (37 % : 257 sur 687 cas) de la totalité des interactions requin/homme de la Floride à ce jour. Cette situation est attribuable à une utilisation élevée des loisirs aquatique, des longues et agréables plages et des eaux du comté par les résidents de la Floride et les touristes, en particulier les surfeurs , et à la nature riche de sa faune marine . Les autres comtés de Floride ayant connus des attaques en 2013 : Brevard ( 3 ) , Duval , Martin , Miami -Dade et Palm Beach (2 chacun) , et bay , Escambia , Okaloosa , et St. Johns ( 1 chacun) .

D’autres attaques ont été enregistrées à Hawaï ( 13 ) , Caroline du Sud ( 6 ) , et l’Alabama , la Californie , la Caroline du Nord , l’Oregon et le Texas ( 1 chacun) . 13 attaques de Hawaï étaient son plus haut total depuis les 10 en 2012 et supérieur à sa moyenne annuelle de dix ans (4,3) , la plupart des incidents survenant sur les îles de Maui ( 7 ) et Hawaï ( 4 ) . 1 attaque a été signalée à Kauai et Oahu. L’attaque fatale à Maui était la première à Hawaii depuis 2004. Les totaux supérieurs à la moyenne des attaques à Hawaii au cours des deux dernières années sont le reflet de l’augmentation des interactions à Maui. En harmonie avec le thème commun de la grande variabilité, Hawaii a connu une attaque en 2008, et 7 en 2007, aussi les derniers totaux élevés ne signifient pas nécessairement une tendance à la hausse à long terme.

10 décès causés par des attaques non provoquées en 2013, en hausse par rapport au total des 7 en 2012 et au-dessus de la moyenne de 2003 à 2012 de dix ans de six décès par an. Ces décès ont été enregistrés en Australie ( 2 ) , la Réunion ( 2 ) , le Brésil ( 1 ) , Diego Garcia ( 1 ) , Hawaï ( 1 ) , la Jamaïque ( 1 ) , la Nouvelle-Zélande ( 1 ) , et l’Afrique du Sud ( 1 ) . Bien que supérieur à celui de ces dernières années , la tendance à long terme des taux de mortalité est en réduction constante au cours des 11 dernières années , reflet de l’évolution des pratiques de sécurité pour les plages et les traitements médicaux , et la sensibilisation du public d’éviter des situations potentiellement dangereuses . Le taux de mortalité aux États-Unis est nettement plus faible (2,1%) que dans le reste du monde ( 36 % ) , probablement le reflet de la plus grande sécurité et la capacité médicale dans les régions des États-Unis où les attaques de requins se produisent historiquement . Cela souligne la nécessité d’accroître les efforts visant à améliorer la sécurité de la plage, y compris la sensibilisation du public sur les risques de requins, avec des sauveteurs bien formés, et l’amélioration des soins médicaux d’urgence et les capacités médicales dans de nombreux endroits du monde.

Les surfeurs et les autres pratiquants de sports de glisse étaient le plus souvent (46% des cas) impliqués dans les incidents 2013. Les usagers de la mer les moins touchés inclus nageurs / pêche sous marine (31 %) et les plongeurs (14%). Les surfers ont été le groupe d’usagers les plus touchés au cours des dernières années, le résultat probable de la grande quantité de temps passé par les personnes engagées dans une activité de provocation (coups de pieds, éclaboussures avec les mains, et  » wipeouts «) dans une zone fréquentée par les requins, la zone de surf. Si vous êtes attaqué par un requin, nous vous conseillons une réponse proactive. Frapper un requin sur le nez, idéalement avec un objet inanimé, incite généralement le requin à restreindre temporairement son attaque. Il faut essayer de sortir de l’eau à ce moment-là. Si cela n’est pas possible, des coups répétés sur le  museau peuvent offrir un répit temporaire, mais le résultat est susceptible de devenir de moins en moins efficace.

Plus d’informations sur la prévention : ici (http://www.flmnh.ufl.edu/fish/sharks/Attacks/relariskreduce.htm)

Les autres données en tableau :

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

Données de ISAF (International Shark Attack File) entre 2004 et 2013

La Réunion, île aux requins malgré elle

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Sur la plage de l’Ermitage, à La Saline, Georges, 48 ans, en vacances dans son île natale de La Réunion, s’étonne : «On a toujours parlé de requins à La Réunion. Quand j’étais marmay («enfant», en créole), nos parents nous mettaient déjà en garde».

Mais, relève ce Réunionnais installé dans la région lyonnaise, «depuis quelque temps, on en parle beaucoup en métropole, parce que les attaques se sont multipliées».

Ce n’est donc pas un hasard si sa famille a choisi cette plage de la côte nord-ouest protégée par la barrière corallienne, pour profiter du soleil aoûtien de l’hiver austral. «Au moins, on est sûrs que les requins ne viendront pas dans le lagon», se rassure le vacancier.

Outre de graves difficultés sociales, c’est l’autre crise que subit, depuis plus de deux ans, l’île, département français de l’océan Indien où le requin continue de susciter des débats passionnés.

Le phénomène touche beaucoup de monde: baigneurs du week-end, touristes, sportifs de haut niveau, pêcheurs professionnels, acteurs économiques du tourisme, élus de la côte ouest, services de l’Etat, militants associatifs…

Il voit s’opposer défenseurs des squales et partisans d’une gestion de leur prolifération par des prélèvements réguliers.

Les cinq attaques mortelles de squales qu’a connues La Réunion depuis 2011 (vingt au total depuis 1980) ont alimenté les craintes et une mauvaise réputation à travers le monde.

«Une publicité dont on se serait bien passés», soupire, désabusé, le responsable d’une agence de communication spécialisée dans le tourisme.

D’autant que les deux dernières victimes de mai et juillet 2013, sont deux vacanciers venus de métropole, un surfeur de 36 ans, en voyage de noces, et une jeune baigneuse de 15 ans, happée à 10 m du rivage.

La réserve «garde-manger»

Lorsque le débat s’ouvre sur l’accroissement récent et incontesté de la population des squales aux abords des côtes réunionnaises, les avis s’opposent sur ses causes : les uns pointent du doigt le rejet dans la mer des eaux usées de zones de plus en plus urbanisées. D’autres mettent en cause la «Réserve naturelle marine de La Réunion» créée en 2007, une bande littorale maritime de 40 km de long, dans laquelle la pêche est désormais, soit interdite, soit strictement réglementée. «Cette réserve est devenue le garde-manger des requins», déplore un surfeur. «Ils se sédentarisent là où ils savent pouvoir se nourrir».

Une autre cause fait l’unanimité: l’arrêt de la pêche professionnelle au requin. D’abord en 1999 quand sa commercialisation, dans l’île, a été interdite puisque l’animal était suspecté d’être contaminé par la ciguatoxine, à l’origine de graves intoxications alimentaires. Puis, en 2004, une seconde interdiction de pêche a visé ceux qui faisaient commerce des ailerons des squales.

Flipper le requin

Les solutions envisageables à la «crise requins» donnent, elles aussi, lieu à polémiques.

Le représentant de la Fondation Brigitte Bardot, Didier Derand, conteste en justice les prélèvements décidés par le préfet. «C’est l’ONG Sea Shepherd influente internationalement qui reprend le dossier, parce qu’il faut une sensibilisation mondiale contre le massacre organisé des requins».

Selon Sea Shepherd, pas moins de 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde, notamment par la pratique qui consiste à leur couper les ailerons alors qu’ils sont encore vivant. Pour l’ONG, la pérennité des populations est en danger et cela menace la stabilité des écosystèmes marins.

De son côté, le conseil régional de La Réunion se dit prêt à financer des ballons aériens, équipés de caméras de surveillance et de moyens d’alertes, lorsqu’ils détectent des mouvements dans l’eau. La commune de Saint-Paul opte pour les drumlines, des pièges fixes immergés, équipés d’hameçons.

Un retour dans les assiettes ?

Surfeurs et usagers du body-board refusent d’être sacrifiés sur l’autel de la défense environnementale. «Il faut arrêter avec ce lobbying mondial qui prône la protection du requin», s’insurge Jean-François Nativel, secrétaire général de l’association OPR (Océan Prévention Réunion). «On est dans l’ère de Flipper le requin! Il faut lever les tabous et faire revivre la tradition d’avant les interdictions de pêche. Il faut revenir à la pêche, et remettre le requin dans les assiettes réunionnaises. Le requin doit être considéré comme un poisson».

Actuellement en négociation avec le préfet, sur le montant de l’indemnisation allouée aux pêcheurs agréés pour capturer les 90 spécimens tigres et bouledogues, destinés aux études scientifiques concernant la ciguatera, le président du comité régional des pêches, Jean-René Enilorac est dubitatif. «Même si le risque ciguatera est levé, je ne suis pas sûr que les Réunionnais dégusteront de nouveau du requin. Qui acceptera de manger un poisson, en imaginant qu’il a peut-être dévoré un humain ?»

Afp 29/08/2013